Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 11.djvu/27

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La seconde s’appelle valeriana alpina minor, C. B. P. nardus montana, radice olivari, C. B. P. nardus montana, radice oblongâ, C. B. P. Sa racine tubéreuse, tantôt plus longue, tantôt plus courte, se multiplie chaque année par de nouvelles radicules. Elle a beaucoup de fibres menues à sa partie inférieure ; & vers son collet elle donne naissance à des rejettons qui, dans leur partie inférieure, sont chargés de feuilles opposées, d’un verd foncé & luisant, unies, sans dentelures, & ensuite d’autres feuilles découpées, à-peu-près comme celles de la grande valériane, mais plus petites ; & à mesure que les rejettons grandissent, les feuilles sont plus découpées. Au sommet des tiges, naissent de gros bouquets de fleurs semblables à celles de la petite valériane ; elles sont odorantes, moins cependant que n’est la racine de cette plante. Le nard de montagne a les mêmes vertus que le celtique, peut-être plus foibles.

Nous avons dit que les anciens composoient avec le nard une essence dont l’odeur étoit fort agréable. Les femmes de l’Orient en faisoient un grand usage ; le nard dont j’étois parfumée, dit l’épouse dans le Cantique des Cantiques, répandoit une odeur exquise. La boîte de la Magdeleine, quand elle oignit les piés du Sauveur (Marc, ch. xiv. ℣. 3. Luc, vij. ℣. 37. Jean, xij. ℣. 3.), étoit pleine de nard pistique, c’est-à-dire selon la plûpart des interpretes, de nard qui n’étoit point falsifié, du mot grec πίστις, fides, comme qui diroit du nard fidele, sans mélange, ni tromperie.

Les latins ont dit nardus, f. & nardum, n. Le premier signifie communément la plante, & le second la liqueur, l’essence aromatique. Horace, l. V. ode 13. donne au nard l’épithete d’achæmenio, c’est-à-dire, de Perse, où Achémene avoit régné :

Nunc & achæmenio
Perfundi nardo juvat :

Ne songeons qu’à nous parfumer des essences des Indes. Les Indiens vendoient le nard aux Persans, & ceux-ci aux Syriens chez qui les Romains alloient le chercher. De-là vient que dans un autre endroit Horace l’appelle assyrium. Mais après l’année 727 qu’Auguste conquit l’Egypte, les Romains allerent eux-mêmes aux Indes chercher les aromates & les marchandises du pays, par le moyen de la flotte qui fut établie pour cela dans le golfe arabique. (D. J.)

Nard-sauvage, (Botan.) asarum, nardus rustica. Voyez Cabaret, (Botan.)

NARDO, (Géog.) en latin Neritum ; ville du royaume de Naples, dans la terre d’Otrante, dans une plaine, à 4 milles de la côte du golfe de Tarente, à 9 au N. de Gallipoli, & à 15 S. O. de Leccé, avec titre de duché & un évêché suffragant de Brindes. Elle fut presqu’entierement détruite par un tremblement de terre en 1743. Long. 35. 44. lat. 40. 18.

NAREA ou ENAREA, ou ENARIA, (Géog.) car M. Ludolf préfere ces deux derniers noms ; c’est un des royaumes d’Afrique dans l’Abyssinie, entre le huitieme & le neuvieme degrés de latitude septentrionale.

NARÉGAM, (Botan. exot.) espece de limonier nain qui croît à Céylan & au Malabar ; il a toûjours des fleurs & du fruit.

NARENTA, (Géog.) ville de Dalmatie, dans l’Herzegovine, avec un évêché suffragant de Raguse. Elle est sur le golfe de même nom à 20 lieues N. E. de Raguse, 21 S. E. de Spalatro.

Cette ville fut anciennement nommée Naro & Narona. Son territoire consiste en une vallée d’environ 30 milles de longueur, que le fleuve Narenta inonde & fertilise dans certains mois de l’année. Du tems de Ciceron, Narenta étoit une forteresse de


conséquence, comme on le voit dans la lettre où Vatinius lui mande la peine qu’il avoit eu à emporter cette place. Elle fut une des villes où les Romains envoyerent des colonies après la conquête du royaume de l’Illyrie. Dans la suite, elle eut des souverains indépendans des rois des deux Dalmaties. L’Evangile n’y fut reçu que dans le onzieme siecle. Elle dépend aujourd’hui des Turcs. Long. 36. 4. lat. 43. 35. (D. J.)

Narenta, (Géog.) fleuve de Dalmatie qui se nommoit autrefois Naro ou Naron. Il baigne la ville de Narenta, & se décharge dans le golfe de ce nom par diverses embouchures.

Narenta, (Géog.) golfe de la mer de Dalmatie ; il est entre les côtes de l’Herzegovine au nord, celles de Raguse à l’orient, celles de Sabioncelo au midi, & l’île de Liesina à l’occident.

NAREW, (Géog.) riviere de Pologne, qui prend sa source dans le duché de Lithuanie, traverse les palatinats de Poldaquie & de Mazovie, & va se jetter dans le Bourg, au-dessus de Sérolzeck.

NARIME ou NARYM, (Géog.) pays de la Tartarie en Sibérie, au nord du fleuve Kéta, & au midi de la contrée d’Ostiaki. On n’y connoît qu’une seule ville ou bourgade de même nom, située sur le bord oriental de l’Oby. Ce pays n’est qu’un triste désert.

NARINARI, (Ichthyolog.) nom bresilien d’un poisson de l’espece de l’aigle marine, & qui est appellé par les Hollandois pülstert.

C’est un poisson plat dont le corps est presque triangulaire, élargi sur les côtés. Sa tête est très grosse, & creusée d’une raie dans le milieu ; son museau est arrondi dans les coins ; ce poisson n’a point de dents, mais un os dans la partie inférieure de la gueule, lequel est long de quatre pouces & large d’un pouce & demi : la partie supérieure du museau est revêtue d’un os semblable ; & c’est entre ces deux os qu’il écrase & brise sa proie. L’os de la mâchoire inférieure est composé de dix sept petites pieces dures, fermes, & jointes ensemble par des cartilages. L’os supérieur est aussi composé de quatorze pieces semblablement liées par des cartilages. Le corps du narinari est ordinairement d’un à deux piés de long, & sa queue de quatre piés. Sa chair est délicieuse ; les os de sa gueule & ceux des poissons de son espece, sont les fossiles que les Naturalistes appellent siliquastra. (D. J.)

NARINES INTERNES, (Anatom.) On sait que ce sont deux grandes cavités égales dans lesquelles le nez est partagé par le moyen d’une cloison ; elles s’ouvrent en bas pour donner passage à l’air qui y entre dans l’inspiration, se porte aux poumons, & en sort dans l’expiration. Aprés que ces cavités se sont élargies en montant, elles vont chacune au-dessus du palais, vers la partie postérieure & intérieure de la bouche, où elles se terminent en une ouverture qui fait que la boisson sort quelquefois par les narines, & que le tabac, pris par le nez, tombe dans la bouche.

Il faut remarquer que les narines internes comprennent tout l’espace qui est entre les narines externes & les arrieres-narines, immédiatement au dessous de la voûte du palais, d’où les cavités s’étendent en-haut jusqu’à la lame cribleuse de l’os ethmoïde, où elles communiquent en-devant avec les sinus frontaux, & en-arriere avec les sinus sphénoïdaux. Latéralement, ces cavités sont terminées par les conques, entre lesquelles elles communiquent avec les sinus maxillaires.

Toutes ces choses doivent être observées pour pouvoir comprendre un fait fort singulier, rapporté dans les Mémoires de l’académie des Sciences, année 1722 ; il s’agit d’un tour que faisoit un homme à la