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c’est-à-dire, telles que tout l’effort de l’une soit soutenu & contrebalancé par l’autre.

Pour cet effet, on voit d’abord qu’il faut que le toît soit brisé, ou en mansarde. Deux chevrons du même demi-toît, l’un supérieur, l’autre inférieur, qu’on suppose égaux, s’appuieront l’un contre l’autre à l’endroit où le toît est brisé, & on fera la panne qu’on appelle alors panne de brisis. Le chevron supérieur s’appuie par son extrémité supérieure contre un chevron de l’autre demi-toît ; & l’inférieur s’appuie par son extrémité inférieure contre la sabliere. Dans cet état, les deux chevrons s’arcboutent l’un contre l’autre, & il s’agit de les mettre en équilibre.

L’effort vertical du chevron supérieur pour tomber, étant soutenu par le chevron de l’autre côté qui en a un pareil, il ne lui reste que l’effort horisontal, par lequel il tend à faire tourner le chevron inférieur sur son point d’appui de la sabliere, & par conséquent à la renverser de dedans en-dehors ; cet effort est horisontal, & comme il agit sur ce point fixe de la sabliere, il agit d’autant plus puissamment qu’il en est à une plus grande distance ; ce qui se détermine par le lieu où est le centre de gravité du chevron à l’égard de ce point fixe. C’est-là un bras de levier par lequel il faut multiplier l’effort pour avoir l’énergie du chevron supérieur : d’un autre côté, l’inférieur résiste par sa pesanteur à l’effort du supérieur, il a aussi son bras de levier par rapport au même point fixe ; car son centre de gravité, où réside toute sa force pour résister, lui donne aussi une distance à l’égard de ce point, & par conséquent une énergie de même nature que l’autre ; après cela, ce n’est plus l’affaire que de l’algèbre & du calcul, de trouver les expressions des efforts & de leurs bras de leviers, & de prendre les deux énergies pour égales, puisqu’elles doivent l’être dans le cas de l’équilibre cherché. Hist. de l’acad. des Scienc. année 1731. (D. J.)

Panne de brisis, (Charp.) est celle qui soutient le pié des chevrons à l’endroit où le comble est brisé, & qui reçoit les chevrons du brisis, comme dans les combles en mansarde ou combles brisés. Voyez nos Pl. de Charpente.

Pannes, (Charp.) sont des pieces de bois qui portent par les bouts sur les Arbalêtriers, & qui y sont soutenues, pour les empêcher de glisser, par le tasseau & la chantignolle. On les fait porter l’une sur l’autre en les coupant en délardement à demi-bois, pour qu’elles ne fassent qu’une même grosseur. Voyez nos Pl. de Charpente.

Panne, Aîle, Bras, termes de pêche, usités dans le ressort de l’amirauté de Marennes. Ce sont les côtés des pêcheries tendues, flottées, ou montées sur piquets.

Panne, mettre en panne, (Marine.) c’est virer le vaisseau vent devant, & mettre le vent sur toutes les voiles, ou sur une partie, afin de ne pas tenir ni prendre le vent, ce qui se fait quand on veut retarder le cours du vaisseau pour attendre quelque chose, ou laisser passer les vaisseaux qui doivent aller devant ; mais cela ne se fait que de beau tems. Nous mîmes nos voiles d’avant en panne, & notre grand hunier à porter, pour laisser les vaisseaux qui avoient ordre de chasser l’avant.

Etre en panne, c’est ne pas tenir ni prendre le vent.

Etre mis sur panne. Mettre un vaisseau en panne, c’est faire pencher un vaisseau en mettant le vent sur ses voiles sans qu’il fasse de chemin, & cela se fait afin d’étancher une voie d’eau qui se trouve de l’autre bord du vaisseau, du côté que le vent vient.

Panne, (Manufact.) étoffe de soie veloutée qui tient le milieu entre le velours & la pluche, ayant le poil plus long que celui-là, & moins long que celui-ci. Il se fabrique à-peu-près de même que le ve-


lours, & son poil provient d’une partie de la chaîne coupée sur la regle de cuivre. La chaîne & la trame sont de laine, & le poil est de soie.

Panne, terme d’ouvrier, se dit chez les artisans qui se servent du marteau, de la partie de la masse qui est opposée à la tête, & qui va en diminuant.

Panne, terme de Serrurier & de Taillandier, & autres ouvriers en fer, commandement du maître forgeron. C’est comme s’il disoit : frappez de la panne, ce qui arrive lorsqu’il faut alonger ou élargir le fer.

PANNEAU, s. m. (Archict.) c’est l’une des faces d’une pierre taillée. On appelle panneau de douelle, un panneau qui fait en-dedans ou en-dehors la curvité d’un voussoir ; panneau de tête, celui qui est au-devant ; & panneau de lit, celui qui est caché dans les joints. On appelle encore panneau ou moule, un morceau de fer-blanc ou de carton, levé ou coupé sur l’épure pour tracer une pierre.

Panneau de fer, morceau d’ornement de fer forgé ou fondu, & renfermé dans un chassis, pour une rampe, un balcon, une porte, &c. Il se fait aussi de ces panneaux par simples compartimens.

Panneau de glace. C’est dans un placard un compartiment de miroirs pour réfléchir la lumiere & les objets, & pour faire paroître un appartement plus long.

Panneau de maçonnerie ; c’est, entre les pieces d’un pan de bois ou d’une cloison, la maçonnerie enduite d’après les poteaux. C’est aussi dans les ravalemens des murs de maçonnerie, toute table qui est entre des naissances, platebandes & cadres.

Panneau de menuiserie ou de remplage ; c’est une table d’ais minces, collés ensemble, dont plusieurs remplissent le bâti d’un lambris ou d’une porte d’assemblage de menuiserie. On appelle panneau recouvert, le panneau qui excede le bâti, & qui est ordinairement moulé d’un quart de rond, comme on en voit à quelques portes cocheres.

On nomme encore panneaux du bois de chêne fendu & débité en planches de différentes grandeurs, de 6 à 8 lignes d’épaisseur, dont on fait les moindres panneaux de menuiserie.

Panneau de sculpture ; c’est un morceau d’ornement taillé en bas-relief, où sont quelquefois représentés des attributs ou des trophées, pour enrichir les lambris & placards de menuiserie. On fait de ces panneaux à jour pour les clôtures de chœur, dossiers d’œuvre d’église, &c. & pour servir de jalousies à des tribunes.

Panneau de vitre ; c’est un compartiment de pieces de verre, dont les plus ordinaires sont quarrées, & les autres sont en tranchoirs ou octogones, en tringlettes, chaînons, &c. On fait aussi des compartimens de pieces de verre distingués par des platebandes de verre blanc. Voyez les principes d’architecture &c. par M. Felibien, liv. I. ch. xxj.

Panneau d’ornemens ; espece de tableau de grotesques, de fleurs, de fruits, &c. peint ordinairement à fond d’or, pour enrichir un lambris, un plafond, &c. Daviler. (D. J.)

Panneau flexible, (Architect.) c’est celui qui est fait sur du carton, du fer-blanc, ou avec une lame de plomb, pour pouvoir être plié & appliqué sur une surface concave ou convexe, cylindrique ou conique.

Panneau, terme de Bourrelier ; piece de cuir qui embrasse le dos du cheval ou de la bête de somme, où il y a un lit de paille ou de bourre, & sur quoi sont posés les fûts du bât. (D. J.)

Panneau, (Chapelier.) c’est une espece de chevalet qui soutient une des extrémités de la corde de l’arçon des chapeliers, & sur lequel pose la chanterelle qui sert à la bander, & à lui donner pour ainsi dire le ton qui fait connoître qu’elle est assez tendue pour