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Cislus humilis, palustris, hederæ folio, perfoliata, nostras. Plukn, Almeg. 108.

Ses feuilles sont pointues comme celles des violettes, mais plus petites. Il s’éleve d’entr’elles plusieurs tiges, longues comme la main, menues, anguleuses, portant au sommet une seule fleur en rose. Sa racine est d’un blanc rougeâtre, & d’un goût astringent : cette plante croit au lieux humides, fleurit au mois d’Août, & passe pour rafraichissante ; on lui a donné le nom de parnassie, à cause de son rapport à une plante de ce nom, dont parle Dioscoride, & qui croissoit sur le mont parnasse. (D. J.)

PARNAU ou PERNAU, (Géog. mod.) petite ville de l’empire Russien, dans la Livonie ; elle a été prise & reprise autrefois par les Suédois, les Polonois & les Moscovites. Elle est près de l’embouchure de la petite riviere de Parnau ou Pernau, à 10 lieues S. O. de Revel, 32 N. E. de Riga. Long. 42. 2. lat. 58. 26.

PARNES, (Géog. anc.) montagne de l’Attique, au-dessus d’Eleusis & d’Acharnæ. Stace, Theb. liv. XII. vers. 620. dit :

Dives & Œgaleos nemorum Parnesque benignus
Vitibus & pingui melior Lycabessus olivà.

Le sommet de cette montagne étoit couvert de bois & rempli de bêtes sauvages ; le bas étoit planté d’arbres fruitiers & de vignes. Athenée, l. V. écrit parnetha pour parnes.

PARNI, (Géog. anc.) peuples de la Margiane. Ptolomée, l. VI. c. x. les place au-dessous des Massagetes ; & Strabon, l. XI. p. 508. dit que les nomades que l’on trouvoit à la gauche en entrant dans la mer Caspienne, étoient appellés dax par les Romains, & surnommés pani.

PARNOPIUS, (Mythol.) Παρνόπιoς surnom donné à Apollon dans l’Attique, parce qu’il avoit délivré le pays des sauterelles dont il étoit infecté. Les Athéniens en reconnoissance de ce bienfait, lui éleverent une statue de bronze, faite de la main de Phidias, avec cette inscription à Apollon Parnopius, Πάρνοπες en grec, sauterelles. (D. J.)

PAROCHETEUSIS, s. f. (Lexicog. Medicin.) παροχέτευσις, de παρὰ & ὀχετεύω, de ὀχετός, tuyau ou conduit ; Hippocrate emploie ce mot pour signifier une dérivation ou le détour qu’on fait prendre aux humeurs qui coulent sur une partie, ou qui s’y arrêtent, en les déterminant vers une autre qui n’en est pas éloignée.

PAROCHUS, s. m. (Littérat.) parochi étoient ceux qui à Rome, fournissoient aux princes & aux ambassadeurs étrangers, ce qu’on leur donnoit aux dépens du public pour leur subsistance, & qui dans les provinces, fournissoient aux magistrats qui passoient, le sel, le bois, le foin, &c. c’est pourquoi Cicéron dans une de ses lettres, appelle Sertius parochum, un hôte banal, parce qu’il s’empressoit ordinairement pour loger chez lui les étrangers de distinction qui venoient à Rome.

Les dépenses que faisoient les parochi soit à Rome, soit dans les provinces, pour défrayer les ambassadeurs ou ceux qui voyageoient par autorité publique, se prirent d’abord sur l’état ; ensuite on etablit un impôt public pour y subvenir. Ces sortes de commissaires furent nommés parochi, d’un mot grec qui signifie fournir. Le même terme veut dire aussi dans les auteurs un hôte qui loge, qui traite, qui fait les frais d’un festin. (D. J.)

PARODIE, s. f. (Belles Lettres.) maxime triviale ou proverbe populaire. Voyez Adage, Proverbe. Ce mot vient du grec παρὰ & ὁδὸς, via, voie, c’est-à-dire qui est triviale, commun & populaire.

Parodie, παρῳδία, parodus, se dit aussi plus proprement d’une plaisanterie poétique, qui consiste à ap-


pliquer certains vers d’un sujet à un autre pour tourner ce dernier en ridicule, ou à travestir le sérieux en burlesque, en affectant de conserver autant qu’il est possible les mêmes rimes, les mêmes mot, & les mêmes cadences. Voyez Burlesque. C’est ainsi que M. Chambers a conçu la parodie, mais ses idées à cet égard ne sont point exactes.

La parodie a d’abord été inventée par les Grecs de qui nous tenons ce terme, dérivé de παρὰ & ᾠδὴ, chant ou poésie. On regarde la batrachomiomachie d’Homere comme une parodie de quelques endroits de l’Iliade, & même une des plus anciennes pieces en ce genre.

M. l’abbé Sallier de l’académie des belles-lettres, a donné un discours sur l’origine & le caractere de la parodie, ou il dit en substance que les rhéteurs grecs & latins ont distingué différentes sortes de parodies. On peut, dit Cicéron, dans le second livre de l’orateur, insérer avec grace dans le discours un vers entier d’un poete ou une partie de vers, soit sans y rien changer, soit en y faisant quelque leger changement.

Le changement d’un seul mot suffit pour parodier un vers ; ainsi le vers qu’Homere met dans la bouche de Thétis pour prier Vulcain de faire des armes pour Achille, devint une parodie dans la bouche d’un grand philosophe, qui peu content de ses essais de poésie, crut devoir en faire un sacrifice au dieu du feu. La déesse dit dans Homere :

Ἥφαιστε πρόμολ’ ὧδε· Θέτις νύ τι σεῖο χατίζει
A moi, Vulcain, Thétis implore ton secours.

Le philosophe s’adressant aussi à Vulcain lui dit :

Ἥφαιστε πρόμολ’ ὧδε· Πλάτων νύ τι σεῖο χατίζει
A moi, Vulcain, Platon implore ton secours.

Ainsi, Corneille fait dire dans le cid à un de ses personnages.

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes
Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.

Un très-petit changement a fait de ces deux vers une maxime reçûe dans tout l’empire des lettres.

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes
Et se trompent en vers comme les autres hommes.

Chapelain Décoiffé.

Le changement d’une seule lettre dans un mot devenoit une parodie ; ainsi Caton parlant de Marcus Fulvius Nobilior, dont il vouloit censurer le caractere inconstant, changea son surnom de Nobilior en Mobilior.

Une troisieme espece de parodie étoit l’application toute simple, mais maligne, de quelques vers connus ou d’une partie de ces vers sans y rien changer. On en trouve des exemples dans Démosthènes & dans Aristophanes : on trouve dans Héphestion, dans Denis d’Halicarnasse une quatrieme espece de parodie qui consistoit à faire des vers, dans le goût & dans le style de certains auteurs peu approuvés ; tels sont dans notre langue ceux où M. Despreaux a imité la dureté des vers de la Pucelle.

Maudit soit l’auteur dur, dont l’âpre & rude verve
Son cerveau tenaillant rima malgré Minerve,
Et de son lourd marteau martelant le bon sens,
A fait de méchans vers douze fois douze cens.

Enfin, la derniere & la principale espece de parodie est un ouvrage en vers, composé sur une piece entiere, ou sur une partie considérable d’une piece de poésie connue, qu’on détourne à un autre sujet & à un autre sens par le changement de quelques