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que le Pantagia ne soit la riviere, qui a son embouchure à la gauche du cap de S. Croce, & que les habitans du pays appellent Porcari. La preuve s’en trouve dans ce passage de Virgile.

. . . . . . . . Vivo præter vehor ostia Saxo
Pantagiæ.

En effet, les deux côtés du Porcari sont hérissés de rochers d’environ vingt coudées de hauteur ; la mer remonte dans cette embouchure jusqu’à mille pas, & forme un port propre pour les petits bâtimens.

La qualité que Claudien donne à ce fleuve, qu’il appelle Saxa rotantem, convient aussi au Porcari ; car quoique son cours soit très-petit, cependant lorsqu’en hiver il se trouve grossi par les pluies & par les torrens, qui tombent des colines voisines, il court avec une telle rapidité, qu’il entraîne avec lui une grande quantité de pierres. (D. J.)

PANTALERIE, (Géog. mod.) autrement dite, Pentelleria ou Pantalaria ; petite île de la mer d’Afrique, située entre la Sicile & la côte du royaume de Tunis ; c’est l’ancienne Cossura dont nous avons quelques médailles, & que les Arabes du voisinage appellent encore Kosra. Cette île qui est d’environ sept lieues de tour, passa de la domination des Carthaginois sous celle des Romains : elle porte des fruits, du vin & du coton, mais elle tire son blé de la Sicile. Long. 30. 5. lat. 36. 50.

PANTALOON ou PANTALON, s. m. est le nom d’un ancien habillement dont nos ancêtres se servoient fréquemment, & qui consistoit en des culottes & des bas tous d’une piece. Ce nom vient des Vénitiens, qui introduisirent les premiers cet habit & qui furent appellés pantaloni de S. Pantaleon, qui fut autrefois leur patron.

Pantalon sur le théâtre est un bouffon ou personnage masqué qui forme des danses grotesques, & qui fait des gestes violents & des postures extravagantes ; ce mot s’emploie aussi pour désigner l’habillement que portent ordinairement ces bouffons, qui est taillé sur la forme de leur corps précisément, & qui est tout d’une piece de la tête aux piés.

C’est pour cela qu’on appelle pantalons de Venise, ceux qui pour leur commodité portent un habit de cette sorte par-dessous d’autres habillemens. Delà on fait pantalonnade, qui se dit ou d’une danse burlesque ou d’un geste ridicule du corps.

Pantalon, terme de Papeterie ; c’est une des moyennes sortes de papier qui se fabrique du côté d’Angoulême. Il est marqué pour l’ordinaire aux armes d’Amsterdam, parce qu’il est presque tout destiné pour être vendu à des marchands hollandois. Voyez Papier.

PANTANUS LACUS, (Géog. anc.) lac d’Italie, dans la Pouille daunienne, dont parle Pline, liv. III. ch. xj. & qu’on croit être présentement Lago di Lesina.

PANTARBE, s. f. (Hist. nat.) pierre fabuleuse à qui quelques auteurs ont attribué la propriété d’attirer l’or, de la même maniere que l’aiman attire le fer. Ce qui lui a aussi fait donner le nom de magnes aureus. Pline parle d’une pierre nommée amphitane, à qui il attribue la même vertu : l’une & l’autre est entierement inconnue des modernes.

PANTE, s. f. (Commerce.) c’est ainsi qu’on appelle une espece de chapelet composé de plusieurs de ces petites coquilles blanches qu’on nomme porcelaine, qui servent de monnoie dans plusieurs endroits de l’Asie, de l’Afrique, & de l’Amérique.

Pante, ou Pente, terme de Tapissier, c’est un morceau d’étoffe qui entoure le lit, & qui a ordinairement de la frange. Il y a trois pantes dans chaque lit : le mot de pante se dit aussi en parlant de dais ; mais dans chaque dais il y a quatre pantes ; car la pante du dais


est un morceau d’étoffe qui environne le dais. On dit en parlant des pantes de lit & de dais, la pante de dehors, la pante de dedans, la pante de longueur, la pante de largeur. (D. J.)

Pantes, (Brasserie.) ce sont des toiles de crin qu’on attache autour des costieres de la touraille, & qui en recouvrent l’aire.

PANTENNE, (Marine.) voile en pantenne. Voyez Voile.

PANTER, v. act. en terme de Cardier, c’est l’action d’arrêter les feuillets dans le panteur, en les accrochant aux pointes dont il est garni par distance dans toute sa longueur. Voyez Panteur.

PANTEUR, s. m. en terme de Cardier ; c’est une espece de métier à-peu-près quarré, dont les deux maîtres brins sont garnis de distance en distance de petits crochets sans pointes, auxquels on arrête les peaux qu’on a percées pour cet effet avec le poinçon. Voyez Poinçon. Ces maîtres brins sont traversés à chaque bout d’un ais de bois qui les approche ou les écarte tant qu’on veut ; ce qui bande plus ou moins la peau. Cet instrument contient le feuillet intérieurement, & on ne l’en ôte point que pour poser la carde sur son bois. Voyez les Planches.

PANTHÉES, s. m. pl. (Antiq. & Médailles.) en latin signa panthea : on appelloit ainsi des têtes ou des statues ornées de symboles de plusieurs divinités réunies ensemble. Les statues de Junon avoient souvent rapport à plusieurs déesses : elles tenoient quelque chose de celle de Pallas, de Vénus, de Diane, de Nemesis, des Parques, &c.

On voit dans les anciens monumens une Fortune aîlée, qui tient de la main droite le timon, & de la gauche la corne d’abondance ; tandis que le bas finit en tête de bélier ; l’ornement de sa tête est une fleur de lotus, qui s’éleve entre des rayons, marque d’Iris & d’Osiris. Elle a sur l’épaule la trousse de Diane, sur la poitrine l’égide de Minerve, sur la corne d’abondance le coq symbole de Mercure, & sur la tête de bélier, un corbeau symbole d’Apollon. On trouve beaucoup d’autres figures panthées parmi les antiques.

Ces dieux étoient peut-être aussi représentés ensemble, pour servir à la dévotion des particuliers qui vouloient honorer plusieurs dieux à-la-fois. Peut-être y a-t-il quelques autres raisons inconnues de ce culte, selon la signification du mot panthée, de παν, tout, & θεὸς, dieu. Ces figures devroient en effet représenter les symboles de tous les dieux ; mais on n’en connoît point qui les réunissent tous.

Les médailles nous offrent aussi des panthées, ou des têtes ornées des symboles de plusieurs déités. Telle est celle qui se trouve sur la médaille d’Antonin Pie, & de la jeune Faustine, qui est tout ensemble Sérapis par le boisseau qu’elle porte : le soleil par la couleur des rayons : Jupiter Hammon par les deux cornes de bélier : Pluton par la grosse barbe : Neptune par le trident : Esculape par le serpent entortillé autour du manche.

M. Baudelot dans sa dissertation sur les dieux Lares, croit que les panthées doivent leur origine à la superstition de ceux, qui ayant pris pour protecteurs de leurs maisons plusieurs dieux, les réunissoient tous dans une même statue, qu’ils ornoient des différens symboles de chacune de ces déïtés. Il en a fait graver plusieurs pour servir d’exemple & de preuve. Voyez aussi sur les figures qu’on appelle panthées, la dissertation de l’abbé Nicaise, de nummo pantheo Hadriani Augusti, Lugd. 1694. in-4°. (D. J.)

PANTHEIUM, (Géog. anc.) lieu de l’Attique, à 60 stades d’ilissus ; c’est ici que croissoit l’olivier nommé callistéphane, & dont on se servoit pour couronner les vainqueurs des jeux olympiques.

PANTHÉON, s. m. (Antiq. rom.) ce mot veut