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Table des réfractions des corps célestes à leurs différens degrés d’élévation.
Haut. Réfact. Haut. Réfact. Haut. Réfact. Haut. Réfact. Haut. Réfact. Haut. Réfact.
0 32′ 0″ 16 3′ 26″ 31 1′ 51″ 46 1′ 9″ 61 0′ 40″ 76 0′ 18″
1 26 35 17 3 23 32 1 47 47 1 7 62 39 77 17
2 20 43 18 3 12 33 1 43 48 1 6 63 37 78 15
3 15 44 19 3 1 34 1 40 49 1 4 64 35 79 14
4 12 26 20 2 51 35 1 36 50 1 2 65 33 80 12
5 10 26 21 2 44 36 1 33 51 1 0 66 32 81 11
6 9 8 22 2 38 37 1 30 52 0 58 67 31 82 10
7 71 1 23 2 31 38 1 27 43 56 68 30 83 8
8 7 1 24 24 39 1 24 54 54 69 28 84 7
9 6 17 25 2 18 40 1 22 55 52 70 26 85 6
10 5 41 26 2 12 41 1 19 56 50 71 25 86 4
11 5 11 27 2 7 42 1 17 57 48 72 27 87 3
12 4 46 28 2 3 43 1 15 58 46 73 23 88 2
13 4 25 29 1 59 44 1 13 59 44 74 21 89 1
14 4 7 30 1 55 45 1 11 60 42 75 20 90 0
15 3 51


M. Bouguer a depuis perfectionné cette table. Voyez les mémoires de l’académie de 1739 & 1749.

Tycho Brahé veut que les réfractions du soleil s’évanouissent à la hauteur de 46d ; celles de la lune à celle de 45d, & celles des étoiles fixes à 20d : mais Cassini a trouvé qu’elles s’étendent jusqu’assez près du zénith. Tycho fait les réfractions beaucoup plus petites qu’elles ne le sont en effet, si l’on en excepte l’horisontale qu’il a faite trop forte ; car il fait celle-ci de 34′ dans le soleil, de 33′ pour la lune & de 30′ pour les étoiles fixes. De la Hire & Cassini la font de 32′ pour tous les corps célestes. Tycho fait la réfraction du soleil à la hauteur de 33d de 55″ ; au-lieu qu’elle n’est, suivant Cassini que de 1′ 43″.

La réfraction diminue les ascensions droites & obliques d’un astre, & augmente ses descensions : elle augmente la déclinaison septentrionale, & diminue la meridionale. Voyez Ascension, Descension, &c.

La réfraction dans la région orientale du ciel diminue la longitude d’un astre, mais elle l’augmente dans la région occidentale, elle diminue la latitude méridionale, & augmente la septentrionale. Voyez Longitude & Latitude.

La réfraction n’est donc point à négliger dans l’Astronomie ; & elle est absolument nécessaire pour déterminer avec précision les phénomenes des mouvemens célestes ; & il ne faut point s’étonner que les anciens astronomes, qui n’y faisaient aucune attention, soient tombés dans un grand nombre d’erreurs. Voyez Astronomie.

Observer la réfraction d’un astre. 1°. Observez sa hauteur méridienne lorsqu’il sera près du zénith ; la latitude du lieu étant connue, il sera facile d’avoir sa déclinaison, l’astre n’ayant pour lors aucune réfraction sensible. Voyez Déclinaison.

2°. Observez la hauteur du même astre dans quelqu’autre degré, & marquez-en le tems au moyen d’une pendule bien réglée. 3° Calculez sa véritable hauteur pour le tems donné par le moyen de sa déclinaison. Voyez Hauteur.

L’ayant trouvée moindre que la hauteur observée, il ne faut plus que retrancher l’une de l’autre pour avoir la réfraction que l’on cherche.

Nous avons remarqué ci-dessus que les anciens n’avoient aucun égard à la réfraction dans les calculs astronomiques ; mais il paroît qu’on n’en ignoroit point la cause dès le xj. siecle. On peut voir ce qui est dit sur ce sujet dans l’optique de Alhayfen, auteur arabe, qui a composé aussi un traité sur les crépuscules. Vitellion écrivit ensuite sur le même sujet ; & cepen-


dant ni lui, ni Copernic, ni plusieurs autres n’ont pas jugé à propos d’en tenir compte dans les observations astronomiques, soit parce qu’ils n’ont pu parvenir à en trouver la quantité, soit parce qu’elle n’étoit pas encore assez connue vers l’horison. Tycho Brahé y réussit efin ; mais il a supposé que les réfractions cessoient à environ 45 degrés de hauteur, comme l’on a déja remarqué ci-dessus : en quoi il se trompa ; car à 45 degrés elles sont encore d’une minute. Le premier qui a publié quelques observations sur les réfractions a été Bernard Walterus de Nuremberg, & néanmoins ni lui, ni ses successeurs n’en ont fait aucun usage pour corriger les hauteurs méridiennes. M. Cassini détermina les réfractions premierement avec un gnomon de 80 piés de hauteur ; ensuite par d’autres observations faites avec des quarts de cercles & de sextans garnis de lunettes. Car après l’appareil extraordinaire, & les sommes presqu’immenses que Tycho avoit employées à construire les instrumens les plus parfaits, il n’auroit guere été possible, sans la regle dont nous venons de parler, ou sans la découverte qui se fit bien-tôt après des lunettes qu’on appliqua aux quarts de cercles, de parvenir à s’assurer s’il y avoit effectivement 1′ de réfraction à la hauteur du pole d’Uranibourg. Aussi ne doit-on pas être surpris si la table de M. Cassini ne fut pas d’abord adoptée ; mais au retour d’un voyage fait à l’île de Cayenne par M. Richer en 1672, la réfraction d’une minute à la hauteur du pole fut généralement reconnue ; & après quelques légeres corrections, M. Cassini a publié la table dont on se sert encore aujou d’hui. Cette table est assez conforme aux moindres réfractions d’hiver. Dans ce tems-là M. Ricard s’apperçut aussi, en observant d’abord le soleil à Paris, & ensuite au cap de Sette, que les réfractions horisontales étoient variables & inconstantes. On remarqua de plus que les observations faites en l’île de Cayenne, presque au milieu de la zone torride, donnoient de plus petites réfractions qu’en France proche de l’horison ; car on les y a soupçonnées être les deux tiers & un peu plus de celles de notre climat. Ces deux dernieres découvertes n’ont point été reçues dans ces derniers tems, soit qu’on les ait négligées ou autrement ; jusqu’à ce que la matiere ayant été traitée avec plus de soin pendant les deux voyages faits au Nord & au Pérou, il a été constaté par des observations décisives que les réfractions étoient plus petites pendant l’été, comme on peut s’en convaincre par ce qui est rapporté dans le volume de l’académie de 1739, & dans l’histoire céleste de M. le Monnier. M. Bouguer nous a donné une table des réfractions, construite sur les ob-