Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 13.djvu/86

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de la Champagne & du Gatinois, sur la gauche de l’Yonne qui lui donne son nom, & à 3 petites lieues de la ville épiscopale. Long. 20. 58′. latit. 48. 13′.

Ce lieu n’est pas si moderne qu’on le croit ; car, dans la vie de S. Loup, archevêque de Sens, il y est nommé Pons Syriacus, & dit être à la distance de dix-sept mille pas de la ville de Sens ; de plus, le nécrologe, manuscrit du x. siecle de la cathédrale de Sens, appelle aussi cet endroit Pons Syriacus. (D. J.)

PONTY, (Verrerie.) c’est un terme employé dans les Verreries, lorsque l’on veut parler d’une piece faite sans que l’ouvrier, pour former l’ouverture, ait attaché sa canne au fond de cette piece. Cette manœuvre y laisse plus ou moins de matiere, & toujours une cassure nécessaire pour séparer la piece ; & c’est-là ce qu’on appelle le ponty.

L’usage de faire des vaisseaux avec le fond plat est entierement aboli. Il est assez vraissemblable que la fayance & la porcelaine qui sont devenues si communes en Europe, ont beaucoup contribué à faire disparoître les vaisseaux de verre devenus moins nécessaires ; leur fragilité naturelle en a dégoûté, on leur a préféré des matieres plus solides, & les Verriers ont voulu soutenir leurs manufactures en donnant leurs ouvrages à meilleur marché. Ainsi le ponty s’est établi au point qu’il est devenu général ; cependant il forme dans le vaisseau une inégalité qui le rend plus facile à casser, & qui le met hors d’état de soutenir le feu.

Tout l’art de s’abstenir de faire de ponty, ainsi que les Romains l’ont pratiqué, se réduit à tenir le verre que l’on a commencé à former, avec une espece de tenaille de fer à trois ou à quatre branches. Les Verriers donnent à cet instrument le nom de canne à ressort ; elle est formée par trois ou par quatre lames de fer, dont la largeur est d’un pouce & la longueur depuis un pié jusqu’à trois, suivant le volume de verre que l’on veut exécuter.

L’épaisseur de ces lames ne doit jamais être considérable, mais elle doit toujours être proportionnée à leur largeur, de façon cependant qu’elles soient fléxibles. On sent aisément qu’elles sont soudées à l’extrémité, & appliquées aux quatre faces de la barre. Cette barre qui forme la canne est un peu arrondie, & d’une grosseur proportionnée à la longueur des lames. On se sert donc d’une espece d’anneau de fer pour retenir les vases entre les lames : la figure de cet anneau est conique ; il a quelques lignes d’épaisseur, & sa hauteur est en proportion avec la grandeur de la canne : il doit être fort & bien battu ; on le passe dans la canne, de façon que sa partie la plus large soit du côté des lames pour les mieux serrer & contenir.

La maniere dont on emploie cette canne à ressort est des plus simples. Quand l’ouvrier a soufflé un vase, un autre ouvrier présente la canne à ressort, dont il a écarté les lames ; il embrasse le vase en serrant les lames à la faveur de l’anneau. Quand le vase est bien assujetti, le premier ouvrier prend la canne à ressort, coupe ou sépare celle qui lui a servi à souffler, & rien ne l’empêche de former l’ouverture du vase & de la finir à la maniere ordinaire. Après ce détail, on ne doit pas être surpris de voir des vases de verre quarrées, & sur leurs fonds des cercles tracés en relief. Je dois toutes ces remarques à M. de Caylus, qui les a insérées dans ses Antiq. égypt. étrus. & rom. tome I. (D. J.)

PONZA, l’île, (Géog. mod.) les François disent Ponce, île de la mer méditerranée, sur la côte d’Italie, à l’entrée du golfe de Gaëte. Elle est située environ 25 milles au sud-sud-ouest du mont Cercello ; elle appartient au duché de Parme, & a environ 12 à 15 milles de tour. Long. 30. 40. latit. 40. 58.

POOL, (Géog. mod.) petite ville d’Angleterre


dans le Dorsetshire, à 25 lieues au sud-ouest de Londres : elle envoye deux députés au parlement. Il y a un fort beau port presque environné d’un bras de mer. La marée y monte & descend quatre fois en vingt-quatre heures. Long. 15. 47′. latit. 50. 45′.

POPA ou POPE, s. m. (Hist. anc. antiq. rom.) ministre qui égorgeoit les victimes dans les sacrifices après qu’elles étoient assommées. L’office de ces ministres consistoit encore à fournir les victimes nécessaires. Ils portoient une espece de couronne sur la tête, mais ils étoient à demi-nuds, ayant les épaules, les bras & le haut du corps découvert jusqu’au nombril, le reste du corps étoit couvert jusques à demi-jambes d’un tablier de toile ou de peaux des victimes ; c’est ainsi du-moins qu’ils étoient dépeints dans la colonne trajane. Il y a cependant d’autres figures anciennes, qui les représentent avec une aube pendante depuis les aisselles, & retroussée pour loger leur coutelas.

Le tablier qui les couvroit jusqu’à mi-jambe s’appelloit limus, parce qu’il y avoit au bas une bande de pourpre qui étoit cousue en serpentant ; c’est ce que nous apprenons de Servius. Limus, dit-il, vestis est quâ ab umbilico usque ad pedes teguntur pudibunda poparum : hæc autem vestis in extremo sui, purpuram limam, id est flexuosam habet : unde & nomen accepit, nam limum obliquum dicimus. (D. J.)

POPAYAN, le, (Géog. mod.) province de l’Amérique méridionale au nouveau royaume de Grenade, entre l’audience de Panama, celle de Quito & la mer du sud. Balalcaçar, espagnol, la découvrit en 1536. Il y a de riches mines d’or, & de pierres précieuses ; on en tire aussi du baume, du sang de dragon, de l’agate & du jaspe. Les sauvages qui habitent cette province sont grands ennemis des Espagnols, & presque toujours en guerre avec eux.

Popayan, (Géog. mod.) ville de l’Amérique méridionale au royaume de la nouvelle Grenade, capitale de la province de même nom, à une lieue de la riviere de Cauca. C’est le siege d’un évêque suffragant de Santa-Fé, & la résidence d’un gouverneur ; On y compte environ vingt mille ames, parmi lesquelles se trouvent plusieurs familles issues de grandes maisons d’Espagne. L’abondance des mines d’or des environs y attire beaucoup de monde, & à mesure que les autres établissemens s’affoiblissent, Popayan se peuple de plus en plus, malgré les tremblemens de terre qui y sont fréquens. Une grande partie de la ville fut renversée le 2 Février 1735. Long. 304. 30. latit. 2. 28.

POPERINGUE, (Géog. mod.) bourg de France en Flandres, dans la châtellenie de Cassel, & à 2 lieues d’Ypres. Poperingue est un lieu ancien, qui s’appelloit autrefois en latin du moyen âge Pupurnengahemum ; c’est maintenant un gros bourg tout ouvert, qui vaut mieux que bien des villes, puisqu’on y compte environ deux mille habitans. La moitié de son territoire est en bois & en houblon, & le reste est en terres labourables. Long. 20. 32. latit. 50. 51.

POPFINGEN, (Géog. mod.) petite ville impériale dans la Suabe, sur l’Eger, à 3 lieues de Dunckespeil. (D. J.)

POPLITÉ ou JARTIER, s. m. (Anatomie.) c’est un muscle qui vient de la partie postérieure & inférieure du condile externe du fémur, & passant obliquement sur l’articulation, va s’insérer à la partie supérieure & postérieure du tibia. Voyez Jambe.

Poplitée, adj. en Anatomie, est un nom que l’on donne à une artere & à une veine de la jambe. Voyez Veine.

La veine vient du talon, où elle se forme de plusieurs branches qui viennent tant du talon que de la cheville du pié. Elle s’enfonce assez profondément dans le muscle ; & montant jusqu’au jarret, elle se