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lune. C’est un météore ou phénomene sous la forme d’un anneau lumineux, dans lequel on apperçoit quelquefois une image apparente de lune, & quelquefois deux. Voyez Météore.

Ce mot vient du grec παρὰ, proche, & σελήνη, lune.

Pline fait mention de trois lunes qu’on avoit apperçues l’an 632 de la fondation de Rome. Eutrope & Cuspinien nous apprennent que l’on avoit aussi vu trois lunes à Rimini, l’an 234 avant Jesus-Christ. Depuis ce tems on en a vu plusieurs autres, dont Gorcius fait mention dans son traité des Parthélies. M. Cassini parle d’un paraselene qu’il a observé en France en 1693. Ce paraselene n’avoit point de cercles.

Les paraselenes se forment de la même maniere que les parhélies ou faux-soleils. Voyez Parhélie. (O)

PARASEMUM, s. m. (Antiq. greq.) παρασήμον ; c’étoit chez les Grecs & les Romains une figure peinte ou sculptée à la proue des vaisseaux, pour les distinguer les uns des autres. Cette peinture ou sculpture représentoit ordinairement quelque animal, comme un cheval, un lion, un taureau, ou quelqu’autre chose inanimée, comme une montagne, un arbre, une fleur.

PARASIA, (Géog. anc.) contrée de l’Asie. Polybe, l. V. c. lxiv. la place au voisinage de la Perside & de la Médie ; & Strabon dit que les Parasii ou Paraasii étoient des peuples de Médie, qui habiterent pendant quelque-tems avec les Anariaci. (D. J.)

PARASINANCHE, s. f. en Médecine, c’est une espece d’angine ou d’esquinancie, dans laquelle les muscles extérieurs du gosier sont enflammés. Voyez Angine. Ce mot vient de παρα, συν, ἀγκειν, suffoquer.

PARASINUM, (Géog. anc.) ville de la Chersonnese taurique. Pline, l. II. c. xcvj. dit qu’on trouvoit dans cette ville une terre vantée pour guérir toutes sortes de blessures.

PARASITE, s. m. (Gramm.) nous donnons ce nom à ceux qui s’insinuent dans les bonnes maisons pour y trouver une table bien servie.

Parasite, (Antiq. grec. & rom.) ce nom est odieux depuis long-tems ; mais il étoit autrefois très honorable : il a eu le même sort que celui de sophiste, & le mauvais usage que l’on en a fait les a également décrédités. Ceux que les Athéniens appelloient παράσιτος, les Romains les nommoient epulones, par rapport à leurs fonctions qui étoient égales.

Le sentiment intérieur que tous les hommes ont eu d’une divinité à laquelle ils étoient redevables des productions de la terre, introduisit l’offrande des premiers fruits que l’on recueilloit pour marquer leur reconnoissance ; pour recevoir ces offrandes dans les temples, il fallut préposer des personnes qui auroient soin de les conserver, de les distribuer au peuple, & de s’en servir pour les festins consacrés à certaines divinités.

Les Grecs nommoient ces prémices ἱερὸς σῖτος, une sainte pâture, parce qu’elles consistoient principalement en blé & en orge ; & celui qui étoit préposé à le recevoir, fut appellé παράσιτος, parasite, de παρὰ, au-tour, & de σῖτος, blé, celui qui a soin du blé, le ministre préposé à recueillir celui qu’on destinoit au culte sacré : ces parasites étoient honorés, & avoient part aux viandes des sacrifices.

Athénée, l. VI. & après lui Samuel Petit, in leges atticas, ont remarqué que presque tous les dieux avoient leurs parasites, lesquels faisoient aussi certains sacrifices avec les femmes qui n’avoient eu qu’un mari. Enfin le lieu où l’on enfermoit les grains offerts aux dieux, étoit appellé παρασίτιοι.

Les Romains suivirent l’usage des Grecs de recueillir les premiers fruits, & de les porter dans les


temples, pour être employés, comme ils l’étoient à Athenes, aux festins des dieux & à la subsistance du peuple. La loi 18. du titre de annuis legatis, nous en fournit un exemple. Un testateur prescrit que celui qui seroit son héritier donnât, après son décès, au prêtre, ou gardien du temple, & libertis, une certaine quantité de grains de ceux qui seroient dans ses greniers. M. Petit prétend qu’il faut entendre le mot libertis, des parasites, parce que dans le tems auquel vivoit ce jurisconsulte, les parasites des temples étoient déja méprisés.

On ne donnoit cet emploi qu’aux affranchis, ou à ceux qui étoient descendus d’un esclave affranchi ; mais il est difficile de découvrir quand & comment ces parasites, dont les fonctions entroient dans le culte du paganisme, commencerent à dégénerer & à tomber dans le décri où ils ont été depuis.

Quoi qu’il en soit, ils s’avilirent en se ménageant l’entrée des grandes maisons par des basses flatteries. Alors on nomma parasites les flatteurs & les complaisans, qui pour se procurer une subsistance agréable, y sacrifioient sans honte la délicatesse & la probité. Les Romains, en les recevant à leurs tables, usoient du droit de les ridiculiser, de les bafouer, & même de les battre. Aussi Gnathon faisant allusion au traitement ignominieux dont on les accabloit, dit dans l’Eunuque de Terence : ego infelix, neque ridiculas iste, neque plagas pati possum. (D. J.)

Parasites, ou Plantes parasites, en Botanique, ce sont des especes de plantes nuisibles qui croissent sur les arbres, ainsi appellées parce qu’elles vivent & se nourrissent aux dépens des autres. Voyez Plantes.

Telles sont les mousses qu’on croyoit anciennement n’être rien autre chose que l’effet de la décomposition du tissu de l’écorce ou une espece de rouille ou de petits filamens sortant de l’écorce. Mais il résulte de plusieurs observations des modernes, que les mousses sont des plantes réelles dont la graine est extrèmement menue, & enfermée dans de très-petites enveloppes, qui se crevant d’elles-mêmes, la graine est emportée au gré du vent, & retenue dans les inégalités des écorces des arbres, où elle prend racine & se nourrit à leurs dépens. Voyez Mousse.

M. Vaillant compte au moins 137 especes de ces mousses, toutes dans le voisinage de Paris, qui, avec les lichens & le guy, composent la famille des plantes parasites. Voyez Guy, &c.

Les plus pernicieux de ces parasites pour les arbres qui les portent, sont les lichens, qui paroissent sur l’écorce des arbres en forme de croûte mêlée de jaune & de blanc sale. Voyez Maladie des plantes.

M. de Ressons nous a donné un remede pour ces maladies dans les mémoires françois de l’académie royale. Il consiste à faire une incision au bois à-travers l’écorce, depuis les premieres branches jusqu’à la terre : l’écorce se rejoint en peu de tems, & est préservée pour toujours nette & exempte de mousses.

Cette ouverture rend le cours de la seve plus libre, & prévient la formation de ces inégalités si favorables à la formation des mousses. Cette incision, ajoute-t-il, se doit faire en Mars & jusqu’à la fin d’Avril, & sur le côté le plus exposé au soleil.

Parasite coquillage, (Conchyl.) on appelle coquillages parasites, certains coquillages qui sont crûs sur des autres, ce qui forme des grouppes. Ils sont différens de ceux qui sont adhérens à des coquillages de leur espece, ou à des corps étrangers dont il ne paroît point qu’ils puissent tirer aucune nourriture, comme font les premiers.

PARASOL, s. m. (ouvrage de Mercerie.) toile cirée, ou piece de taffetas coupée en rond, & soutenue sur de petits morceaux d’osier ou de baleine, & sur une baguette tournée, au bout de laquelle il y a