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anciens latins disoient quinquare pour lustrare, purifier. (D. J.)

QUINQUE, s. m. est le nom qu’on donne aux morceaux de musique qui sont à cinq parties récitantes. Voyez Parties. (S)

QUINQUE-COLLES, (Géog. anc.) lieu particulier du Péloponnese, dans la Laconie, à sept stades de la ville de Lacédémone : on y faisoit du vin qui est vanté par Athénée. (D. J.)

QUINQUEGENTIANI, (Géogr. anc.) ancien peuple d’Afrique. Eutrope, liv. IX. ch. xiv. dit qu’ils infestoient l’Afrique sous l’empire de Dioclétien ; mais les auteurs sont très-partagés sur la position du pays qu’ils habitoient, & même sur ce que c’étoit que quinquegentiani.

QUINQUENNAL, s. m. (Histoire rom.) en latin quinquennalis, magistrat des colonies & des villes municipales, dans le tems de la république romaine. Ils étoient ainsi nommés parce qu’on les elisoit à chaque cinquieme année, pour présider au cens des villes municipales, & pour recevoir la déclaration que chaque citoyen étoit obligé de faire de ses biens.

QUINQUENNAUX, jeux, (Littérature.) jeux fondés à Tyr, à l’imitation des olympiques de la Grece ; on les appelloit quinquennaux, parce qu’on les célébroit tous les cinq ans, c’est-à-dire au bout de quatre ans ; car d’un jeu olympique à l’autre il n’y avoit que quatre ans ; les jeux quinquennaux s’établirent par la suite des tems dans plusieurs villes de l’empire romain, en l’honneur des empereurs déifiés.

Il ne faut pas confondre les jeux quinquennaux de Tyr avec ceux que Domitien institua en l’honneur de Jupiter Capitolain pendant son douzieme consulat. Tous les cinq ans on disputoit dans ces jeux le prix des vers & de la prose en grec & en latin, c’est Suétone qui nous l’apprend dans sa vie de Domitien, c. iv. en ces mots : Instituit & quinquennale certamen Capitoli Jovi triplex musicum equestre, gymnicum, & aliquantò plurimum, quam nunc est coronarum, certabant etiam & prosâ, oratione, græcè, latinèque. Il y avoit des juges publics qui présidoient à ces jeux, & qui décidoient des prix. Omphrius Panvinus rapporte une inscription par laquelle il paroit que sous le regne de cet empereur, un certain Lucius Valerius Pudeus, natif d’un bourg des Frerentins, appellé de nos jours el Guasto, âgé de treize ans, remporta aux jeux quinquennaux le prix de la poésie, & fut couronné par l’avis de tous les juges. Le pere Pagi a produit une médaille où les jeux quinquennaux de l’empereur Posthume sont gravés, ce qui ne se trouve sur aucune médaille des empereurs qui l’ont précédé. (D. J.)

QUINQUERCE, s. m. (Gymnastique.) quinquertium, le quinquerce chez les Latins est ce que les Grecs appelloient pentathle, où l’on combattoit en un jour à cinq sortes d’exercices, ainsi que le prouve le témoignage de Pompeïus Festus : quinquertium Græci vocant πένταθλον, quo die quinque genera artium ludo exercebantur. (D. J.)

QUINQUENELLE, s. f. (Jurisprud.) quinquennale, seu quinquennium, signifioit un répi de cinq ans, que l’on accordoit à un débiteur qui étoit hors d’état de payer, & qui vouloit néanmoins éviter de faire cession de biens ; il obtenoit pour cet effet des lettres de petit sceau que l’on adressoit au juge royal ; ces lettres étoient entérinées du consentement du plus grand nombre des créanciers, sans avoir égard à la qualité des dettes. L’ordonnance d’Orléans, art. 61. défendit d’expédier de telles lettres. Voyez l’ordonnance du commerce, titre 9. des lettres de répi ; la coutume de Bourbonnois, article 68. les ordonnances du duc de Bouillon, article 464. le glossaire


de M. de Lauriere aux mots quinquannion & quinquenelle, & Cession, Lettres de répi, & Répi. (A)

QUINQUENNIUM, s. m. (Jurisp.) signifie l’espace de tems que les écoliers emploient à faire leur cours de Philosophie, qui est de deux années, & celui de Théologie, qui est de trois années. On appelle lettres de quinquennium, le certificat que les universités accordent aux gradués de ce tems d’étude, pendant cinq ans, après avoir examiné les attestations des professeurs.

Le réglement du 28 Mai 1663, oblige les universités de marquer dans le quinquennium, le tems où a commencé & fini le cours d’étude. Voyez la bibl. can. tom. I. pag. 593. La Rocheflavin, l. VI. tit. 48. arrêt iv. & les mots Gradués, Septenaire. (A)

QUINQUEVIR, s. m. (Gouvernement romain.) il y avoit à Rome des magistrats subalternes, ainsi nommés parce qu’ils étoient au nombre de cinq, employés aux mêmes fonctions ; mais ces fonctions étoient fort différentes, comme nous allons le prouver.

1° Il y avoit des quinquevirs établis dans Rome deçà & de-là le Tibre, pour veiller pendant la nuit à la police de la ville, en la place des magistrats d’un certain ordre, qu’il ne convenoit pas de faire courir pendant les ténebres.

2°. Il y avoit des quinquevirs établis exprès pour conduire les colonies, & distribuer aux familles les terres des campagnes qu’on leur accordoit.

3°. Les épulons étoient aussi nommés quinquevirs, quinque viri epulones, quand ils étoient au nombre de cinq.

4°. Il y avoit des quinquevirs du change ou des rentes, nommés quinque viri mensarii ; ceux-ci furent créés l’an de Rome 301, sous le consulat de Valerius Poplicola, & de C. Martius Rusilius. Tite-Live, lib. V I I. nous apprend qu’on les choisit d’entre les plébéiens. Ils furent chargés de modérer l’excès de l’usure que les créanciers, ou les banquiers tiroient, & dont le peuple étoit accablé.

5°. Enfin on appelloit encore quinquevirs, des especes d’huissiers, chargés d’exercer ce petit emploi de la justice dans les colonies, ou dans les villes municipales, pour y apprendre le train des affaires. On nommoit ces sortes d’huissiers quinquevirs, parce qu’ils étoient au nombre de cinq pour chaque jurisdiction ; ils changeoient toutes les années. Un homme qui avoit passé par cette charge devoit avoir acquis l’usage de ce que nous appellons la pratique, & l’on tiroit ordinairement de ce corps les greffiers & les notaires, Il est fait mention de ces derniers quinquevirs dans les lettres de Cicéron. (D. J.)

QUINQUE VIRI MENSARII, (Littérat.) on appella de ce nom cinq hommes institués extraordinairement par les consuls, pour acquitter les dettes du peuple, ruiné par les usures qu’on avoit exigées de lui.

QUINQUINA, s. m. (Botan. exot.) le quinquina est nommé par nos botanistes kinakina, cortex peruvianus, cortex febrifugus. C’est une écorce extrèmement seche, de l’épaisseur de deux ou trois lignes, qui est extérieurement rude, brune, couverte quelquefois d’une mousse blanchâtre, & intérieurement lisse, un peu résineuse, de couleur rousse ou de rouille de fer, d’une amertume très-grande, un peu styptique, & d’une odeur aromatique qui n’est pas désagréable.

Quelquefois on apporte le quinquina en écorces assez grandes, longues de trois ou quatre pouces au moins, & larges d’un pouce, non roulées : ce sont des écorces arrachées du tronc de l’arbre. Quelquefois elles sont minces, roulées en petits tuyaux, extérieurement brunes, marquées légérement de lignes circulaires & couvertes de mousse ; intérieurement