Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/487

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


& c’étoit pour cela seul qu’ils servoient Dieu, & qu’ils obéissoient à ses lois. Du reste ils n’admettoient, comme les Samaritains, que le seul Pentateuque pour livre sacré.

Quelques savans, & entr’autres Scaliger, prétendent qu’ils ne rejettoient pas le reste de l’Ecriture ; mais seulement qu’ils donnoient la préférence aux livres de Moîse. Cependant la dispute que l’Evangile rapporte que J. C. eut avec eux, Matt. xxij. Marc, xij. Luc, xx. milite contre l’opinion de Scaliger ; car J. C. ayant en main plusieurs passages formels des prophetes & des hagiographes, qui prouvent une vie à venir, & la résurrection des morts, on ne sauroit assigner de raison qui l’obligeât à les abandonner, pour tirer de la loi un argument qui n’est fondé que sur une conséquence, si ce n’est parce qu’il combattoit des gens qui rejettoient ces prophetes & ces hagiographes, & que rien ne convaincroit que ce qui étoit tiré de la loi même.

Lés Saducéens différoient aussi des Esséniens & des Pharisiens, sur le libre-arbitre & la prédestination ; car les Esséniens croyoient que tout est prédéterminé dans un enchainement de causes infaillibles ; & les Pharisiens admettoient la liberté avec la prédestination. Mais les Saducéens, au rapport de Josephe, nioient toute prédestination, & soutenoient que Dieu avoit fait l’homme maître absolu de ses actions, avec une entiere liberté de faire, comme il veut, le bien ou le mal, sans aucune assistance pour l’un, ni aucun empêchement pour l’autre. En un mot, cette opinion saducéenne étoit précisément la même que fut celle de Pélage parmi les Chrétiens, qu’il n’y a point de secours de Dieu, ni par une grace prévenante, ni par une grace assistante ; mais que sans ce secours, chaque homme a eu lui-même le pouvoir d’éviter tout le mal que défend la loi de Dieu, & de faire tout le bien qu’elle ordonne.

La secte des Saducéens étoit la moins nombreuse de toutes ; mais elle avoit pour partisans les gens de la premiere qualité, ceux qui avoient les premiers emplois de la nation, & les plus riches. Or comme ils périrent tous à la destruction de Jérusalem par les Romains, la secte saducéenne périt avec eux. Il n’en est plus parlé depuis ce tems-là pendant plusieurs siecles ; jusqu’à ce que leur nom ait commencé à revivre, avec quelques modifications, dans les Caraïtes. (Le chevalier de Jaucourt.)

SÆPINUM, (Géog. anc.) ancienne ville d’Italie, au pays des Samnites, près de l’Apennin, à la source du Tamarus, selon Ptolomée, lib. III. ch. j. Tite-Live parle du siege de cette place par Papirius. La table de Peutinger fait mention de ce lieu, & le nomme Sepinum, à 12 milles de Sirpium. Pline, lib. III. ch. xij. met le peuple sæpinates entre les Samnites ; & une inscription dans le recueil de Gruter, fait mention d’eux ; municipes sæpinates. C’est aujourd’hui Supino, au comté de Molisse, dans le royaume de Naples. (D. J.)

SÆPRUS, (Géog. anc.) riviere de l’île de Sardaigne, selon Ptolomée, lib. III. ch. iij. qui en met l’embouchure sur la côte orientale. Elle conserve son nom ; c’est encore à présent le Sepro, selon le P. Coroneli. (D. J.)

SÆTABIS, (Géog. anc.) ville de l’Espagne tarragonnoise, au pays du peuple Contestani, dans les terres. Elle étoit sur une hauteur, comme il paroit par ces vers de Silius Italicus. lib. III. v. 873.

Celsa mittebat Saetabis arce.
Saetabis & telas Arabum sprevisse superba,
Et Pelusiaco filum componere lino.

Ces vers font voir non-seulement que Soetabis étoit au haut d’une colline, mais encore qu’il s’y faisoit des toiles qui surpassoient en finesse & en beauté


celles d’Arabie, & que le fil qu’on y employoit, valoit bien celui de Péluse en Egypte.

On y travailloit aussi à des étoffes de laine, & Catule, épigr xxv. parle des mouchoirs de ce lieu-là, qu’il nomme sudaria Sætaba. Pline donne le troisieme rang au lin de Sætabis, entre les meilleurs & les plus estimés dans toute l’Europe. On prétend que c’est présentement Xativa.

Satabes est aussi le nom d’une riviere de l’Espagne tarragonnoise, dans les terres, au pays du peuple Contestani, selon Ptolomée, lib. II. ch. vj. qui en met l’embouchure entre Alone & Illicitanus portus. Il paroit que c’est aujourd’hui Rio d’Alcoy. (D. J.)

SAETTE, le cap de, (Géog. mod.) en italien punta della Soetta ; cap du royaume de Naples, sur la côte méridionale de la Calabre ultérieure, à une des extrémités du mont Apennin, entre le cap delli Armi & celui de Spartivento. C’est le Brutium promontorium des anciens, selon Cluvier. (D. J.)

SAFANI-AL-BAHR, (Géog. mod.) c’est-à-dire éponge de mer ; petite île d’Egypte, sur la côte occidentale de la mer Rouge, à 13 lieues au nord de Kossir. Elle n’a que deux lieues de longueur sur un quart de lieue de large. Latit. 27. (D. J.)

SAFAR, SAFER ou SAPHAR, s. m. (Hist. mod.) second mois des Arabes & des Turcs ; il répond à notre mois d’Octobre.

SAFIE, (Géog. mod.) les Africains la nomment A fi, & les Portugais Asafie ; ville d’Afrique dans la Barbarie, au royaume de Maroc, sur la côte de l’Océan, à l’extrémité de la province de Duquela. Elle est environnée de murs & de tours, avec un château dont les Portugais ont été maîtres depuis l’an 1507, jusqu’en 1641 qu’ils l’abandonnerent. Plusieurs juifs s’y sont retirés pour le trafic. Le pays d’alentour est fertile en blé & en troupeaux. Long. 9. 38. latit. 32. (D. J.)

SAFRA, (Géog. mod.) petite ville d’Espagne dans l’Estramadoure. Voyez Zafra.

SAFRAN, s. m. (Hist. nat. Bot.) crocus ; genre de plante à fleur liliacée & monopétale ; la partie inférieure est en forme de tuyau qui a un pédicule : ce tuyau s’évase par le haut, & il est divisé en six parties. Le pistil s’éleve du fond de cette fleur, & il se divise en trois filamens, terminés par une sorte de tête & par une aigrette. Le calice de la fleur devient dans la suite un fruit oblong, qui a trois angles & trois loges, & qui renferme des semences arrondies. Ajoutez aux caracteres de ce genre que la racine est composée de deux tubercules, dont l’un est plus petit que l’autre. Le plus gros se trouve placé au-dessous du plus petit, & il est charnu & fibreux. Ces deux tubercules sont recouverts d’une enveloppe membraneuse. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

La plante dont on tire ces filamens, est nommée crocus ou crocus sativus, par tous les Botanistes. Sa racine est tubéreuse, charnue, de la grosseur d’une noisette, & quelquefois d’une noix, blanche, douce, double, dont la supérieure est plus petite, l’inférieure plus grosse & chevelue. Elles sont revêtues l’une & l’autre de quelques tuniques arides, roussâtres & en forme de réseau. De cette racine sortent sept ou huit feuilles, longues de 6 & même de 9 pouces, très-étroites & d’un verd foncé. Parmi ces feuilles s’éleve une tige courte, qui soutient une seule fleur en lys, d’une seule piece, blanche, fistuleuse par sa partie inférieure, & divisée en six segmens arrondis, de couleur gris-de-lin.

Il sort du fond de la fleur trois étamines, dont les sommets sont jaunâtres, & un pistil blanchâtre qui se partage comme en trois branches, larges à leur extrémité supérieure, & découpées en maniere de crète, charnue, d’un rouge foncé, & comme de couleur vive d’oranger, lesquelles sont appellées par ex-