Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/713

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jeu, & tous perdent, s’il amene pair. On peut gagner ou perdre beaucoup à ce jeu en peu de tems. Il ne se joue guere que dans les foires de campagne, du moins je ne l’ai vu jouer que là. Il n’est, à proprement parler, qu’un défi, qu’une gageure que fait un homme contre un autre d’abattre un nombre pair de quilles.

QUILLEBOEUF, (Géog. mod.) en latin Henricopolis, selon Baudrand, terme qui ne répond pas mal au mot Erricarville, qui étoit l’ancien nom de Quillebœuf. C’est une petite ville de France dans la haute Normandie, au diocèse de Rouen, sur la rive gauche de la Seine, à 7 lieues au-dessus du Havre-de-Grace, & à trois de Ponteau-de-mer. Cette ville étoit assez importante sous Louis XIII. mais ses fortifications ont été rasées. C’est la capitale du petit pays de Roumois. Long. 17. 46. latit. 49. 30. (D. J.)

QUILLIER, s. m. (Charron.) c’est une espece de grosse tariere qui sert au charron à ouvrer les moyeux des roues, avant que d’y passer le tarau.

Quillier, au jeu de quilles, est un espace en quarré dans lequel on a tracé trois lignes où l’on dresse trois quilles sur chacune à distance égale ; ensorte que le quillier forme deux especes du rues, soit qu’on le regarde de haut en bas ou par les côtés, selon la disposition du jeu.

Quillier, (Jeu.) se dit aussi au jeu de pair à non, un amas de jettons que celui qui donne à deviner aux autres partage en deux portions, dont une se trouve sous sa main droite, & l’autre sous sa main gauche. Chaque ponte a le droit de choisir la main, & de parier pair ou non sous cette main. Il est indifférent en jouant de cette maniere à pair un non, que le tas des jettons ou le quillier soit pair ou impair ; ce qui ne pourroit se dire si le banquier ne puisoit au tas que d’une main, & donnoit à deviner pair ou non de cette main seulement. Il est évident qu’il y a quelque avantage à dire non, car si le quillier est pair, il y a autant de pairs que de non pairs ; & si le quillier est non pair, il y a un non pair de plus que de pairs. Ainsi dans l’incertitude il faut toujours dire non ; mais dans le cas du quillier partagé sous deux mains sur lesquelles chaque partie peut indistinctement parier pour pair ou pour non, cette inégalité disparoît. Voyez Pair ou non, Jeu.

QUILLON, s. m. terme de Fourbisseur, sorte de branche qui tient au corps de la garde de l’épée.

QUILLOT, s. m. (Comm.) mesure de grains dont on se sert à Smyrne, à Constantinople, & dans quelques autres échelles du Levant. Quatre quillots & demi font la charge de Marseille, & même un peu plus. Voyez Charge.

Le quillot de Constantinople est de 22 ocques, & quatre quillots y font le fortin. Voyez Ocque & Fortin. Les quillots de Senderly, de Volon, de Salonique, d’Izeron & de Ténédos, sont un peu moindres que celui de Constantinople ; mais dans la vente des grains on les réduit tous à ce dernier, qui est proprement le quillot de compte.

Le quillot de l’île de Samos revient à 75 livres poids de France. Chaque quillot contient trois panaches, & chaque panache huit ocques. Voyez Panache. Dictionn. de Comm.

QUILMANCI, (Géog. mod.) ville d’Afrique presque dépeuplée, dans le Zanguebar, sur la côte du royaume de Mélinde, près de l’embouchure de la riviere de même nom. Elle appartient aux Portugais. Latit. mérid. 2. (D. J.)

QUILOA, (Géog mod.) île & ville d’Afrique au Zanguebar, sur la côte de Mélinde, à 100 lieues du Mozambique. Les Portugais en firent la découverte en 1498, & rendirent son royaume leur tributaire. Le terroir de cette île porte quantité de palmiers & d’autres arbres. Les habitans sont en partie payens,


en partie mahométans, & blancs de couleur. Le milieu de l’île est à 8. 20. de latit. mérid. & à 57. 2. de long. Quelques géographes prétendent que la ville Quiloa est le Rapta de Ptolomée, qui dit que c’étoit jadis la capitale de Barbarie, d’où le promontoire Raptum a pris son nom ; mais Ptolomée met ce promontoire au 7d. de latit. australe, & nos géographes le mettent a environ 9 dégrés de la même latitude. (D. J.)

QUIMBAIA, (Géogr. mod.) province de l’Amérique méridionale, au Popayan. Elle s’étend depuis la riviere de Cauca, jusqu’aux Andes, ayant 15 lieues de long sur 10 de large. Il y a dans cette province un volcan considérable. Le lieu principal de cette contrée se nomme Carthago ; l’air en est assez sain, quoiqu’il y pleuve la plus grande partie de l’année (D. J.)

QUIMPER, ou QUIMPER-CORENTIN, (Géog. mod.) &, comme d’autres l’écrivent, Kimper-Corentin ; mot que j’ai peut-être déja fait sous cette derniere orthographe. Mais il sera court de répéter que c’est une ville de France dans la basse Bretagne, au confluent de l’Oder & du ruisseau Benaudet, à douze lieues sud-est de Brest. Long. selon Cassini, 13. 23. 30. latit. 47. 59. 40.

Je ne dois pas oublier de dire que cette ville a donné la naissance à deux célebres jésuites, le P. Hardouin (Jean), & le P. Bougeant (Guillaume Hyacinthe).

J’ai déja parlé plus d’une fois du P. Hardouin, homme profond dans l’Histoire, & chimérique dans les sentimens. Il découvrit des athées dans les peres Thomassin, Quesnel, Mallebranche, dans MM. Arnauld, Nicole & Paschal. Sa folie, semblable à celle du P. Castel, à l’égard de M. Jean Jacques Rousseau de Genève, servit à ôter à sa calomnie son atrocité ; mais tous ceux qui renouvellent de semblables accusations contre des sages, ne sont pas toujours reconnus pour fous, & sont d’ordinaire très-dangereux. D’ailleurs on doit au P. Hardouin la meilleure édition de Pline ; & l’obligation qu’on lui a sur ce sujet est très-grande.

Le P. Bougeant est mort à Paris en 1743, à l’âge de 63 ans. Son histoire du traité de Westphalie est fort estimée ; & ses amusemens philosophiques sur le langage des bêtes, sont, en me servant des termes de Montaigne, un gentil livre pour son étoffe. (D. J.)

QUIMPERLÉ, (Géog. mod.) On écrit aussi Quimperley & Quimperlay ; petite ville de France dans la basse-Bretagne, au diocèse de Quimper-Corentin, sur le ruisseau de l’Yssot, à 2 lieues de la mer, & à 8 de Quimper, avec une abbaye d’hommes ordre de S. Benoît, fondée l’an 1029. Long. 14. 11. lat. 47. 52. (D. J.)

QUINAIRE, s. m. (Art numismat.) Le nom de quinaire n’appartient à proprement parler qu’à une petite monnoie d’argent qui étoit du poids de demi-gros, valoit la moitié du denier, & le double du sesterce. Mais les antiquaires ont à-présent coutume d’appeller abusivement quinaires les médailles du plus petit module, de quelque métal que ce soit, en or, argent, bronze, ou autre, quoique les anciens n’aient jamais donné ce nom aux petites pieces d’or ou de bronze.

Des curieux, comme M. le duc du Maine, & M. l’abbé Strozzi, ont songé à former une suite de quinaires ; & il seroit à souhaiter qu’on eût un catalogue de ce genre de médailles, précédé d’une bonne dissertation sur les changemens arrivés dans le poids, dans la valeur, & dans le nom des plus petites pieces des monnoies que les anciens aient frappées en tous métaux.

M. Geinoz a observé un quinaire remarquable qui représente d’un côté la tête d’Auguste, & de l’autre