Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/134

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les portes de la ville devoient être faites, il portoit à force de bras le soc suspendu & en l’air, afin que la terre ne fût ouverte nulle part, ni rayée ni renversée par-dessus.

Porte à pans, porte qui a sa fermeture en trois parties, dont l’une est de niveau, & dont les deux autres sont rampantes. Telle est la porte Pie à Rome, & celle de l’hôtel de Condé à Paris.

Porte attique ou atticurgue, c’est, selon Vitruve, une porte dont le seuil est plus long que le linteau, ses piédroits n’étant pas paralleles. De cette maniere est la porte du temple de Vesta ou de la Sybile à Tyvoli, près de Rome.

Porte avec ordre, porte qui étant ornée de colonnes ou de pilastres, prend son nom de ces colonnes ou de ces pilastres, comme porte toscane, porte dorique.

Porte bâtarde, porte qui sert d’entrée à une maison, & qui a cinq ou six piés de large.

Porte biaise, porte dont les tableaux ne sont pas d’équerre avec le mur.

Porte bombée, porte dont la fermeture est en portion de cercle.

Porte bourgeoise, porte qui a ordinairement quatre piés de largeur.

Porte charretiere, simple porte dans les murs d’un clos, pour le passage des charrois.

Porte crénelée, porte d’un vieux château qui a des créneaux comme dans la continuité de son mur.

Porte croisée, fenêtre sans appui qui sert de passage pour aller sur un balcon ou sur une terrasse.

Porte dans l’angle, porte qui est à pan coupé dans l’angle rentrant d’un bâtiment.

Porte de clôture, moyenne porte dans un mur de clôture.

Porte de croisée, c’est la porte à droite ou à gauche de la croisée d’une grande église. Quand cette église est située conformément aux canons, & qu’elle a son portail tourné vers le couchant, & son grand autel vers le levant, la porte droite de la croisée est celle du nord, comme à Notre-Dame de Paris est celle du côté du cloître, la gauche celle du midi, comme la porte du côté de l’archevêché.

Porte de dégagement, petite porte qui sert pour sortir des appartemens sans passer par les principales pieces.

Porte d’enfilade ; on nomme ainsi toutes les portes qui se rencontrent d’alignement dans les appartemens.

Porte de faubourg, ou fausse porte, porte qui est à l’entrée d’un faubourg.

Porte de ville, c’est une porte publique à l’entrée d’une grande rue, qui prend son nom ou de la ville voisine, ou de quelque fait ou usage particulier. Par exemple, on appelle porte triomphale une porte bâtie plûtôt par magnificence que par nécessité, en mémoire de quelque expédition militaire, comme celles de S. Denis & de S. Martin à Paris.

Porte ébrasée, porte dont les tableaux sont à pans coupés en-dehors ; telles sont les portes de la plûpart des églises gothiques.

Porte en niche ; porte qui est en maniere de niche : de cette façon est la grande porte de l’hôtel de Conti à Paris, du dessein de François Mansard.

Porte en tour ronde, porte qui est percée dans un mur circulaire, & qui est vûe par-dehors ; & porte en tour creuse est celle qui fait l’effet contraire.

Porte flamande, porte qui est composée de deux jambages avec un couronnement, & une fermeture de grille de fer, comme par exemple, les deux portes du cours la Reine à Paris.

Porte rampante, porte dont le ceintre ou la plate-bande est rampante, comme dans un mur d’échiffre.

Porte rustique, porte dont les paremens de pierre sont en bossages rustiqués.


Porte secrette ; c’est une petite porte pratiquée dans le bas d’un château ou d’une grande maison, pour y entrer & en sortir secrettement.

Porte surbaissée, porte dont la fermeture est en anse de panier.

Porte sur le coin, porte qui ayant une trompe au-dessus, est en pan coupé sous l’encoignure d’un bâtiment.

Porte mobile. C’est toute fermeture de bois ou de bronze qui remplit la baie d’une porte, & qui s’ouvre à un ou deux venteaux.

Porte à deux venteaux, porte qui est en deux parties appellées venteaux ou battans, attachés aux deux piédroits de sa baie.

Porte à jour, c’est une porte faite de grilles de fer ou de barreaux de bois : on la nomme aussi porte à claire-voie.

Porte à placard, porte qui est d’assemblage de menuiserie, avec cadres, chambranle, corniche, & quelquefois un fronton.

Porte arrasée, c’est une porte de menuiserie dont l’assemblage n’a point de saillie, & est tout uni.

Porte brisée, porte dont la moitié se double sur l’autre. On nomme encore porte brisée une porte qui est à deux venteaux.

Porte cochere, c’est un grand assemblage de menuiserie qui sert à fermer la baie d’une porte où peuvent passer des carosses, & qui est composée de deux venteaux faits au-moins chacun de deux battans ou montans, & de trois traverses qui en forment le bâti, & renferment des cadres & des panneaux, avec un guichet dans l’un de ces venteaux. Les plus belles portes cocheres sont ornées de corniches, consoles, bas reliefs, armes, chiffres, & autres ornemens de sculpture, avec ferrures de fer poli ; comme, par exemple, les portes des hôtels de Biscuit, de Pussort, &c. Quelquefois ces ornemens sont postiches & faits de bronze, tels qu’on en voit aux portes de l’hôtel-de-ville & de l’église du Val-de-grace à Paris. Cette sorte de porte qui est arrasée par derriere, est rarement à deux paremens ; quand sa baie est ceintrée ou qu’elle est trop haute, elle est surmontée d’un dormant d’assemblage qui en reçoit le battement. La largeur de cette porte doit être de sept piés & demi au moins, & sa hauteur d’une largeur & demie, ou plutôt de deux largeurs.

Porte collée & emboîtée, c’est une porte faite d’ais debout, collés & chevillés avec emboîtures qui les traversent par le haut & par le bas.

Porte coupée, porte à deux ou à quatre venteaux attachés à un ou à deux piédroits de la baie. Ces venteaux sont ou coupés à hauteur d’appui, comme aux boutiques, ou à hauteur de passage, comme aux portes croisées, dont quelquefois la partie supérieure reste dormante.

Porte d’assemblage, c’est tout ventail de porte dont le bâti renferme des cadres & des panneaux à un ou à deux paremens.

Porte de bronze, porte qui est jettée en bronze, & dont les parties qui imitent les compartimens d’une porte de menuiserie, sont attachées & rivées sur un bâti de forte menuiserie, & enrichies d’ornemens postiches de sculpture. Telles sont les portes du Panthéon & de S. Jean de Latran à Rome.

Il y a aussi de ces portes faites en partie de lames d’acier ciselées & gravées, & en partie fondues, qui recouvrent un gros assemblage de bois, comme par exemple celle de S. Denis en France, & celle du Vatican à Rome.

Porte de fer, porte composée d’un chassis de fer qui retient des barreaux & des traverses, ou des panneaux avec des enroulemens de fer plat & de tole ciselée. Il y a deux portes de fer d’une singuliere beauté, une au château de Versailles, & l’autre à celui de Maisons.