Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/541

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morbifique, ensorte qu’ayant même l’estomac rempli d’alimens, elle a encore besoin d’en prendre de nouveaux, on dit qu’elle a une boulimie, une faim de cheval. On appelle ce même état faim canine, si ceux qui en sont attaqués revomissent à chaque fois qu’ils mangent. Un dégoût décidé pour de bons alimens, avec ce desir pour des choses bisarres, qu’ont souvent les femmes grosses, se nomme folle faim, faim dépravée.

2°. L’organe de la faim logé dans le ventricule venant à être touché par quelqu’humeur étrangere, cause la fausse faim, la pseudoréxie.

3°. Cette humeur morbifique se produit dans les maladies chroniques, dans la cacochymie, lorsqu’il y a des vers dans l’estomac, lorsque la bile, le suc pancréatique ou la salive, se trouvent viciés. Elle a encore lieu dans la mélancholie, dans la suppression des mois, dans la convalescence après de grandes maladies, dans les femmes enceintes, & dans les enfans.

4°. Ce qui arrive à la suite de la pseudoréxie tire sa naissance 1°. de sa cause productrice, 2°. de la trop grande quantité d’alimens qu’on a pris, 3°. des corps étrangers qui restent dans l’estomac & les intestins.

5°. Il faut éviter de se nourrir d’alimens contraires à la santé ; & l’on doit seulement avoir quelque légere indulgence pour l’appetit dépravé des femmes enceintes. La méthode curative est de recourir à un léger vomitif ou purgatif, pour évacuer les mauvaises humeurs. Mais on usera de ce remede avec beaucoup de prudence pour les femmes grosses. L’usage des stomachiques est excellent en tout tems, & pour tout le monde. (D. J.)

PSEUDO-ETOILE-FAUSSE, étoile, signifie en Astronomie, une sorte de météore ou de phénomene qui paroît pour la premiere fois dans le ciel, & qui ressemble à une étoile. Voyez Phénomene, Météore.

PSEUDONYME, s. m. (Théologie.) nom que donnent les critiques à certains ouvrages qui paroissent sous un nom supposé. Ainsi les constitutions apostoliques que quelques-uns attribuent à S. Clément Pape, passent pour un ouvrage pseudonyme. Ce mot vient du grec ψεύδω, je feins, je trompe, & d’ὄνομα, nom ; c’est-à-dire nom supposé.

PSILON, (Géogr. anc.) Arcien dans son périple du Pont-Euxin, p. 21. donne ce nom à l’embouchure la plus septentrionale du Danube ; il la met à douze cens stades du port des Isiaci, & à soixante stades de la seconde embouchure du fleuve. Il ajoute qu’à l’embouchure du Psilon, il y avoit une île appellée par quelques-uns l’île d’Achille, & par d’autres la course d’Achille, & Leuca par d’autres.

PSILTUCIS, ou SILLUTIS, (Géogr. anc.) île de la mer des Indes. Plutarque en parle dans la vie d’Alexandre. Elle est appellée Cilluta par Arrien, & Quinte-Curse sans la nommer, dit qu’elle étoit à quarante stades de l’embouchure du fleuve Indus en pleine mer. (D. J.)

PSILOTHRON, terme de Médecine, qui est le même que dépilatoire ; c’est une sorte de remede externe pour faire tomber le poil. Voyez Dépilatoire.

Ce mot vient du grec ψιλόω, deglabro, je fais peler, & θρὶξ, le poil.

On se sert pour cela des lisciviels piquans & âcres, comme la chaux vive, les œufs de fourmi, le sandarac, l’orpiment & l’arsenic.

PSOAS, s. m. en Anatomie ; c’est le nom de deux muscles. Le grand psoas est un muscle rond, dur, charnu, qui vient des parties latérales du corps de la derniere vertebre de l’os & des quatre supérieures des lombes & de leurs apophises transverses, & qui descendant sur la partie du côté supérieur de l’os pubis, s’insere dans la partie inférieure du petit trochanter. Voyez Trochanter.


Le petit psoas vient de la derniere vertebre de l’os & de la premiere des lombes, & embrasse le grand psoas par un tendon mince & large qui va s’insérer dans l’os innominé à l’endroit où le pubis & l’ilium se joignent ensemble. Quoique ce muscle soit ordinairement compté parmi ceux de la cuisse, il appartient néanmoins proprement au bas-ventre. Ce muscle ne s’observe pas toujours.

PSOPHIS, (Géogr. anc.) ville du Péloponnèse en Arcadie, près de l’Erymanthe. On la nomma d’abord Erymanthus, ensuite Phegia. Cette ville, dit Pausanias, qui l’a mieux decrite que Polybe, est à trente stades de Sirce. Le fleuve Aroanius passe au-travers, & l’Erymanthe coule à un petit espace de la ville.

Il y a encore eu trois villes du nom de Psophis ; l’une dans l’Acarnanie, surnommée Palæa, c’est-à-dire la vieille ; l’autre dans l’Achaïe, & la derniere dans la Lybie. C’est Etienne le géographe qui fait mention de chacune d’elles.

Le tombeau d’Alcméon, fils d’Amphiaraüs & d’Eryphile, étoit à Psophis en Arcadie, & n’avoit aucun ornement ; mais il étoit entouré de cyprès si hauts, qu’ils pouvoient couvrir de leur ombre le côteau qui dominoit sur la ville. On ne coupoit point ces cyprès, parce qu’on les croyoit consacrés à Alcméon, & on les appelloit les pucelles.

Cette ville étoit la patrie d’Aglaüs, dont la vie, dit-on, fut toujours heureuse. La citadelle de Psophis fut renversée de fond en comble par Philippe. Il est vraissemblable que Demizana, ville de la Morée au bord de la riviere de même nom, a été bâtie sur les ruines de Psophis. (D. J.)

PSORALEA, s. f. (Botan.) genre de plante qu’on caractérise ainsi, dans les mém. de l’acad. des Sciences, année. 744. Sa fleur est légumineuse, en épi, formée de plusieurs écailles ; son calice est découpé en cinq parties jusque vers le milieu ; quatre de ces parties sont égales, & la cinquieme ou inférieure est du double plus large que les autres, & ressemble à un cuilleron. Son fruit ou silicules est presque enfermé dans le calice de la fleur, qui lui sert d’enveloppe. Cette silicule contient une ou deux semences taillées en forme de rein.

On compte quatre especes de ce genre de plante ; la principale est nommé psoralea, pentaphylla, radice crassa, hispanis contrayerva nova.

Sa racine, qui subsiste plusieurs années en terre, est le plus souvent simple, & ressemble à un petit navet fibreux ; elle est charnue, longue de trois pouces, épaisse d’un demi-pouce, quelquefois beaucoup plus grosse, extérieurement jaunâtre, intérieurement blanchâtre, d’une odeur un peu aromatique, & d’un goût piquant.

Les tiges qu’elle pousse sont simples, herbacées, tantôt droites, tantôt inclinées, longues d’un demi-pié, cendrées, velues, arrondies, & garnies par intervalles de feuilles alternes, dont les queues, qui ont à leur base deux petites oreilles pointues, embrassent en partie la circonférence des tiges.

Ces queues sont longues de deux à quatre pouces, & soutiennent ordinairement cinq feuilles ovoïdes, cotonneuses, plissées & ondées. Chaque écaille porte une ou deux fleurs, qui ont chacune un calice à pédicules très-courts. Ce calice est bleuâtre, velu & découpé vers son milieu en cinq segmens, dont l’inférieur est creusé en cueilleron.

La fleur que ce calice renferme, a la figure d’un bouton qui, s’épanouissant, représente une vraie fleur légumineuse, d’un bleu pourpre. Ses pétales sont au nombre de cinq. Ses étamines forment une graine à pistil un peu courbé, qui, en mûrissant, devient une silicule membraneuse cassante, pointue, contenant une ou deux graines, brunes, solides,