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faire voguer l’étoffe. Diction. de commerce.

Panneau, terme de chasse ; c’est un filet qui, lorsqu’il est tendu, paroît comme un pan de muraille, & dont on se sert pour prendre des lapins, des lievres, des chats, des blaireaux, des renards. On fait des panneaux simples, des doubles & des contremaillés. (D. J.)

Panneaux, en terme de Friseur d’étoffes, sont des roues de champ qui ne different du rouet du manege, que parce qu’ils sont placés verticalement. La machine à friser a deux de ces panneaux qui donnent le mouvement aux deux petites lanternes des fers à friser. L’un est à gauche hors le chassis, & à droite dans ce chassis près des traverses ; & tous deux sont montés sur l’arbre de couche. Voyez FE, fig. 3. & 4 de la machine à friser, Pl. de la Draperie.

Panneaux, (Marine.) c’est l’assemblage des planches qui servent de trapes ou mantelets qui ferment les écoutilles d’un vaisseau. Les panneaux communs s’appellent panneaux à vassoles.

Panneaux à boîte ; ce sont des panneaux qui s’emboîtent avec une bordure qu’on met au-tour de ces sortes d’écoutilles, au-lieu que les panneaux à vassoles tombent dans les feuillures des vassoles. Voyez Ecoutilles.

Le grand panneau, c’est la trape ou mantelet qui ferme la plus grande écoutille, laquelle est toujours en avant du grand mât.

Panneau, terme de Sellier ; ce sont deux coussinets pleins de bourre ou de crin qu’on met sous la selle pour empêcher qu’elle ne blesse le cheval. (D. J.)

Panneau, terme de Vitrier ; c’est un assemblage de plusieurs morceaux de verre taillés de diverses figures, & attachés les uns aux autres par des plombs à rainures tirés dans le tire-plomb. Les vitrages des églises sont composés de divers panneaux.

PANNELLES, s. f. (Blason.) feuilles de peupliers peintes sur l’écu.

PANNER, v. act. en terme d’ouvrier en fer ; se dit de l’action de creuser une piece à coup de marteau, dont la panne laisse la forme sur la piece.

PANNETON, s. m. terme de Serrurerie ; c’est la partie de la clé où sont les dents. Il se dit aussi dans le blason de la même chose.

Il y a des pannetons fendus en roue, en S & en pleine croix ; des pannetons fendus à fond de cuve, avec pleine croix & bâton-rompu.

Il y a le panneton de l’espagnolette. C’est une partie saillante sur le corps de l’espagnolette, qui entre dans l’agrafe posée sur le guichet droit des croisées lorsqu’on ferme. Il sert aussi à fermer le guichet gauche, parce qu’en tournant le poignet de l’espagnolette pour la fermer, il va poser sur ce guichet.

PANNICULE CHARNU, (Anatom.) quatrieme tégument admis dans l’homme par les anciens anatomistes. Outre la cuticule, la peau & la membrane adipeuse, les anciens comptoient encore le pannicule charnu, & la membrane commune des muscles.

On trouve bien le pannicule charnu dans les quadrupedes, mais non pas dans les hommes, dont les muscles cutanés sont en fort petit nombre, & pour la plûpart d’une fort petite étendue, excepté celui que M. Winslou appelle muscle cutané en particulier ; mais ce muscle même ne sauroit être vraissemblablement regardé comme un tégument commun.

Il n’y a point de membrane commune des muscles qui couvre le corps comme un tégument, attendu que ce ne sont que des expansions particulieres des membranes de quelque muscle, ou des expansions aponévrotiques procédant d’autres muscles.

Les alongemens de la lame de la membrane adi-


peuse ou cellulaire, peuvent aussi avoir donné occasion à cette méprise, sur-tout dans les endroits où cette membrane est étroitement unie à la membrane propre des muscles. (D. J.)

PANNOMIE, (Droit ecclésiastiq.) c’est ainsi que s’appelle un recueil des lois ecclésiastiques, dressé par Yves de Chartres, vers l’an 1100. Ce nom est composé de παν, qui signifie tout, & de νομος, qui veut dire loi ; comme qui diroit collection de toutes les lois ecclésiastiques. (D. J.)

PANNON, s. m. (Art milit.) étendard à longue queue, qui appartenoit autrefois à un simple gentilhomme. C’est proprement un guidon à placer sur une tente. La banniere étoit quarrée, & quand on faisoit quelqu’un banneret, on coupoit la queue de son pannon, d’où est venu l’ancien proverbe, faire de pannons banniere, pour s’élever d’une dignité à une dignité supérieure. Il y a encore à Lyon des capitaines de quartier, qu’on appelle pannons, & leurs compagnies pannonages. Ce mot vient de pannus, drap.

Pannon généalogique, (Blason.) écu chargé des diverses alliances des maisons dont un noble est descendu. Il sert à faire ses preuves. Il comprend les armes du pere & de la mere, de l’ayeul & de l’ayeule, du bisayeul & de la bisayeule. Il est composé de huit, de seize, de trente-deux quartiers, sur lesquels on dresse l’arbre généalogique.

PANNONIE, (Géog. anc.) Pannonia, ancienne contrée de l’Europe, & qui a toujours été regardée comme une de ses principales parties. Pline liv. III. ch. xxv. dit qu’elle avoit le Danube au nord, & la Dalmatie au midi ; il faut ajoûter qu’elle avoit la haute Moësie à l’orient, & le Norique au couchant. Les Pannoniens habitoient sur le bord du Danube.

Philippe roi de Macédoine, fit de ce pays une de ses premieres conquêtes ; mais les Pannoniens s’étant révoltés, Alexandre le grand les assujettit de nouveau avec l’Illyrie & l’Esclavonie. Les Gaulois conduits par Brennus & Belgius, conquirent depuis la Pannonie sur Ptolomée, surnommé le foudroyant ; mais Jules César enleva une partie de la Pannonie aux Gaulois ; & les Alpes pannoniques par lesquelles il s’en ouvrit le chemin, furent appellées Julies, de son nom. Auguste & Tibere acheverent de soumettre le reste du pays. Les Pannoniens depuis ce tems-là demeurerent tributaires des Romains, jusqu’à la décadence de l’empire, qu’ils furent assujettis par les Goths, & ensuite par les Huns, peuples de la Scythie asiatique, qui ayant passé dans la Sarmatie européenne, ravagerent la plus grande partie de l’Europe sous Valentinien. Quelques auteurs prétendent que ce fut de ces Huns, que la Pannonie reçut le nom de Hongrie, lorsqu’ils s’y furent retirés, après la défaite de leur roi Attila, dans la plaine de Châlons-sur-Marne.

On compte quatre empereurs venus de la Pannonie ; savoir, M. Aurelius Probus, Cn. Messius Decius, surnommé Trajan, Flave Jovien, & Flave Valentinien, fils d’un Gratien, qui vendoit des cordes à Gibale.

La Pannonie fut d’abord divisée par les Romains en haute & basse Pannonie. Ptolomée vous indiquera les bornes & les villes de chacune de ces provinces ; c’est assez pour moi d’ajouter ici, que dans la suite des tems, la haute-Pannonie fut appellée premiere consulaire, & la basse fut nommée seconde consulaire. (D. J.)

PANNUS, terme de Chirurgie ; maladie de l’œil, qui consiste en la formation d’une membrane contre nature, qui s’étend sur la partie antérieure de l’œil, & qui quelquefois couvre la cornée transparente. Voyez Onglet.

La pannus est une espece d’ongle entrelacé de