Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/433

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


on se sert de celle qui paroît convenir le mieux par sa figure, suivant la position de la dent qu’on veut nettoyer. Voyez fig. 5. Pl. XXV.

Les rugines dont on se sert pour découvrir les os, examiner leur félure, ou en ôter la carie, sont longues de cinq à six pouces. Leur lame tranchante tout-au-tour, & taillée aussi en biseaux, est plus grande que celle des précédentes. Elle a un pouce de longueur sur six lignes ou environ de largeur. Il y en a de quarrées, de pointues par un bout, arrondies par l’autre, de triangulaires, &c. Voyez les fig. 2. & 3. Pl. XVI. (Y)

RUGIR, RUGISSEMENT, (Gram.) termes qui désignent le cri des lions. Le lion rugit d’amour & de fureur. Qui est-ce qui a entendu le rugissement du lion sans frémir ?

RUGIUM, (Géog. anc.) ville de la Germanic, dans sa partie septentrionale, selon Ptolomée, l. II. c. xj. qui la place dans les terres, entre Viritium & Scurgum. On ne sait pas la juste position de cette ville : les uns la prennent aujourd’hui pour Holmburd ; d’autres pour Camin, & d’autres pour Rugewolde. (D. J.)

RUGLEN ou RUGLAN, (Géog. mod.) ville d’Ecosse, dans la province de Cluydsdale, sur la Cluyds, à trois milles de Glascow, & vis-à-vis. Long. 13. 34. lat. 56. 19.

RUGUSCIENS, les, (Géog. anc.) Rugusci, selon Pline, l. III. c. xx. & Riguscæ, selon Ptolomée, l. II. c. xij. peuples de la Rhétie, dans la partie septentrionale. Ils habitoient les pays connus aujourd’hui sous les noms de Rheithal & de Reingow. (D. J.)

RUIER ou ROYER, s. m. (Jurisprudence.) est la même chose ; quelques coutumes, comme celles de S. Piat, de Seclin sous Lille ; celles de Béthune & de Lillers sous Artois, appellent ruyer le seigneur voyer. Voyez Voyer. (A)

RUILER, v. act. (Charpent.) c’est faire des repaires pour dresser toutes sortes de surfaces & de plans. (D. J.)

RUILLÉE, s. f. (Maçonn.) enduit de plâtre ou mortier, que les couvreurs mettent sur les tuiles ou l’ardoise, pour les raccorder avec les murs, ou les jouées de lucarne.

RUINE, s. f. (Gram.) décadence, chûte destruction ; les ruines sont belles à peindre. Sans le crime il n’y auroit point de poëmes épiques, point de tragédie ; sans le ridicule & le vice, point de comédie. La ruine de cet homme ; la ruine de ma fortune.

Ruines, s. f. pl. (Archit.) ce sont des matériaux confus de bâtimens considérables dépéris par succession de tems. Telles sont les ruines de la tour de Babel, ou tombeau de Belus, à deux journées de Bagdat en Syrie, sur les bords de l’Euphrate, qui ne sont plus qu’un monceau de briques cuites & crues maçonnées avec du bitume, & dont on ne reconnoît que le plan, qui étoit quarré. Il y a aussi près de Schiras en Perse, les ruines d’un fameux temple ou palais, que les antiquaires disent avoir été bâti par Assuerus, & que les Persans nomment aujourd’hui Tchelminar, c’est-à-dire les quarante colomnes, parce qu’il en reste quelques-unes en pié, avec les vestiges des autres, & quantité de bas-reliefs & caracteres inconnus, qui décelent la grandeur & la magnificence de l’architecture antique. Voyez les voyages de Pietro della Valle.

On compte encore au nombre des ruines considérables, celles de Palmire, ancienne république de la Syrie palmiréenne, bâtie par Salomon, embellie par Seleucus, successeur d’Alexandre, restituée par l’empereur Adrien, saccagée sous l’empereur Aurelien, l’an 270, & enfin ruinée depuis par les Arabes. M. le Brun, dans son voyage au Levant, & Fischer, dans son essai d’architecture historique, nous ont donné


quelques idées de ces ruines ; mais il en a paru en Angleterre une très-ample description, mise au jour par les soins de M. Robert Wood, avec des planches magnifiquement gravées, & fort détaillées. Voyez Palmire, Géog. (D. J.)

Ruine, se dit en Peinture de la représentation d’édifices presque entierement ruinés. De belles ruines. On donne le nom de ruine au tableau même qui représente ces ruines. Ruine ne se dit que des palais, des tombeaux somptueux ou des monumens publics.

On ne diroit point ruine en parlant d’une maison particuliere de paysans ou bourgeois ; on diroit alors bâtimens ruinés.

Ruines, pierre de, (Hist. nat. Litholog.) lapis ruderum, nom donné par quelques naturalistes à des pierres sur lesquelles le hasard a fait paroître des figures semblables à des ruines ; tel est sur-tout le marbre de Florence. Voyez Pierre de Florence.

RUINÉ, participe, (Gram.) voyez Ruine.

Ruiné, (Maréchal.) on appelle ainsi un cheval use de fatigue. La bouche ruinée, voyez Bouche. Les jambes ruinées sont des jambes qui n’ont plus la force de porter le cheval, & qui sont communément arquées & bouletées. Voyez Arqué & Bouleté.

RUINER, v. act. (Gram.) voyez Ruine.

Ruiner & Tamponner en bâtiment, (Archit.) c’est gâcher des poteaux de cloison par les côtés, & y mettre des tampons ou grosses chevilles, pour tenir les panneaux de maçonnerie.

RUINEUX, adj. (Gram.) qui menace ruine ; ce mur est ruineux. Il se dit aussi de ce qui peut entraîner la ruine. Cette entreprise est ruineuse.

RUINURE, s. f. (Gram. Archit.) entaille faite avec la coignée aux côtés des poteaux ou des solives, pour relever les panneaux de maçonnerie dans un pan de bois ou une cloison, & les entrevoux dans un plancher.

Ruinure, s. f. est l’entaille faite dans les poteaux ou les solives, pour retenir les panneaux de maçonnerie. Lat. sulcus.

RUISSEAU ou petite riviere, s. f. (Phys.) diminutif de riviere ou fleuve. Voyez Fleuve & Fontaine.

Ruisseau, s. m. (Hydraul.) si l’on avoit près de son parc quelques courans d’eau, ruisseaux, petites rivieres à sa disposition, l’on pourroit les faire entrer dans son jardin pour y former des canaux ou des pieces d’eau, & même des clôtures de parc en régularisant ces ruisseaux en canaux revêtus de tables de gazon.

Ces ruisseaux peuvent encore, par le moyen d’une vanne ou d’un bâtardeau qui retient les eaux un peu haut, tomber en nappes à la tête d’un canal, ou faire tourner un moulin qui, avec le secours d’une pompe, élevera les eaux dans un réservoir pour fournir des fontaines jaillissantes. (K)

Ruisseau, (Archit. hydraul.) c’est l’endroit où deux revers de pavé se joignent par leurs morces, & qui sert pour l’écoulement des eaux. Les ruisseaux des pointes sont fourchus.

On appelle ruisseau en biseau celui qui n’a ni caniveaux, ni contre-jumelles, pour faire liaison avec le revers, comme dans les ruelles où il ne passe point de charois. Daviler. (D. J.)

Ruisseau, s. m. (Jardinage.) petit canal qu’on pratique dans les jardins pour les arroser. (D. J.)

RUM, (Géog. mod.) île d’Ecosse, une des Hébrides au midi de celle de Skie. On lui donne 5 milles de longueur. Ses montagnes sont remplies de bêtes fauves, & on pêche beaucoup de saumon dans ses petites rivieres. (D. J.)

Rum ou Reun, s. m. (Marine.) espace pratiqué dans le fond de cale d’un vaisseau, pour y arranger