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qu’ils honorent comme tel par des dons considérables en or, en argent, & en pierres précieuses ; quoique, dit-il, cet objet de leur culte fût absolument inconnu à leurs peres, savoir, aux premiers confesseurs du christianisme.

Le judicieux dom Calmet semble (tom. XV. comm. in Daniel.) donner, de cet oracle assez obscur par lui-même, une explication heureuse, & propre à lever toutes les difficultés, lorsque l’appliquant à Antiochus Epiphanes, il voudroit traduire ainsi l’hébreu, Dan. xj. v. 37. Il s’élevera au dessus de toutes choses, &c. v. 38. & contre le Dieu Maosim, &c. (le Dieu fort, le Dieu des forteresses, le Dieu des armées) il honorera en sa place un dieu étranger, inconnu à ses peres.

Antiochus Epiphanes s’éleva contre le seigneur le Dieu très-fort, le Dieu d’Israël, & il fit mettre à sa place dans le temple de Jerusalem le faux dieu Jupiter Olympien, inconnu à ses peres, aux anciens rois de Syrie, qui avoient regné sur ce pays avant Alexandre le Grand.

Au reste, ce qui fortifieroit l’interprétation de dom Calmet, c’est que nos auteurs sacrés, & Daniel en particulier, se servent fort souvent du mot hébreu maoz, ou le fort, pour désigner l’être suprême, le Dieu d’Israël, le vrai Dieu : concluons que peut-être le savant Seldenus est celui qui a le mieux rencontré, en décidant qu’on ne sauroit saisir le véritable sens de cet oracle, & qu’il y auroit de la témérité à vouloir l’expliquer.

Sentiment qui d’ailleurs ne déroge point à la foi qu’on doit avoir pour les révélations de Daniel, puisque si cet oracle regarde l’antechrist, l’événement le mettra dans tout son jour, & justifiera pleinement le prophete.

MAPALIA, s. n. pl. (Littér.) ce mot désigne proprement les habitations rustiques des Numides. On voit encore, dit Saluste, que leurs bâtimens, qu’ils nomment mapalia, conservent la figure des carenes des vaisseaux, par leur longueur & leur couverture ceintrée des deux côtés. Ces sortes de bâtimens numides étoient des especes de tentes portatives, couvertes de chaume : c’est ce qui fait dire à Lucain :

Surgere congesto non culta mapalia culmo.

Virgile fait une peinture admirable de la vie de ces Numides :

Omnia secum
Armentarius afer agit, tectumque, laremque,
Armaque, amiclæumque canem, crestamque pharetram.
Non secus ac patriis acer Romanus in armis
Injusto sub fasce viam dum carpit.

Quoique Caton prétende que ces sortes de cabanes étoient rondes, & que saint Jérôme les représente semblables à des fours, l’on peut joindre au témoignage de Saluste, celui de Silius Italicus, liv. II. v. 85. qui leur donne décisivement une figure longue :

Ipsa autem gregibus per longa mapalia lectos
Ante aciem ostentabat equos.

L’espece d’édifice nommé magalia, ne différoit des mapalia, qu’en ce que les magalia étoient stables, & qu’ils ne pouvoient se transporter, comme les mapalia, qu’on peut comparer aux tentes des Tartares vagabonds.

Le mot mapalia ne se trouve pas également dans les historiens, les poëtes & les géographes, pour désigner des maisons champêtres, ainsi que des huttes & des cabanes portatives. Mappilia, avec deux pp, veut dire des ruines, des masures. (D. J.)

MAPPA Circensis, (Littér.) c’étoit chez les

Romains, un rouleau qui servoit de signal pour annoncer le commencement des jeux du cirque. On trouve souvent gravés dans les diptiques, le nom, les qualités du consul, sa figure, son sceptre d’ivoire, des animaux, des gladiateurs, le rouleau mappa circensis, & tout ce qui devoit faire partie des jeux qu’il donnoit au public, en prenant possession du consulat. (D. J.)

MAPPAIRE, (Hist. anc.) nom d’officier chez les anciens Romains ; c’étoit celui qui dans les jeux publics, comme celui du cirque & des gladiateurs, donnoit le signal pour commencer, en jettant une mappe, mappa, qu’il recevoit auparavant de l’empereur, du consul, ou de quelqu’autre magistrat, apparemment le plus distingué qui fût présent, ou de celui qui donnoit les jeux. Voyez Acacia.

MAPPEMONDE, s. f. (Géogr.) est le nom que l’on donne aux cartes qui représentent le globe terrestre en entier. Comme on ne peut représenter sur le papier qu’un seul hémispere à la fois, on représente sur les mappemondes les deux hémispheres de la terre pris séparément. La projection la plus ordinaire dont on se sert pour réprésenter une mappemonde, est une de celles dont il est fait mention dans l’article Carte, & où on suppose l’œil dans le plan de l’équateur. Dans cette projection que l’on peut voir, (fig. 3. Géogr.) le centre de la mappemonde est le même que le centre de la terre, & l’équateur est représenté par une ligne droite. On fait aussi quelquefois des mappemondes d’une autre espece de projection, où l’œil est supposé au pole, & où le pole est le centre de la mappemonde. C’est la premiere des projections dont il est parlé à l’article Carte, & qui est représentée, fig. 2 Géog. Voyez Carte & Projection. Voyez aussi Terraquée.

Les lignes ponctuées que l’on voit dans la fig. 3. servent à donner une idée de la maniere dont les dégrés du méridien se projetteroient sur l’équateur si l’œil étoit en B, & qu’on voulût projetter sur l’équateur, la partie du méridien ABC, & non la partie BDC. De pareilles cartes seroient vues au milieu, & d’une figure fort bizarre ; aussi ne sont-elles point d’usage. (O)

MAQUES, en terme de Vannerie, ce sont deux brins de bois qui s’élevent sur le devant de la hotte, du fond jusqu’au collet, & servent à former les angles du dos de la hotte.

MAQUEDA, (Géogr.) petite ville d’Espagne dans la nouvelle Castille, avec titre de duché, dans un terroir couvert d’oliviers, à trois lieues de Tolede, & à deux d’Escalona. Longit. 14. 17. lat. 39. 50. (D. J.)

MAQUEREAU, Veirat, Verat, Auriol, Horreau, Poisson d’Avril, scomber ou scombrus, (Hist. nat.) poisson de mer sans écailles, & qui croît jusqu’à une coudée. Il a le corps rond, charnu, épais, & terminé en pointe ; la queue est profondement fourchue. Il ressemble au thon pour la bouche, dont l’ouverture est grande ; les machoires sont minces & aiguës à leur extrémité, & se ferment comme une boîte, car la machoire inférieure entre dans la supérieure. Les yeux sont grands, & d’un jaune de couleur d’or. Quand ce poisson est dans l’eau, il a le dos de couleur de soufre, qui devient bleu dès qu’on le tire de l’eau, & après sa mort, ce bleu est interrompu par plusieurs bandes noirâtres. Le ventre & les côtés sont blancs. Le maquereau ressemble au bouiton & au thon par le nombre & la position des nageoires ; il en a une au-dessous de l’anus, & une autre à l’extremité du dos, qui s’étendent toutes les deux jusqu’à la queue, deux aux ouies, deux au ventre, presque sous celles des ouies, & une autre sur le dos, près de la tête.

Les maquereaux sont des poissons de passage ; ils