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tête vuide, un homme vain, un imbécille, un sot. (D. J.)

RACAGE, s. f. (Marine.) assemblage de petites boules enfilées l’une avec l’autre, comme les grains d’un chapelet, qu’on met au-tour du mât, vers le milieu de la vergue, pour accoler l’une & l’autre, afin que le mouvement de cette verge soit plus facile, & qu’on puisse par conséquent l’amener plus promptement. La vergue de civadiere n’a point de racages, parce qu’on ne l’amene point. (Q)

RACAH, (Géog. mod.) ville de l’Iraque babylonienne ou Chaldée, que quelques-uns mettent en Mésopotamie. Elle est située au 73 degré 15 de longitude, & à 36 de latitude septentrionale. C’est la même qui a été appellée Aracta, d’où étoit natif Albathani, célebre astronome, qui est ordinairement nommé par les Latins Albategnius aractensis. (D. J.)

RACAILLE, s. f. terme de mépris, qui se dit de ce qui est de moindre valeur en chaque chose. Ainsi on appelle racaille, de la marchandise de rebut. Payer en racaille, c’est faire des paiemens en especes de cuivre ou de billon. Diction. de com. Il se dit aussi de la partie la plus vile du peuple.

RACAMBEAU, s. m. (Marine.) anneau de fer fort menu, par le moyen duquel la vergue d’une chaloupe est assujettie au mât ; il lui tient lieu de racage. (Q)

RACANELLO, le, (Géog. mod.) fleuve d’Italie, dans la Calabre citérieure ; il a sa source dans l’Apennin, & se jette dans le golfe de Venise. Magin dit que le Racanello est le Cylistarnus des anciens. (D. J.)

RACAXIPE-VELITZLI, (Hist. mod.) c’est le nom que les Mexiquains donnoient à des sacrifices affreux qu’ils faisoient à leurs dieux, dans de certaines fêtes ; ils consistoient à écorcher plusieurs captifs. Cette cérémonie étoit faite par des prêtres qui se revêtoient de la peau de la victime, & couroient de cette maniere dans les rues de Mexique, pour obtenir des libéralités du peuple. Ils continuoient à courir ainsi jusqu’à ce que la peau commençât à se pourir. Cette coutume barbare leur produisoit un revenu immense, vû que les prêtres frappoient impunément ceux qui refusoient de les récompenser de leur sacrifice infâme.

RACCOMMODER, v. act. (Gramm.) il se dit en général de l’action de remettre en état tout ce qui est dérangé. On raccommode un habit déchiré, une montre dérangée, un discours mal fait, un propos indiscrétement tenu, une affaire mal commencée, des amis, des amans, des parens brouillés. Il est difficile que l’attachement reste le même après des raccommodemens multipliés.

RACCORDEMENT, s. m. (Archit.) c’est la réunion de deux corps à un même niveau, ou à une même superficie, ou d’un vieux ouvrage avec un neuf, comme il a été pratiqué avec beaucoup d’intelligence, par François Mansard, à l’hôtel de Carnavalet, rue Couture Sainte Catherine, à Paris, pour conserver la sculpture de la porte, faite par Jean Gougeon, où la façade neuve, qui est un bel ouvrage d’architecture, se raccorde extrèmement bien, tant au-dedans qu’au dehors, avec le reste de cette ancienne maison, qu’on dit être de Jean Bulan, architecte. On appelle encore raccordement, la jonction de deux terreins inégaux, par pentes ou perrons, dans un jardin. (D. J.)

Raccordement, (Hydr.) est la réunion de deux corps à un même niveau ou superficie, comme de deux montagnes d’inégale hauteur, où on doit faire passer des conduits d’eau. C’est encore la jonction de tuyaux, inégaux de diametre, par un tambour de plomb, réunissant les différentes grosseurs qui se distribuent aux fontaines que l’on a à fournir. (K)


RACCOURCI, s. m. (Peinture.) il se dit de certains aspects de figures d’animaux, ou de quelqu’une de leurs parties dans un tableau. Par exemple, si une figure assise sur un plan horisontal, est représentée par la plante des piés, ses jambes & ses cuisses seront ce qu’on appelle un raccourci. Si la figure étoit couchée, & qu’on la vît de la même maniere, elle seroit toute entiere en raccourci, & ainsi des autres parties.

On dit voilà un raccourci bien entendu, de beaux raccourcis.

Ce seroit parler improprement en Peinture, que d’employer le terme de raccourci en parlant des bâtimens qui cependant sont raccourcis ; on ne dit point le raccourci de ce bâtiment.

Raccourci, adj. terme de Blason, ce mot se dit des pieces honorables qui ne touchent point les bords de l’écu ; c’est la même chose que coupé, alaisé ou alisé. (D. J.)

RACCOURCIR, v. act. (Gram.) c’est diminuer de longueur. On raccourcit une perche, un mur, un ouvrage, une corde.

Raccourcir, (Jardinage.) une branche, c’est la rapprocher du corps de l’arbre.

Raccourcir, en terme de Raffinerie, n’est autre chose que de faire bouillir les sirops exprimés des écumes, pour en évaporer l’eau de chaux qu’on y avoit mise.

RACCROCHER, v. act. (Gram.) c’est rattacher à un crochet ce qui s’en étoit séparé. Raccrocher une tapisserie. Se raccrocher à quelqu’un, & à quelque chose ; on se raccroche à un magistrat, quand on a perdu la protection d’un autre. On se raccroche à tout ce qu’on trouve sous sa main, quand on se noye, ou quand on est dans la misere.

RACHALANDER, v. act. (Comm.) remettre une boutique en chalandise, faire revenir les chalans. Voyez Chalans.

RACE, s. f. (Généalog.) extraction, lignée, lignage ; ce qui se dit tant des ascendans que des descendans d’une même famille : quand elle est noble, ce mot est synonyme à naissance. Voyez Naissance, Noblesse, &c.

Madame de Lambert dit dans ce dernier sens, que vanter sa race, c’est louer le mérite d’autrui. Si le mérite des peres rehausse la gloire des enfans qui les imitent, il est leur honte quand ils dégénerent : il éclaire également leurs vertus & leurs vices. C’est un heureux présent de la fortune qu’un beau nom, mais il faut savoir le porter. « Je serai le premier de ma race, & toi peut-être le dernier de la tienne », répondit Iphicrate à Hermodius, qui lui reprochoit la bassesse de sa naissance. Iphicrate tint parole ; il commanda en chef les armées d’Athènes, battit les Thraces, rétablit la ville de Seuthée, & tailla en pieces une bande de lacédémoniens. (D. J.)

Race, (Maréchal.) se dit des especes particulieres de quelques animaux, & sur-tout des chevaux. Les Anglois ne souffrent pas qu’on ait de la race de leurs guilledins. Pour faire race, il faut choisir de bonnes cavales. Cheval de premiere race, est celui qui vient d’un cheval étranger connu pour excellent.

RACHAT, s. m. (Jurisprud.) signifie en général, l’action de racheter quelque chose. Il y a plusieurs sortes de rachats.

Rachat ou remeré, en cas de vente d’un héritage ou autre immeuble, est l’action par laquelle le vendeur rentre dans le bien qu’il avoit vendu, en vertu de la faculté de rachat, qui étoit stipulée dans la vente.

Le domaine du roi, lorsqu’il est aliéné, est sujet à rachat ; cette faculté est toujours sousentendue, & est imprescriptible, de même que le domaine.

Dans les contrats de vente des biens des particu-