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horloger & de la societé royale de Londres, dont nous parlons dans plusieurs endroits de ce Dictionnaire. Cet instrument est si bien entendu & a été exécuté avec tant de précision, que je ne crains point de dire qu’il est un des plus beaux & des plus excellens qu’on ait jamais employé en astronomie. Nous diviserons cet article en deux parties ; dans la premiere nous donnerons une description complete de l’instrument, & dans la seconde nous expliquerons comment on a exécuté quelques-unes de ses parties qui demandoient une très-grande précision.

Il est bien plus important qu’on ne le pense ordinairement, d’être instruit des moyens qu’on a employés dans l’exécution d’un instrument ou d’une machine ; car lorsqu’on tend à un certain degré de perfection, on ne sauroit croire combien il faut de soins, d’attentions & de ressources dans l’esprit, pour parer à tous les inconvéniens & à toutes les difficultés qui se présentent.

Les vûes principales qu’on a eues dans la construction de cet instrument, ont été 1°. que malgré sa grandeur il fût fort solide ; 2°. qu’en étant bien arrêté, ce fût cependant de façon que la dilatation des métaux dont il est composé, ne pût changer son plan, comme il arrive souvent aux autres instrumens, où une partie se dilatant plus que l’autre, ils se courbent, & leurs plans deviennent fort irréguliers ; 3°. que le plan du limbe fût si exact que lorsqu’une de ses parties seroit dans le méridien, on pût être assuré que toutes les autres y seroient aussi ; & enfin que le point au-tour duquel la lunette, ou le télescope tourne, fût tellement identique, qu’on fût certain qu’il ne changeât qu’au bout d’un très-long espace de tems, & qu’encore si cela arrivoit, on fût en état de le retrouver à volonté. Par cette derniere précaution on n’avoit point à craindre, comme dans certains instrumens, qu’au bout de quelques années l’usure de l’axe au-tour duquel le télescope tourne lui faisant décrire des arcs excentriques à ceux du limbe, on ne retrouvât plus les mêmes distances entre les mêmes étoiles.

Cet instrument est composé d’un grand chassis de fer, formant un quart de cercle A B C, fig. 1. d’un limbe BC, d’un télescope FH, portant un nonius, ou plutôt un vernerus, voyez Vernerus ; & enfin d’un petit chassis de tringles de bois servant à empêcher le télescope de se courber, & pour le faire communiquer avec un contrepoids ih, qui sert à décharger le centre du frottement occasionné par le poids de la lunette. Le chassis de fer est composé principalement de barres jointes ensemble, comme il est représenté dans la fig. 2, & dans fig. 3. Ces barres sont disposées de deux façons ; les unes posées à plat, ont leur plan parallele à celui du quart de cercle ; les autres situées en sens contraire, ont leurs plans perpendiculaires à celui du quart de cercle. J’appellerai dans la suite celles-là barres à plat, & celles-ci barres de champ. Les lignes dans la fig. 2. représentent la disposition des premieres, & celles de la fig. 3. la disposition des autres, placées derriere les barres à plat, qui ne se voient que par derriere l’instrument. Par cette disposition l’on satisfait à la seconde des vûes dont nous avons parlé ; car elle empêche la figure & le plan du quart de cercle de varier, soit par le poids de l’instrument, soit par la dilatation, ou la condensation occasionnée par le froid ou le chaud, soit par le mouvement du télescope sur le centre du quart de cercle, ou enfin par quelque accident qu’on puisse imaginer. De plus tout ce bâtis est fortifié par un grand nombre de petites plaques de fer courbées en équerre, & placées derriere le quart de cercle, dans les angles que font entre elles les barres à plat & perpendiculaires. Leur nombre & les endroits où elles sont rivées, sont représentés dans la fig. 3. par les petits parallélogrammes qui accompagnent ces lignes. Afin qu’elles aient plus de place, l’épaisseur des barres perpendiculai-


res ne divisent pas les barres à plat en deux également, mais dans la raison de deux à un ; & ces petites plaques sont rivées du côté le plus large. Les traits noirs plus forts à l’intersection des lignes dans la même figure, présentent d’autres plaques de fer courbées, aussi en équerre, & rivées dans les angles formés par l’intersection des barres perpendiculaires. La circonférence du quart de cercle est aussi garnie d’une barre perpendiculaire, courbée circulairement, & attachée tout du long de la largeur du limbe ou de l’arc à plat par un nombre suffisant de ces petites plaques dont nous venons de parler.

Le limbe du quart de cercle est composé de deux arcs ou limbes de 90 degrés, de même longueur, largeur & épaisseur, l’un de cuivre, & l’autre de fer ; leur largeur est de 3 pouces , ils sont rivés l’un sur l’autre, & posés de telle sorte que le limbe de cuivre est éloigné du centre de 1 pouce de plus que celui de fer, & dans l’endroit où ils sont doubles, leur épaisseur commune est de 2 pouces .

Sur le limbe de cuivre sont décrits deux arcs, l’un d’un rayon de 8 piés, ou plus exactement de 96 pouces 85, & l’autre de 95 pouces, 8. L’arc intérieur est divisé en degrés & en 12 parties de degrés, ou en 5 minutes, & l’extérieur en 96 parties égales, qui sont chacune subdivisée en 16 autres parties égales. Ces deux especes de divisions se rectifient mutuellement formant en effet deux quarts de cercle distincts. Les divisions d’un des arcs ayant été réduites à celles de l’autre, par une table faite exprès, on trouva qu’elles ne différoient au plus que de 5″. ou 6″. dans quelque endroit du limbe qu’on les prît ; mais lorsqu’elles différoient réellement, on donnoit toujours la préférence aux divisions de l’arc extérieur, parce qu’elles furent faites, comme on le verra plus bas, par une bissection continuelle, division la plus simple de toutes.

Pour éviter l’embarras de diviser le quart de cercle en plus petites parties, ce télescope porte, comme nous l’avons dit, un vernerus, voyez Vernerus, ou plaque de laiton glissant avec lui sur le limbe, qui sert à diviser de nouveau les parties de ce limbe ; car quoiqu’il ne soit divisé qu’en 5′. on peut cependant, par le moyen du vernerus, estimer jusqu’aux demi-minutes, & même au-delà. Qu’on suppose donc l’arc supérieur (la figure à laquelle on renvoie ici, doit avoir été dessinée avec les autres relatives à la description de ce quart de cercle mural) A B, fig. 11. représentant un degré divisé en 12 parties égales, ou en 5′. l’arc inférieur CD, la 96e. partie du quart de cercle divisée en 16 parties égales, & EF, la plaque du vernerus glissant dans l’espace qui est entre ces deux arcs A B, C D ; que cette plaque contenant en longueur vers A, 11 parties des 12 de l’arc intérieur soit divisée en 10 parties, & que contenant vers B, 13 parties de l’autre arc, elle soit divisée en 16 parties, il est clair dans le premier cas, que chaque division du vernerus vaudra 5′. , & dans le second, qu’elle vaudra , plus le seizieme du seizieme, ou , par conséquent on aura une subdivision tresexacte, & d’une très-petite partie ; puisque d’une part, on aura des , & de l’autre des seiziemes de seiziemes, ou des . Sur le quart de cercle, on compte de gauche à droite les degrés & les minutes, de même que les 96 parties, le point de o commençant aux intersections du rayon vertical, afin de mesurer les distances des objets au zénith ; mais sur le vernerus on compte les parties en sens contraire, en commençant à la ligne oo, appellée l’index. L’axe optique du télescope est déterminé par les fils transverses qui sont à son foyer, de façon qu’il est parallele à l’index oo, qui prolongé passe par le centre du quart de cercle. Dans la fig. 11. la situation du vernerus est telle que l’extrémité supérieure de l’index oo, n’est opposée à aucun trait sur l’arc du limbe, mais