Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, XIX.djvu/223

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Térence, avec moins d’élégance et plus de verve. C’est le contraire que je voulais dire ; ce sont les terreurs de la tragédie produites avec les moyens de l’opéra-comique. À l’avant-dernière scène, il y a quelques jours qu’une jeune fille s’écria du milieu de l’amphithéâtre : Ah ! il est mort ! Je voudrais bien que cette petite fille-là eût été la mienne. Comme je l’aurais baisée, et devant tout le monde !

Me faire autre ? Oui, en tout, excepté l’amant, auquel je ne veux pas toucher ; il est bien, mais fort bien, qu’en pensez-vous ? Il n’y manque qu’une chose, c’est d’être à côté de celle qu’il aime ; et c’est un défaut dont il est bien pressé de se corriger. Bonjour, bonne amie ; mon respect à maman.


C


Paris, le 30 décembre 1765.


(Le commencement de la lettre manque.)


Elle[1] est logée sur le Palais-Royal, et dans un très-bel appartement. J’ai eu le plus grand plaisir à la revoir, et à la revoir en santé. Nous avons fait déjà une ou deux causeries à perte de vue. La première, ce ne fut que des caresses, de la joie, des questions sans fin sur elle, sur vous, sur madame votre mère. Le retour de don Diego les abrégea. La seconde, nous allions entamer des choses plus intéressantes, lorsque nous fûmes interrompus par Mlle Boileau, qui me cribla de plaisanteries, moitié douces, moitié amères. Mais, Dieu merci, m’en voilà quitte ; à moins qu’avec le temps et les mêmes négligences je ne donne lieu aux mêmes reproches ; ce qui pourrait bien arriver. Je suis incorrigible sur les choses qui ne cadrent point avec mes principes, bons ou mauvais. Je lui ai fait lire votre rêve, à cette petite sœur, et elle trouve que vous rêvez avec plus de sens commun que les autres n’en ont éveillés ; et puis

  1. Mme Le Gendre.