Page:Diderot - Œuvres complètes, éd. Assézat, XIX.djvu/292

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Il faut que ces gens-là aient une grande crainte de ne point passer pour fripons. Avec un peu de sens, ne se cacheraient-ils pas tant qu’ils pourraient ? Ma foi, tout ceci est peut-être une affaire de mœurs générales. Peut-être pensent-ils que, pourvu qu’on sache qu’un homme est riche, on ne s’avise guère de demander comment il l’est devenu ; et peut-être ont-ils raison.

Damilaville a pensé mourir. Nous avons cru que les glandes de l’estomac s’embarrassaient ; heureusement ce n’était pas cela. C’était une fonte de l’humeur qui cherchait à s’échapper par cette voie ; mais cette humeur était si caustique, qu’il se sentait consumé de la soif ; si abondante, que les yeux s’éteignirent, les oreilles tintèrent, l’esprit se perdit, les défaillances se succédèrent, et que nous crûmes qu’il touchait à la fin de sa vie et de ses douleurs.

L’évacuation s’est faite ; toutes les glandes se sont considérablement affaissées, et il est mieux jusqu’à une pareille crise ; car il en faut peut-être une vingtaine pour vider ces énormes poches qui embarrassent son cou et sa poitrine.

On a déjà fait un calembour sur M. Maynon d’Invaux. On a dit : Nous avons un habile contrôleur général, mais non.

Je n’ai point encore vu les demoiselles Artault ; ainsi je ne saurais rien vous en dire.

Cette humeur qui tiraillait les pieds de ma femme s’est mise à voyager ; ce n’est pas sans peine qu’on l’a délogée de la tête, des yeux, de la poitrine où elle s’était arrêtée.

Notre justification va toujours son train.

Il n’y a encore rien de nouveau à vous apprendre sur un certain rendez-vous dont je vous ai parlé.

Mademoiselle, je ne vous aime plus ; vous me négligez.


CXIV


Paris, le 8 octobre 1768.


Ce n’est pas tout ; M. de Laverdy a travaillé dimanche avec le roi ; et il s’en allait, plein de sécurité, à Neuville, sa maison