Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/251

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dantes ; le germe du pistil est arrondi, le stile est simple & a la longueur des étamines ; le stile du pistil est obtus, la capsule contenue dans le centre du calice, est composée de quatre valvules, & contient quatre loges pleines de semences arrondies ; dans quelques especes de ce genre de plante, le calice est lisse & uni, dans d’autres il a quelques filets chevelus rangés en maniere d’étoile. Linæus, gen. plant. p. 161. Plukenet. Gronovius. (D. J.)

RHEXIS ou Rhegma, s. f. terme de Chirurgie, dérivé du grec, qui signifie rupture, & que les oculistes ont employé pour désigner l’œil crevé ou rompu ; cet accident est l’effet d’une plaie ou d’un coup violent qui en déchirant le globe de l’œil, cause l’écoulement des humeurs qui y sont contenues. La chirurgie, dans un cas si triste, ne peut que remédier aux désordres qui accompagnent ou qui suivent cette blessure ; calmer l’inflammation, appaiser la douleur, resoudre le sang extravasé, procurer la suppuration des membranes coupées, dechirées, ou contuses, mondifier ensuite & cicatriser l’ulcere ; voilà à quoi le chirurgien doit s’occuper, & tels sont les objets de ses soins.

Les saignées, le régime, & les lotions émollientes résolutives, préviendront l’inflammation, calmeront celle qui seroit survenue, & appaiseront la douleur. Les auteurs recommandent le sang de pigeon coulé dans l’œil, comme un excellent remede ; je n’en ai jamais vu que de mauvais effets ; le lait dans lequel on a fait infuser du safran, donne un reméde très-adoucissant & calmant ; pour faire suppurer la cornée, on en touche la plaie avec la frange d’une plume trempée dans du lait de femme, dans lequel on a délayé un jaune d’œuf frais avec un peu de safran ; lorsque l’inflammation est diminuée, on met en usage pour resoudre le sang extravasé, des compresses appliquées chaudement sur tout l’œil & les parties voisines, & trempée dans une décoction d’absynthe, d’hyssope, de camomille & de melilot, faite dans le vin ; si la quantité du sang extravasé faisoit craindre sa corruption, on employeroit l’esprit de vin camphré ; lorsque la suppuration diminue & qu’il est question de passer des remedes dont nous avons parle plus haut pour la favoriser, aux cicatrisans, on se sert des collyres secs dont nous avons parlé pour les ulceres de l’œil. Voyez Argemon. (Y)

RHIGIA, (Géog. anc.) ville de l’Hibernie ; elle est placée par Ptolomée liv. II. c. ij. dans la partie orientale de l’île, mais dans les terres près de Rhoeba. Le même auteur place dans le même quartier, une autre ville qu’il nomme Rhygia altera, & il la marque entre Macolicum & Dunum. Mercator donne présentement à cette derniere le nom de Limburg ; & Cambden veut que ce lieu soit appellé Reglis dans la vie de S. Patrice, & que ce soit ce qu’on appelle communément le purgatoire de S. Patrice. (D. J.)

RHIGODUNUM, (Géog. anc.) ville de la grande Bretagne. Ptolomée l. II. c. iij. la donne aux Brigantes, & la place entre Isurium & Olicana. On croit que c’est présentement Rippon. (D. J.)

RHIN, s. m. (Mythol.) Les anciens Gaulois honoroient ce fleuve comme une divinité. On dit que lorsqu’ils soupçonnoient la fidélité de leurs femmes, ils les obligeoient d’exposer sur le Rhin les enfans dont ils ne se croyoient pas les peres, & si l’enfant alloit au fond de l’eau, la mere étoit censée adultere ; si au contraire il surnageoit, le mari persuadé de la chasteté de son épouse, lui rendoit sa confiance & son amour. L’empereur Julien de qui nous apprenons ce fait, ajoute que ce fleuve vengeoit souvent par son discernement l’injure qu’on faisoit à la pureté du lit conjugal. (D. J.)

Rhin, le (Géog. mod.) le grand fleuve qui prend ses sources dans la Suisse, aux monts S. Gothard,


S. Barnabé, & S. Bernardin, doit s’écrire Rhein. Voyez Rhein.

Mais on connoit une petite riviere d’Allemagne, qui s’appelle & s’écrit le Rhin ; cette riviere a sa source aux confins du Mecklenbourg ; elle traverse le comté de Ruppin, & finit par se perdre dansHavel.

RHINANTUS, s. m. (Botan.) genre de plante ainsi nommé par Linnæus, & dont voici les caracteres. Le calice particulier de la fleur est arrondi, un peu comprimé, & composé d’une seule feuille divisée en quatre quartiers à l’extrémité. Ce calice subsiste & ne tombe qu’avec la fleur. La fleur est du genre des labiées, & monopétale ; son tube est de la longueur du calice, ouvert dans les bords, & comprimé à la base ; la levre supérieure est découpée & étroite ; la levre inférieure est large, applatie, obtuse, légérement découpée en trois segmens, dont celui du milieu est un peu plus large que les autres. Les étamines sont quatre filets de la longueur de la levre supérieure de la fleur sous laquelle ils sont cachés. Les bossettes des étamines sont chevelues, & fendues en deux. Le germe du pistil est ovale & comprimé ; le stile est fort délié, & a au moins la longueur des étamines ; le stygmat est obtus & pendant. Le fruit est une capsule droite, orbiculaire, un peu applatie, composée de deux battans, & partagée en deux loges. Les semences sont nombreuses, plates, & sortent à l’ouverture de la capsule dans les côtés. Linnæi, gen. plant. p. 282. (D. J.)

RHINOCEROS, s. m. (Hist. nat. Ornith.) corvus indicus cornutus ; oiseau des Indes auquel on a donné le nom de rhinoceros, parce qu’il a le bec conformé de façon qu’il semble être composé de deux becs, dont l’un est relevé en haut en maniere de corne. Il y a plusieurs especes de rhinoceros à en juger par les becs. Willughbi a donné la figure de trois becs de rhinoceros, qui sont très-différens les uns des autres par leur forme. On ne connoît de cet oiseau que le bec ; c’est la seule partie que les voyageurs aient apportée.

Rhinoceros, Pl. I. fig. 2. (Hist. nat. Zoolog.) animal quadrupede qui a environ six piés de hauteur depuis terre jusqu’au-dessus du dos, douze piés de longueur depuis le bout du museau jusqu’à la queue, & douze piés de circonférence à l’endroit le plus gros du corps. Sa peau est d’un gris tirant sur le noir, comme celle des éléphans, mais plus rude & plus épaisse ; elle est très raboteuse, & couverte de petites éminences par-tout, excepté au col & à la tête ; elle forme de grands plis au col, sur le dos, aux côtés & aux jambes ; il n’y a de poils qu’aux oreilles & à la queue. Les yeux sont très-petits ; les oreilles ressemblent à celles d’un cochon ; la levre supérieure est plus longue que l’inférieure, & pointue ; l’animal l’alonge & la raccourcit à son gré ; il s’en sert comme d’un doit pour tirer le foin du ratelier, & pour brouter l’herbe ; le nez forme avec cette levre une sorte de groin. Aussi a-t-on dit que le rhinoceros ressembloit à l’extérieur en partie au sanglier, & en partie au taureau ; il a une corne sur le nez, & quelquefois deux, selon plusieurs auteurs ; la corne est placée entre les narines & les yeux ; l’animal s’en sert comme le sanglier de ses défenses. La queue n’a que deux piés de longueur ; les piés du rhinoceros ont chacun trois doigts ongulés ; c’est-à-dire terminés par des sabots & non par des ongles. Le rhinoceros devient furieux lorsqu’il est irrité ; il a assez de force pour se battre contre l’éléphant. Il court très-vite, mais toujours en droite ligne comme le sanglier ; on l’évite aisément en s’écartant à droite ou à gauche. On trouve des rhinoceros dans les deserts de l’Afrique & dans les royaumes de Bengale & de Patane en Asie. On dit qu’il a deux langues, ou plûtôt une langue double, dont une partie lui sert à manger, & l’autre, à la déglutition. Voyez Quadrupede.