Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/87

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termine dans la veine crurale. Voyez Crural, &c.

L’artere crurale étant parvenue dans le jarret, prend le nom d’artere poplitée : cette artere, après avoir jetté différens rameaux dans ces parties, gagne la partie postérieure & supérieure de la jambe, où elle se divise ordinairement en trois branches principales, qui sont la tibiale antérieure, la tibiale postérieure & la premiere. Voyez Tibiale & Premiere.

POPLICAIN, POPULICAIN, POBLICAIN, PUBLICAIN, (Histoire ecclésiastique.) Manichéens : s’ils ont été appellés de ces noms différens, c’est en France ou du-moins dans l’Occident. En Orient, on les nommoit Pauliciens. En 1198, on découvrit en Nivernois quelques Poblicains ; on tira leur chef, nommé Terrie, d’une grotte souterreine où il étoit caché à Corbigni, & il fut convaincu & brûlé. Quelle indignité ? brûlé ! Et pourquoi, malheureux, brûler celui qui ne pense pas comme vous ? Est-ce par le fer & le feu que la vérité veut être défendue ? Si vous craignez que des sentimens ne se répandent ; si vous les croyez dangereux, dites à ceux qui les professent : Prenez ce qui vous appartient, & allez-vous-en. Mais quel droit avez-vous sur leurs femmes, leurs enfans, leurs biens, leur vie, leur liberté, leurs opinions ? En 1160, on tint un concile en Angleterre contre les Poplicains : ils étoient sortis de Gascogne. Il y en avoit en France, en Espagne, en Italie & en Allemagne. Est il donc si extraordinaire que des êtres raisonnables, frappés des vices physiques & moraux de ce monde, ayent le malheur d’y méconnoître la sagesse d’un Dieu, ou la folie de recourir à deux principes, l’un du mal & l’autre du bien ? Si on en avoit usé dans les premiers tems avec les Manichéens, comme vous avez fait avec les Poblicains, vous eussiez privé l’Eglise d’une de ses plus grandes lumieres, S. Augustin qui a professé long-tems le Manichéisme. Sept ou huit ans après le concile de 1160, l’archevêque de Reims découvrit des Poblicains en France.

POPOCATEPEC, (Géog. mod.) montagne de l’Amérique septentrionale, au Méxique : elle jette souvent des flammes, du feu, & de la fumée ; elle est toute couverte de cendres, de pins, de cyprès, de chênes, & sur son sommet il y a de la neige toute l’année ; cependant les champs voisins de cette montagne, sont estimés les plus fertiles de la nouvelle Espagne. (D. J.)

POPOGAIOS, (Hist. nat. Navigation.) les Espagnols du Méxique nomment ainsi un vent qui se fait sentir pendant les mois de Mai, de Juin, & de Juillet, dans la mer du sud, sur la côte de Méxique, dans un espace d’environ quatre-vingt lieues ; il souffle quelquefois pendant trois ou quatre jours sans intermission ; quelquefois il dure pendant huit jours.

POPOLO, (Géog. mod.) petite ville d’Italie, dans l’Abruzze citérieure, sur la Pescara, qu’on y passe sur un pont, à huit milles au nord de Sulmona ; c’est l’ancienne Corfinium. Long. 31. 36. latit. 42. 1. (D. J.)

POPULAGO, s. f. (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond. Le pistil sort du milieu de cette fleur, & devient dans la suite un fruit membraneux qui renferme plusieurs graines recourbées en-bas & réunies en forme de tête ; ces gaînes contiennent des semences le plus souvent oblongues. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Ce genre de plante est nommé communément souci d’eau ou de marais ; en anglois de même, marsh-marygold. Tournefort en compte trois especes, qui ne sont différentes que par des fleurs simples ou doubles, plus grandes ou plus petites.

Le populago à grandes fleurs, flore majore, I. R. H. 273. est une plante dont les feuilles ressemblent à celles de la petite chélidoine ; mais elles sont trois


ou quatre fois plus grandes, de plus longue durée, & larges, arrondies, lisses, légerement crénelées en leurs bords. Il s’éleve d’entre elles des tiges rameuses, portant des fleurs à plusieurs pétales, disposées en roses, de couleur jaune-dorée. Quand ces fleurs sont tombées, il leur succede des fruits composés chacun comme de plusieurs graines recourbées enbas, & entassées en maniere de têtes ; chaque gaîne contient plusieurs semences oblongues. Cette plante croît dans les marais, & paroît avoir une qualité caustique, qui fait que les bestiaux n’en mangent point, quand même ils se trouvent privés d’autres pâturages. (D. J.)

POPULAIRE Etat, (Gouvernement.) L’état populaire est celui où le peuple en corps a la souveraine puissance ; on l’appelle autrement démocratie. Voyez Démocratie.

Deux mots suffiront ici. Dans un état populaire, le particulier regne par la puissance de la loi, & par la liberté des suffrages ; s’il souffre qu’on lui enleve ce double gage de son pouvoir, il anéantit lui-même sa souveraineté ; sa conservation dépend principalement de l’exacte observation des lois. La vertu, c’est-à-dire, l’amour des lois & de la patrie, est le principe de ce gouvernement. Lorsque cette vertu cesse, l’état est déja perdu ; l’ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir, & l’avarice entre dans tous. Si les Romains, disoit Pontius général des Samnites, pouvoient jamais se laisser entamer par l’avarice, & par la corruption, c’est alors que je demanderois à naître : je dompterois bien vîte cette nation, actuellement invincible. Cicéron ajoute sur ce beau mot : puisque Pontius auroit sû si bien dompter les Romains corrompus, j’aime mieux qu’il ait vécu du tems de nos peres que du nôtre. (D. J.)

Populaire, (Hist. Morale, Politique.) on nomme populaires, ceux qui cherchent à s’attirer la bienveillance du peuple. Dans tous les états libres, on s’est toujours défié des hommes trop populaires ; nous voyons que dans les tems de la république romaine, plusieurs citoyens illustres ont été punis pour s’être rendus trop agréables au peuple. Ce traitement paroîtra sans doute injuste, ou trop rigoureux ; mais, si l’on y fait attention, on sentira que dans un état républicain, toute distinction doit faire ombrage ; qu’il est dangereux de montrer au peuple un chef à qui il puisse s’adresser dans ses mécontentemens ; enfin, que comme le peuple n’est point aimable, il faut supposer des vûes secretes à ceux qui le caressent. César n’asservit sa patrie, qu’après avoir épuisé son patrimoine en largesses, & en spectacles donnés aux Romains. Les tyrans les plus odieux qui ont opprimé Rome, ne manquoient pas de se rendre populaires, par les amusemens qu’ils procuroient à un peuple qui leur pardonnoit tous leurs excès, pourvu qu’il eût du pain & des spectacles, panem & circenses.

Populaires, qui concerne le peuple, voyez Commun. La noblesse romaine étoit divisée en deux factions, les grands, optimates, qui étoient étroitement attachés au ministere, au sénat, & par opposition au peuple ; & les populaires, qui favorisoient les droits & les prétentions du peuple. Voyez Optimates.

Populaire, erreur populaire. Voyez Erreur.

Populaire, ou Endémique, ἐνδέμιος, maladies populaires ; ce sont celles qui deviennent communes, & qui courent par-tout ; on les appelle aussi endémiques, ou maladies épidémiques. Voyez Epidémique & Endémique.

Hippocrate a écrit expressément de morbis popularibus ; ces maladies sont sur-tout ordinaires dans l’été, dans le tems des équinoxes, à cause de la quantité des fruits & de la variété des influences de l’air.

Telles sont dans l’été les fievres malignes & in-