Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/712

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dix lignes huit points par pouces de sa hauteur ; elle diminue d’un cinquieme vers ses extrémités.

On donne à la quille plus de hauteur que de largeur, parce que les empatures sont prises dans ce sens, & qu’à quantité égale de matiere elle en est plus forte.

La profondeur de la rablure de la quille est réglée par l’épaisseur du bordage le plus bas, qu’on nomme gabord.

Les vaisseaux se terminent en avant par une piece de bois, qui a une forme circulaire : c’est ce qu’on appelle l’élancement de l’étrave ; & en arriere par une piece de bois qui tombe obliquement sur la quille, ayant de la saillie en-dehors ; c’est cette saillie qu’on appelle la quête de l’étambord.

Pour avoir la longueur de la quille, il faut additionner la somme de la quête de l’étambord & de l’élancement de l’étrave, puis soustraire le produit de ces deux sommes de la longueur de la quille. Il faut donc commencer par déterminer la quête & l’élancement.

Pour trouver l’élancement de l’étrave, plusieurs constructeurs prenoient anciennement un huitieme de la longueur totale du vaisseau, & ils donnoient pour la quête de l’étambord, le quart de l’élancement de l’étrave ; ainsi un vaisseau de 168 piés de longueur auroit eu 21 piés d’élancement, & 5 piés 3 pouces de quête.

D’autres constructeurs donnent pour l’élancement de l’étrave la douzieme partie de la longueur totale du vaisseau, pour les vaisseaux de 60 canons & au-dessus : pour ceux depuis 40 jusqu’à 60, la quatorzieme partie de la longueur, & la quinzieme pour les petits. Il y a aussi des constructeurs qui ne prennent que la quinzieme partie de la longueur totale, même pour les gros vaisseaux ; & pour la quête de l’étambord, la sixieme partie de l’élancement de l’étrave. (on entend par gros vaisseaux ceux de 40 canons & au-dessus.) Ainsi en prennant la quinzieme partie, un vaisseau qui auroit 168 piés de longueur, auroit 11 piés un quart d’élancement, & 1 pié 10 pouces de queste. Pour les frégates, ils prennent la treizieme partie de la longueur du vaisseau pour l’élancement de l’étrave, & la sixieme partie de cet élancement pour la quête de l’étambord.

Pour les petites frégates de 22 canons & au-dessous, ils prennent la quatorzieme partie de la longueur totale du vaisseau pour l’élancement de l’étrave, & la sixieme partie de l’élancement pour la quête de l’étambord ; enfin quelques constructeurs, pour avoir la quête & l’élancement, prennent ou de la longueur totale, divisent cette quantité en cinq parties égales ; ils en destinent quatre pour l’élancement, & une pour la quête.

A l’égard de l’épaisseur de la quille, il y a une regle adoptée par plusieurs constructeurs, qui est de prendre autant de pouces que le & le du maître ban ont de piés.

Exemple. Un vaisseau de 70 canons a 42 piés de maître-ban, le tiers de 42 est 14, le huitieme de 41 est 5 piés 3 pouces ; ajoutant ces deux sommes ensemble, on a 19 piés 3 pouces : donc l’épaisseur à un pouce par pié est de 1 pié 7 pouces 3 lignes.

Quille, s. f. (Charpent.) grosse piece de bois formant le derriere d’un bateau foncet. C’est celle qui supporte le gouvernail. On nomme aussi en quelques endroits, quille de pont, une longue piece de bois qui soutient le pont. (D. J.)

Quille, s. f. (terme de Gantier.) c’est un instrument dont se servent les Gantiers ; il est de bois dur & poli d’environ dix-huit pouces de long, ressemblant à une véritable quille, si ce n’est qu’il est beaucoup plus menu par le haut ; il sert à alonger les doigts des gants pour leur donner une meilleure forme.


Quilles, en terme de marchand de modes, sont deux bandes de paremens que l’on met à une robe le long de la couture du côté jusqu’à la fente. Voyez Paremens.

Quille, (Rubanier.) c’est ordinairement le tiers d’une petite buche de bois rondin, que l’on attache au moyen d’une ficelle à l’extrémité des bâtons de retour, pour leur servir de contrepoids, & les faire remonter lorsque l’ouvrier tire un nouveau retour, après qu’il a fait travailler celui-ci : une pierre feroit le même effet que cette quille ; mais ceci est bien plus commode, lorsqu’il y a beaucoup de retours. Ces rondins de bois qui se trouvent tous en un tas, glissent plus facilement les uns le long des autres.

Quilles, au jeu de ce nom, sont des bâtons tournés, de grandeur & de grosseur égales, qu’on abat jusqu’à un certain nombre pour gagner la partie. Il en faut neuf pour un jeu.

Quille le jeu de, est un jeu d’exercice & assez amusant. Il consiste à abattre un certain nombre de quilles fixé par les joueurs, avec une boule de grosseur proportionnée à celle de ces quilles. On peut y jouer plusieurs ensemble, à nombre pair ou impair. Voyez Quilles.

On tire d’abord à qui aura la boule. Celui à qui elle est échue, joue le premier, & celui qui est à jouer le dernier, met le but, à moins que cet avantage n’accompagne la boule par convention faite. Il faut, pour gagner la partie, faire précisément le nombre de quilles qu’on a fixé ; car si on le passe, on creve, & on perd la partie, quand celui contre qui l’on joue, n’en auroit pas même abattu une. Voyez Tiret la boule, Avoir la boule, Mettre le but & Crever, à leur article. Celui qui fait chou-blanc, perd son coup, c’est-à-dire, ne compte rien, puisqu’il n’a rien abattu. Toute quille abattue par autre chose que par la boule, n’est point comptée. Un joueur qui jetteroit la boule, avant que toutes les quilles ne fussent redressées, recommenceroit à jouer, quoique jouant pour peu de quilles, il ait fait le nombre qu’il lui falloit, d’un côté où toutes les quilles étoient relevées. Celui qui ne joue pas du but, est dans le même cas. Quand on est plusieurs, celui qui joue devant son tour, perd son coup ; & celui qui laisse passer son rang de même. Toute quille qui tombe quand la boule est arrêtée, ne vaut point, non plus que celle qui étant ébranlée & soutenue par une autre, ne tomberoit que quand on auroit ôté celle-ci. Celles que la boule une fois sortie du jeu fait tomber en y rentrant, ne sont point comptées non plus.

Ce jeu ne se joue guere à Paris que parmi les domestiques dans les guinguettes & à quelques promenades ; il est plus commun à la campagne, où de fort honnêtes gens ne dédaignent pas d’y jouer.

Quille du milieu, est une quille ordinairement plus ornée que les huit autres, qu’on plante au milieu d’elles, & qui en vaut neuf à celui qui a l’adresse de l’abattre seule, à moins qu’on ne soit convenu du contraire.

Quilles au baton jeu de, ce jeu se joue avec sept quilles plus hautes & plus grosses que les quilles ordinaires que l’on plante l’une près de l’autre dans du sable, & sur la même ligne : on abat ces quilles avec des bâtons. Pour gagner, il faut toujours en abattre un nombre pair, l’impair perdant à chaque coup. Quand le tireur a renversé trois fois des quilles en nombre impair, il ne peut plus tirer ; il faut alors céder le bâton à un autre. Il en est de même quand il a tiré trois coups sans rien abattre. On peut jouer un grand nombre à ce jeu ; c’est le tireur qui le borne, quand il a partagé entre plusieurs parieurs l’argent qu’il veut hazarder. Ces parieurs qui jouent pour le nombre impair, mettent la même somme que lui au