Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, IV.djvu/371

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L’auteur africain ne nous apprend ni ce qu’il était devenu, ni ce qui l’avait occupé pendant le chapitre précédent : apparemment qu’il est permis aux princes du Congo de faire des actions indifférentes, de dire quelquefois des misères et de ressembler aux autres hommes, dont une grande partie de la vie se consume à des riens, ou à des choses qui ne méritent pas d’être sues.



CHAPITRE LI.


vingt-huitième essai de l’anneau.


olympia.


« Madame, réjouissez-vous, dit Mangogul en entrant chez la favorite. Je vous apporte une nouvelle agréable. Les bijoux sont de petits fous qui ne savent ce qu’ils disent. La bague de Cucufa peut les faire parler, mais non leur arracher la vérité.

— Et comment Votre Hautesse les a-t-elle surpris en mensonge ? demanda la favorite.

— Vous l’allez savoir, répondit le sultan. Sélim vous avait promis toutes ses aventures ; et vous ne doutez point qu’il ne vous ait tenu parole. Eh bien ! je viens de consulter un bijou qui l’accuse d’une méchanceté qu’il ne vous a pas confessée, qu’assurément il n’a point eue, et qui même n’est pas de son caractère. Tyranniser une jolie femme, la mettre à contribution sous peine d’exécution militaire, reconnaissez-vous là Sélim ?

— Eh ! pourquoi non, seigneur ? répliqua la favorite. Il n’y a point de malice dont Sélim n’ait été capable ; et s’il a tu l’aventure que vous avez découverte, c’est peut-être qu’il s’est réconcilié avec ce bijou, qu’ils sont bien ensemble, et qu’il a cru pouvoir me dérober une peccadille, sans manquer à sa promesse.

— La fausseté perpétuelle de vos conjectures, lui répondit Mangogul, aurait dû vous guérir de la maladie d’en faire. Ce n’est point du tout ce que vous imaginez ; c’est une extravagance de la première jeunesse de Sélim. Il s’agit d’une de ces femmes dont on tire parti dans la minute, et qu’on ne conserve point.