Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 10.djvu/635

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C’est assez de dire que la momordica d’Amérique porte une fleur blanchâtre, stérile, d’une seule piece, découpée en cinq quartiers égaux. De la base du pédicule commun part une fleur fertile de même structure. L’embryon qui la soutient, n’a presque pas de pédicule. Il devient un fruit long environ de quatre pouces, épais de deux, un peu applati, charnu, le plus souvent bosselé, rayé, pointu par ses deux bouts, un peu recourbé vers son sommet, couvert à sa naissance d’un écorce verd-blanchâtre, qui se change en beau verd vers son extrémité. Ce fruit renferme une substance blanche, spongieuse, d’un goût aigrelet, creusée dans l’intérieur, où l’on voit plusieurs graines attachées à leur placenta blanc. La peau de ces graines est noire dans leur maturité, & chaque graine renferme une amande blanche, du goût des nôtres. Tous les Péruviens chez lequels on trouve cette plante, mangent ce fruit dans leurs soupes ; il est extrémement rafraichissant, & fort utile dans un pays où les chaleurs sont excessives.

On ne cultive en Europe une ou deux especes de momordica, que pour la variété & la singularité de leur fruit ; car ce ne sont des plantes étrangeres ni belles, ni utiles, outre qu’elles demandent une grande place dans les serres, & beaucoup de soins.

Ce sont des plantes annuelles. On seme leurs graines dans des lits de tan préparé ; quand elles ont monté, on les transplante dans d’autres couches chaudes, où on les cultive de même que les concombres & les melons. Alors elles donnent du fruit en Juillet. Leurs graines sont bonnes au mois d’Août ; il faut les recueillir au moment que le fruit s’ouvre, ce qu’il fait par une maniere de ressort, & bientôt après il élance lui-même ses graines de côté & d’autre avec violence. (D. J.)

MOMUS, (Mythol.) ce dieu de la raillerie & des bons mots satyriques, selon les poëtes, étoit fils du Sommeil & de la Nuit. Μῶμος en grec, veut dire reproche, mocquerie. Voyez sur le Momus de la fable, l’Anthologie, & le livre de Lucien du conseil des dieux. (D. J.)

MONA, (Géog. anc.) nom commun à deux îles de la Grande-Bretagne. La premiere es. située entre la Grande-Bretagne & l’Hibernie, selon César, Pline, & Ptolomée ; c’est aujourd’hui l’île de Man. La seconde est sur la côte de la Grande-Bretagne. Tacite, l. XIV. ch. xxx. dit que les chevaux des Romains y passerent à gué, & à la nage. C’est à présent l’île de Mon dans l’ancien breton, & les Anglois la nomment Anglesey. (D. J.)

MONABAMBYLE, s. m. (Hist. anc.) chandelier qu’on portoit devant le patriarche de Constantinople le jour de son élection. Il étoit à un cierge. Celui qu’on portoit devant l’empereur, étoit à deux cierges, & s’appelloit dibambyle.

MONACHELLE, CASTAGNOLLE, CHROMIS, s. m. (Hist. nat. Icthiolog.) poisson de mer auquel on a aussi donné le nom de castagne, parce qu’il est de couleur de chataigne ; il ressemble au nigroil par la forme du corps, par le nombre & la position des nageoires ; mais il en differe en ce qu’il n’a point de taches noires sur la queue, & par les yeux qui sont plus petits. Il a l’ouverture de la bouche & les écailles petites, les côtés du corps sont marqués de lignes droites, qui s’étendent depuis les ouies jusqu’à la queue. Ce poisson a la chair humide, il est petit & très-peu recherché. Rondelet, Hist. des Poissons, premiere partie, liv. V. chap. xxj. Voyez Nigroil, poisson.

MONACHISME, s. m. (Hist. ecclésiast.) nom collectif qui comprend tout l’état des moines, leur établissement, leurs progrès, leur genre de vie, leur


caractere, & leurs mœurs. Voyez Moine, Monastere,

Le monachisme, dit l’auteur de l’esprit des lois, a ce désavantage, qu’il augmente les mauvais effets du climat, c’est-à-dire la paresse naturelle. Il est né dans les pays chauds d’Orient, où l’on est moins porté à l’action qu’à la spéculation. En Asie, le nombre des derviches ou moines semble augmenter avec la chaleur du climat ; les Indes, où elle est excessive, en sont remplies : on trouve en Europe cette même différence. Pour vaincre la paresse du climat, il faudroit que les lois cherchassent à ôter tous les moyens de vivre sans travail : mais dans le midi de l’Europe, elles font tout le contraire ; elles donnent à ceux qui veulent être oisifs des places propres à la vie spéculative, & y attachent des richesses immenses. (D. J.)

MONACO, Monacum, (Géog.) petite, ancienne & forte ville d’Italie, dans la partie occidentale de la mer de Gènes, capitale d’une principauté de même nom, avec un château, une citadelle, & un port.

Elle est située sur un rocher qui s’étend dans la mer, & qui est fortifié par la nature. Sur ce rocher étoit autrefois le temple d’Hercule Monacus, qui donne encore le nom à la ville. Ce lieu étoit connu de Virgile, ainsi qu’il paroît par le vers 831 du liv. VI. de l’éneïde.

Aggeribus socer Alpinis, atque arce Monæci
Descendens.

La ville de Monaco est regardée comme une place importante, parce qu’elle est frontiere de France, à l’entrée de la mer de Provence. Son port, qui est au pié de la ville, a été décrit magnifiquement par Lucain, l. I. v. 405. & suiv.

Quæque sub Hercule sacratus nomine portus !
Urget rupe cavâ Pclagus. Non corus in illum
Jus habet, aut Zephirus ; solus sua littora turbat
Circius, & tutâ prohibet statione Monæci.

Le château est bâti sur un rocher escarpé que battent les flots de la mer. Il n’y a qu’une terrible montagne qui commande la ville, & qui diminue beaucoup de sa force.

La maison de Grimaldi, issue de Grimoald, maire du palais, sous Childebert II. a possédé la principauté de Monaco, depuis l’empire d’Othon I. jusques à la mort du dernier seigneur de cette maison, dont la fille aînée porta cette principauté dans la maison de Matignon, à la charge que le nom & les armes de Monaco se continueroient dans ses descendans.

On sait comment Honoré Grimaldi II. du nom, prince de Monaco, délivra sa ville, en 1641, du joug des Espagnols, qui en étoient les maîtres, & se mit sous la protection de la France. Son exploit a un grand rapport avec ceux de Pélopidas, & de Thrasybule.

Monaco est à 3 lieues S. O. de Vintimiglia, 2 N. E. de Villefranche, 3 N. E. de Nice, 170 S. E. de Paris. Long. 25. 8. lat. selon le P. Laval, 43. 43′. 40″. (D. J.)

MONÆDA, (Géog. anc.) île que Ptolomée, l. II. ch. ij. place sur la côte orientale de l’Hibernie. Elle est appellée Menavia par Bède. On la nomme en anglois Man. (D. J.)

MONAGHAN, (Géog.) ville d’Irlande, capitale du comté de même nom, qui est divisé en cinq baronies, & qui a 34 milles de longueur sur 20 de largeur ; c’est un pays montagneux, & couvert de forêts. La petite ville de Monaghan envoie deux députés au parlement d’Irlande. Elle est à 15 milles S. O. d’Armagh. Long. 10. 36. lat. 54. 12. (D. J.)

MONALUS, (Géog. anc.) riviere de Sicile ; elle