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il faut dire piece de village. Voici les principales regles de ce jeu.

Celui qui en donnant les cartes en retourne une de celles de sa partie adverse, est marqué de trois jetons de sa partie ; mais de rien si la carte est pour lui ou pour son compagnon.

S’il se trouve des cartes retournées dans le jeu, & que les joueurs s’en apperçoivent, on marquera trois jetons pour celui qui fait.

Qui manque à donner de la même maniere qu’il a commencé, est marqué de trois jetons, & le coup se joue.

Celui qui donne six cartes au-lieu de cinq, marquera trois jetons, & en ôtera une au hasard, qu’il remettra au talon ; puis continuera de donner comme auparavant.

Qui joue devant son tour releve sa carte, & est marqué de trois jetons ; celui qui renonce à la couleur qu’on lui jette, en ayant, perd la partie.

Celui qui compteroit des jeux qu’il n’auroit pas, perdroit la partie, si l’on s’en appercevoit.

Qui joue avec six cartes ou plus, perd la partie.

Qui se démarqueroit d’un jeton de plus qu’il ne feroit perd la partie.

Celui qui accuseroit trois marques qu’il n’auroit pas, n’importe par quel motif, perdroit la partie.

ROMETTA, (Géog. mod.) petite ville de Sicile, dans la vallée de Démona, à 6 milles de Messine, sur une montagne.

ROMNEY, (Géog. mod.) ou Rumney, bourg à marché d’Angleterre, dans la province de Kent, sur une élévation assez considérable de gravier & de sable. C’est un des cinq ports du royaume, & qui étoit fort bon & fort fréquenté avant que la mer eût détourné l’embouchure de la Rother. Depuis ce tems-là, Romney a beaucoup perdu de son premier lustre ; il a cependant encore cinq églises paroissiales, un prieuré, & un hôpital ; il a aussi conservé l’honneur d’envoyer ses députés au parlement. Long. 18. 42. lat. 50. 56. (D. J.)

ROMONT, (Géog. mod.) ville de Suisse, dans le canton de Fribourg, avec titre de comté, à six lieues de Berne, & à cinq de Fribourg. C’est la plus jolie ville du canton, après la capitale. Elle fut bâtie ou fortifiée par Pierre de Savoie dans le xiij. siecle, lorsqu’il se fut rendu maître du pays de Vaud. On la nomma Rondemont à cause de sa situation sur une petite montagne ronde, & qui domine de tous côtés. Le duc Charles jouit du pays de Vaud, & de celui de Romont jusqu’à l’an 1536, que les Bernois alliés des Génévois, attaqués par le duc, conquirent le pays de Vaud ; les Fribourgeois qui n’étoient pas en guerre avec ce prince, prirent le comté de Romont, de crainte que les Bernois ne s’en saisissent. Ils en ont toujours joui depuis ce tems là ; & comme la maison de Savoie n’a pas pu en obtenir la restitution, les ducs se sont contentés de prendre le vain titre de comte de Romont, & de seigneurs de Vaud. La ville a aujourd’hui des foires fort fréquentées. Long. 25. lat. 46. 48. (D. J.)

ROMORANTIN, (Géog. mod.) ville de France, au Blesois, & la principale de la Sologne, au confluent d’un petit ruisseau appellé Morantin, & de la riviere de Sandre, à 16 lieues au levant de Tours, & à 42 de Paris, avec un vieux château & une collégiale. On fabrique dans cette ville beaucoup de serges & de draps pour l’habillement des troupes. Deux choses contribuent à cette fabrique, une terre qui se trouve aux environs, & les eaux de la petite riviere de Rere, qui sont ensemble très-propres au dégraissage des laines. Comme le roi François I. avoit fait dans sa jeunesse quelque séjour à Romorantin, & que la reine Claude sa femme y étoit née, il accorda quelques privileges à cette ville, qui furent


annullés par Henri IV. Long. 19. 20. latit. 47. 18.

La prétendue possédée nommée (Marthe) Brossier, qui fit tant de bruit en France sur la fin du xvj. siecle, étoit fille d’un tisserand de Romorantin, & naquit dans cette ville. Elle choisit l’église de sainte Génevieve à Paris pour la scene de sa comédie. Les capucins l’exorciserent, & déclarerent qu’elle étoit démoniaque. Les plus célebres médecins de Paris furent commis par l’évêque à l’examen de cette affaire. Marescot l’un d’eux saisit la possédée à la gorge dans la chapelle même, & lui commanda de s’arrêter. Elle obéit, en alléguant pour excuse que l’esprit l’avoit alors quittée. Les exorcismes furent répétés une seconde fois, & la Brossier voyant Marescot venir à elle pour la colleter, s’écria que lui, Riolan & Hautin se mêlassent de leur médecine, & se retirassent comme des profanes ; ils furent obligés d’obéir, & pour lors elle se jetta à terre, & fit, selon sa coutume, le diable à quatre. Enfin les médecins se trouverent partagés d’avis, & le plus grand nombre attesta qu’il y avoit une véritable possession dans Marthe. Comme cette affaire partageoit tous les esprits, le parlement s’en mêla, & ordonna, en 1599, au prevôt de mener Marthe Brossier à Romorantin, avec défenses au pere de la laisser sortir de sa maison. Ainsi le diable fut condamné par arrêt, à ce que dit du Chêne.

Mais Romorantin a produit un homme illustre parmi les Protestans ; c’est Claude Pajon, qui naquit dans cette ville en 1626. Il a mis au jour plusieurs ouvrages, & en particulier celui qui est intitulé, examen des préjugés légitimes contre les Calvinistes. Cet ouvrage parut en 1673 en 3 vol. in-12, & est fort estimé des Protestans. L’auteur mourut près d’Orléans en 1685, âgé d’environ 60 ans. Il possédoit très-bien l’art de raisonner, ainsi que les langues greque & hébraïque. (D. J.)

Romorantin, édit de, (Droit françois.) édit donné en 1560 sous François II. Cet édit, qui attribue aux évêques la connoissance de l’hérésie, & l’interdit aux cours du parlement, ne fut enregistré qu’avec peine, & avec des modifications par rapport aux laïcs, à qui la cour réserve le droit de se pourvoir devant le juge royal. On a prétendu que le chancelier de l’Hôpital n’avoit donné cet édit, que pour éviter un bien plus grand mal, qui étoit l’établissement de l’inquisition. Henault. (D. J.)

ROMPEIZ, s. m. (Jurisprud.) quasi terræ rumpendæ, terme de la coutume de Nevers, pour exprimer des terres nouvellement cultivées, dont il n’y avoit ni vestige, ni mémoire de culture. Nevers, tit. 12. art. 6. Voyez Coquille sur cet article (A)

ROMPRE, BRISER, CASSER, (Synonymes.) ces mots sont quelquefois également bons dans le propre. On dit fort bien, par exemple, briser, casser, rompre un pot, un verre, une porte, &c.

Briser, signifie proprement, rompre en plusieurs pieces ; ainsi quand une chose n’est rompue qu’en deux, on ne dit point qu’elle est brisée, mais qu’elle est rompue, ou cassée.

Briser se dit aussi pour froisser, comme j’ai le corps tout brisé. Rompre est aussi fort bon dans le même sens. On dit au propre, casser la tête à quelqu’un, pour dire, lui casser la tête à coups de mousquet, ou de pistolet.

On dit, rompre un criminel sur la roue.

On dit, en matiere de tournois, rompre une lance, rompre la lance ; ils rompirent deux lances, trois lances.

Ces verbes ne s’employent presque jamais indifféremment au figuré. On dit J. C. a brisé les portes de l’enfer.

Casser se dit pour annuller, invalider ; casser un testament, un contrat, une Sentence, &c. Il se dit aussi pour licentier : casser des troupes, &c. Se casser