Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 10.djvu/425

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& l’ame au-dessous : cette derniere se divise en fertels & en massens. A Nuremberg les divisions du feoder sont en hecmers & ensuite en masses ; à Vienne, les hecmers, les achtelins & les seiltins sont les diminutions du feoder : on y mesure aussi à la masse, au sertel ou schreve & au drichink. A Ausbourg, la plus petite mesure est la masse ; au-dessous est le beson, puis le jé ; la plus forte est le feoder. A Heidelberg, l’ame suit le feoder, puis vient la vertelle, & ensuite la masse. Enfin, c’est la même chose à Virtemberg, à la réserve que l’ynne y tient la place que la vertelle occupe à Heidelberg.

En France, les mesures de continence pour les choses seches qu’on nomme communément mesures rondes, sont celles qui servent à mesurer les grains, les graines, les légumes, les fruits secs, la farine, le sel, le charbon, &c. Elles sont de bois, & ce sont le boisseau, le minot & leurs diminutions. De deux minots on compose la mine, de deux mines le setier, & de plusieurs setiers suivant les lieux, le muid ou le tonneau.

A Paris, Abbeville, Calais, Narbonne, Soissons, Toulouse, &c. on compte par setiers, aussi-bien qu’à Revel & en plusieurs endroits d’Allemagne.

A Agen, Clerac, Tonneins, Tournon, Valence, Thiel, Bruxelles, Rotterdam, Anvers & Grenade, c’est par sacs ; & à Amboise, Blois, Tours, la Rochelle, Bordeaux, Avignon, par boisseaux.

Le tonneau est la mesure de Beauvais, Brest, Nantes, Saint-Malo, Copenhague ; les rases celle de Quimpercorentin, de Concarnau & de Pont-l’abbé ; la rasiere celle d’Aire, de Lille, de Dunkerque & d’Ostende ; la charge celle de Marseille, de Toulon, de Candie & de quelques îles de l’Archipel, le muid d’Orléans & de Rouen ; l’ânée de Lyon & de Mâcon : la mine de Dieppe ; l’éminet de Toulon ; l’émine d’Auxonne, de Marseille, &c. aussi-bien que de Barbarie ; la tonne & les perrées de Vannes & d’Avray ; le quartier de Morlaix ; le bichet de Verdun, de Baune, Châlons, Tournus, &c. le quartal de Dauphiné & de Bresse ; le penel ou penaux de Franche-Comté ; & la civadiere de Mesieres.

A Naples, on réduit les mesures des corps secs sur le pié du tomole ou tomolo ; à Seville sur celui de l’anagros ; à Tongres par muddes ; à Anvers par vertels ; à Amsterdam, Konisberg, Dantzik & en Pologne par l’ast ou leth.

Il y a le star ou staro de Venise ; le fanegue de Cadix, de Saint-Sébastien & de Bilbao en Espagne ; le scheppel de Hambourg ; l’alquier de Lisbonne ; les conques de Bayonne & de Saint-Jean-de-Luz ; le gallon, le pech, le comb, le carnok & la quarte de Londres.

A Briare ville de France connue par son canal, on mesure les grains par quartes. Celle de Moscovie se nomme chefford, & tient environ trois boisseaux mesure de Rouen : elle se subdivise en quatre parties, du-moins celle d’Archangel, car elle n’est pas égale pour tout le pays.

La plupart des nations orientales, avec lesquelles nous trafiquons, vendent presque tout au poids, même les liqueurs, & n’ont presque point de mesures de continence fixes. On peut pourtant mettre au nombre de ces dernieres chez les Siamois, pour les liquides, le coco & le canon ; & pour les graines, le sat, le serte & le cohi. Les Maures qui commercent avec nous au bastion de France, se servent des gautres pour mesurer les blés & autres grains que nous tirons d’eux.

Le bâton de jauge & la verge sont aussi des mesures pour estimer la quantité des liqueurs, dans les vaisseaux qui les renferment.

Les mesures pour les bois à brûler, sont la corde ; la membrure, l’anneau & la chaîne.

La mesure pour l’arpentage des eaux & forêts de France, est réglée à raison de douze lignes pour pouce, douze pouces pour pié, vingt-deux piés pour perche, & cent perches pour arpent ; ce qui n’a pourtant lieu que dans le mesurage des bois appartenans au roi : pour les particuliers, on se conforme à l’usage des lieux où les bois sont situés.

Les marchands tant en gros qu’en détail, doivent suivant l’ordonnance de 1673, avoir des mesures étalonnées. Voyez Etalon.

La diversité qui se rencontre en France sur les mesures, a toujours causé & cause encore souvent des contestations entre les marchands & négocians. Dès l’an 1321 Philippe V. eut dessein de les rendre toutes uniformes dans son royaume, aussi-bien que les poids ; ce projet qu’on a souvent repris dans la suite, & nommément sous le ministere de M. Colbert, mais demeuré sans exécution, seroit-il aussi difficile qu’on le pense ? L’utilité que le public en espere, devroit encourager le ministere à établer en ce point une police universelle. Dictionn. de Comm. tom. III. pag. 367. & suiv.

Mesure, (Commerce.) nom général qu’on donne en quelques lieux de France, & particulierement en Franche-Comté, à la mesure de continence pour les grains : ce qui varie pour le poids.

A Besançon, par exemple, la mesure de froment pese trente six livres poids de marc ; celle de méteil, 35 livres ; celle de seigle, 34 ; celle d’avoine, 32 livres.

A Gray, la mesure de froment pese 40 livres, de méteil 39, de seigle 38, & d’avoine 30 livres.

A Dan, la mesure de froment pese 38 livres, de méteil 36, & d’avoine 33. Dictionn. de Commerce, tom. III. pag. 372.

Mesure du quai, (Comm.) on nomme ainsi au Havre-de-Grace une mesure de grains, composée de trois boisseaux. Cette mesure pour le froment pese 151 livres poids de marc ; pour le méteil, 145 livres ; & pour le seigle, 139 livres. Idem, ibid.

Mesure pour les raies, outil de Charron ; c’est un morceau de bois long de deux ou trois piés, qui est fait par en-haut comme une crosse, qui sert aux Charrons pour prendre la mesure des raies qu’ils veulent faire & les mettre à la longueur. Voyez la figure Pl. du Charron.

Mesures, en terme d’Epinglier, c’est la même chose que boite. Voyez Boîte, & la fig. Pl. de l’Epinglier.

Mesure, être en, (Escrime.) c’est être à portée de frapper l’ennemi d’une estocade, & d’en être frappé. On appelle tire-de pié ferme, lorsqu’on détache une botte en mesure, de sorte que tirer en mesure ou tirer de pié ferme est la même chose ; puisque, dans l’un & l’autre cas, c’est allonger une estocade, sans qu’il soit nécessaire de remuer le pié gauche.

Pour connoître si l’on est en mesure, il faut que la pointe de votre épée puisse toucher la garde de celle de l’ennemi, étant en garde de part & d’autre.

Mesure, entrer en, (Escrime.) c’est approcher de l’ennemi par un petit pas en-avant. Il se fait en avançant le pié droit d’environ sa longueur, & en faisant suivre autant le gauche.

Mesure, être hors, (Escrime.) c’est être trop éloigné de l’ennemi pour le frapper, & pour en être frappé. On connoît si l’on est hors de mesure, lorsqu’étant en garde de part & d’autre & sans allonger le bras, la pointe de votre épée ne peut pas toucher la garde de l’épée de l’ennemi.

Mesure, rompre la, (Escrime.) c’est s’éloigner de l’ennemi par un petit pas en-arriere. Il se fait en