Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/253

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tie, sur la côte du golfe auquel elle donnoit son nom, & que l’on appelloit Rhizonicus sinus. Strabon, l. VII. p. 314. Etienne le géographe, & d’autres auteurs, nomment cette ville Rhiron ; c’est à ce que croit Simler, la même ville qui est appellée Birziminium dans l’itinéraire d’Antonin. Le nom moderne est Rizano, Rizine, ou Rezina. (D. J.)

RHIZON, (Géog. anc.) fleuve de l’Illyrie, dont Polybe & Etienne le géographe font mention. (D. J.)

RHIZOPHORA, s. f. (Histoire nat. Botan.) nom donné par Linnæus au genre de plante qui est décrit par le pere Plumier sous le nom de mangles : en voici les caracteres. Le calice particulier de la fleur est droit, composé d’une seule feuille divisée en quatre segmens oblongs. La fleur est pareillement droite, composée d’un pétale divisé en quatre segmens, & est plus courte que le calice. Les étamines sont douze filamens droits, & graduellement plus courts les uns que les autres ; les bossettes des étamines sont fort petites. Le germe du pistil est en pointe aiguë ; le stile paroit à peine. Le stigmat est pointu ; le réceptacle est ovale, devient charnu, & contient la base de la graine ; la semence est unique, longue, faite en massue, mais pointue au bout. Il y a des variétés dans le nombre des étamines ; cependant elles sont toujours entre huit & douze. Linnæi, gen. plant. p. 207. Plum. gen. 15. hort. malab. vol. VI. pag. 31. & 32. (D. J.)

RHIZUS, (Géogr. anc.) ville de Thessalie, sur la côte, selon Strabon, liv. IX. pag. 443. & Etienne le géographe. Rhizus est encore le nom d’un port de la Cappadoce, au-dessus de Trébizonde, selon Ptolomée, liv. V. ch. vj. qui le place entre la ville Pitiusa & le promontoire d’Athènes. Procope, au troisieme livre des édifices, ch. vij. dit que l’empereur Justinien fit bâtir, dans le pays de Risée, qui est au-delà des limites de Trébizonde, un fort si considérable, qu’il n’y avoit point de fortifications semblables dans les villes voisines des Perses. Le port de Rhizus s’appelle aujourd’hui Erisse, selon Lunclavius. (D. J.)

RHOBCGDIUM, (Géog. anc.) promontoire de l’Hibernie, dans sa partie septentrionale, selon Ptolomée, liv. II. ch. ij. Cambden croit que c’est présentement le cap Fair-Forland. Ptolomée place dans le même quartier des peuples qu’il nomme Robogdii. (D. J.)

RHODA, (Géog. anc.) ville de l’Espagne tarragonoise, chez les Idigetes, selon Etienne le géographe. Cette ville bâtie par les Rhodiens, est sur le bord d’un fleuve qui tombe des Pyrénées, & qui est appellé Ticer par Pomponius Mela, & Tichis par Pline. Caton campa dans cet endroit avec son armée, selon Tite-Live, liv. XXXIV. ch. viij. C’est aujourd’hui la ville de Roses, & le nom latin de ses habitans est Rhodenses. Grutter en cite l’inscription suivante :

Q. Egnatulo. Q. Fr. Equo. Pub. Don. Ab. Ælio, Hadriano. Coes. Nervæ Trajani Fr. Rhodenses Ob. Plurim. Liberal. & Multa in Remp. S. Benefac. Equest. & Marmore Statuam, pro Æde Minervæ Constituer.

Il y avoit encore une ville du nom de Rhoda dans la Gaule narbonnoise, Pline, liv. III. ch. iv. qui en parle, fait entendre qu’elle ne subsistoit plus de son tems : elle avoit été bâtie par les Rhodiens, sur le bord du Rhône, fleuve auquel elle a donné son nom, selon S. Jérôme, in prolog. epist. ad Galat. Marcien d’Héraclée appelle cette ville Rhodanusia. (D. J.)

RHODE, (Géog. anc.) fleuve de la Sarmatie européenne, que Pline, liv. IV. ch. xij. met au voisinage de l’Axiaces. Le pere Hardouin croit que c’est le fleuve Agarot de Ptolomée ; mais il est plus vraissemblable que c’est le Sagaris d’Ovide, aujourd’hui le Sagre. (D. J.)

Rhodes, bois de, (Hist. nat. Botan. exot.) on trouve sous ce nom, chez les droguistes curieux, un bois


jaunâtre pâle, qui devient roux avec le tems, qui est gros, dur, solide, tortueux, parsemé de nœuds, gras, résineux, & ayant une odeur de roses ; c’est par cette raison qu’on le nomme encore bois de rose, on l’appelle aussi bois de Cypre, parce qu’on pensoit qu’il venoit de l’île de Cypre ; mais on ne le reçoit aujourd’hui d’aucune de ces deux îles.

Anguillara, suivi par Mathiole, prétend que c’est le bois du cytise de Marantha, c’est à-dire du cytise appellé cytisa imanus, siliquâ falcatâ, C. B. mais ce qui s’oppose à cette conjecture, c’est qu’il n’a pas la moindre odeur de cytise.

Enfin comme le bois de Rhodes nous vient de la Jamaïque & des îles Antilles, nous sommes à-présent au fait de son origine & de sa connoissance ; ou plutôt nous recevons d’Amérique deux bois différens sous la même dénomination de bois de Rhodes.

Le fameux chevalier Hans-Sloane a décrit très exactement le bois de Rhodes de la Jamaïque. Il le nomme lauro affinis, terebenthi folio alato, ligno odorato, candido flore albo, catal. plant. jamaic.

Le tronc de cet arbre est de la grosseur de la cuisse, couvert d’une écorce brune, tantôt plus claire, tantôt plus obscure, garni quelquefois de plusieurs épines courtes ; il s’éleve à la hauteur de vingt piés, & est chargé de rameaux vers la terre. Le bois de ce tronc est blanc en-dedans, solide, d’une odeur très agréable & pénétrante, & il a beaucoup de moëlle.

Les feuilles qui naissent sur les rameaux sont aîlées, composées de trois, de quatre, ou de cinq paires de petites feuilles, écartées les unes des autres d’un demi-pouce, & rangées sur une côte terminées par une paire de mêmes petites feuilles ; chaque petite feuille est lisse, d’un verd obscur, arrondie, longue d’environ un pouce, & de trois quarts de pouce dans la partie la plus large.

Les fleurs naissent à l’extrémité des rameaux ; elles sont blanches, par bouquets, semblables à celles du sureau, composées de trois pétales épais, & de quelques étamines placées dans le centre ; chacune de ces fleurs donne un fruit de la grosseur d’un grain de poivre, dont la peau est mince, seche, & brune ; ce fruit s’ouvre en deux parties, & renferme une graine ronde, noire, dont l’odeur approche de celle des baies de laurier : on trouve cet arbre dans les forêts remplies de cailloux, & dans celles qui sont sur les montagnes de la Jamaïque.

Les pere Dutertre & M. de Rochefort, ont décrit l’un & l’autre sur les lieux le bois de rhodes des îles Antilles. Cet arbre s’eleve fort haut & fort droit ; ses feuilles longues comme celles du châtaignier ou du noyer, sont blanchâtres, souples, molles, & velues d’un côté. Ses fleurs qui sont aussi blanches, & d’une odeur agréable, croissent par bouquets, & sont suivies d’une petite graine noirâtre & lisse ; le bois au-dedans est de couleur de feuille morte, & différemment marbré, selon la différence des territoires où l’arbre a pris naissance. Ce bois reçoit un poli admirable, & l’odeur qu’il exhale quand on le met en œuvre ou qu’on le manie, est douce & agréable.

On emploie ce bois de Rhodes des Antilles dans les ouvrages de marqueterie, de tour, & à faire des chapelets. Réduit en poudre, on le mêle parmi les pastilles ; les barbiers en parfumoient autrefois l’eau dont ils faisoient la barbe, & la Médecine même le faisoit entrer dans des remedes.

Les Hollandois en tirent par la distillation une huile blanche, pénétrante, & fort odorante, que l’on vend sous le nom d’oleum rhodium, & que l’on emploie souvent dans ces baumes que l’on nomme apoplectiques, céphaliques, & qui ne sont autre chose que des baumes échauffans. Les parfumeurs se servent aussi de cette huile de rhodes. Cette huile nouvelle est assez semblable à l’huile d’olive ; mais