Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/589

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quoique par un moindre nombre de coups de canon.

5°. Les vaisseaux des moindres états portant pavillon d’amiral, & rencontrant celui de France, plieront leur pavillon, & salueront de 21 coups de canon ; & l’amiral de France ayant rendu le salut seulement de 13 coups, les autres remettront leur pavillon.

Les vice-amiral & contre-amiral de France seront salués de la même maniere, par les moindres états. Leur amiral saluera de même le premier le vice-amiral & contre-amiral de France : mais il ne pliera son pavillon que pour l’amiral ; ensorte que cette déference de plier le pavillon, ne sera rendue par les moindres états, qu’aux pavillons égaux ou supérieurs.

Les vaisseaux du roi portant cornettes, salueront l’amiral des moindres états, & se feront saluer par tous les autres pavillons des mêmes états.

6°. Lorsqu’on arborera le pavillon amiral, soit dans les ports ou à la mer, il sera salué par l’équipage du vaisseau sur lequel il sera arboré, de cinq cris de vive le roi, & les autres vaisseaux le salueront en pliant leur pavillon, sans tirer du canon. Le pavillon du vice-amiral sera seulement salué par trois cris de tout son équipage ; le contre-amiral & les cornettes par un cri ; & à l’égard des flâmes, elles ne seront pas saluées.

7°. Les vaisseaux du roi portant pavillon de vice-amiral & contre-amiral, rencontrant en mer le pavillon amiral, le salueront de la voix, plieront leurs pavillons, & abaisseront leurs hautes voiles.

8°. Le contre-amiral, les cornettes ou autres vaisseaux de guerre, abordant le vice-amiral, le salueront seulement de la voix, en passant à l’arriere pour arriver sous le vent. Les vaisseaux de guerre qui ne porteront ni pavillons, ni cornettes, se rencontrant à la mer, ne se demanderont aucun salut.

9°. Lorsqu’il y aura plusieurs vaisseaux de guerre ensemble, il n’y aura que le seul commandant qui saluera.

10°. Il est défendu à tous commandans & capitaines françois, de saluer les places des ports & rades du royaume, où ils entrent & mouillent ordinairement, comme aussi de tirer du canon dans les occasions de revûes & de visites particulieres, qui pourroient leur être faites sur leurs bords.

11°. L’amiral, le vice-amiral, le gouverneur de la province, faisant leur premiere entrée dans le port, seront seulement salués du canon. Le vaisseau portant pavillon amiral dans un port, rendra le salut. Le roi se trouvant en personne dans ses ports ou sur ses vaisseaux, sera salué de trois salves de toute l’artillerie, dont la premiere se fera à boulet.

Il y a encore dans l’ordonnance, d’où tout ceci est tiré, un article concernant les galeres.

Quoiqu’il n’y ait plus en France de corps de galeres, comme je l’ai déja dit, voyez Général des Galeres, cependant j’ajouterai ici ce qui regarde ces bâtimens dans cette ordonnance, d’autant mieux qu’on en entretient actuellement dans les ports.

L’étendard royal des galeres saluera le premier le pavillon, qui rendra coup-pour-coup ; & l’étendard sera salué le premier par le vice-amiral.

Le vice-amiral sera salué par la patrone des galeres, à laquelle il répondra coup-pour-coup ; & elle sera saluée par le contre-amiral, auquel elle répondra de même.

Les autres nations maritimes ont des ordonnances particulieres sur le salut, qu’elles exigent ou qu’elles rendent : mais tout ceci n’est qu’une chose de bienséance ou de convention. Il est reglé qu’en général, les vaisseaux des républiques salueront les vaisseaux des têtes couronnées, s’ils sont de la même qualité que ceux des républiques, d’un pareil nombre ou d’un moindre nombre de coups, suivant ce qui leur


est prescrit par leur souverain. A l’égard des républiques, elles se sont accordées à saluer les premieres les vaisseaux de la république de Venise, parce qu’elle est la plus ancienne, & à exiger le salut des souverains qui sont au-dessous des rois.

Salut, (Escrime.) le salut d’armes est une politesse réciproque que se font deux escrimeurs avant de commencer un assaut.

Il s’exécute ainsi ; 1°. on prend son chapeau avec la main gauche ; 2°. on étend le bras gauche, on met son poignet à hauteur du nœud de l’épaule, & l’on tourne le dedans du chapeau du côté de l’ennemi ; 3°. on leve le bras droit & son poignet à hauteur du nœud de l’épaule, & en même tems on frappe du pié droit dans la même place ; 4°. on recule deux pas en arriere en commençant par faire passer le pié droit derriere le gauche, & ensuite le gauche devant le droit ; 5°. on baisse la pointe de l’épée pour saluer les spectateurs qui se trouvent dans la sale, & on remet le bras droit dans sa premiere position ; 6°. on remet son chapeau sur la tête ; 7°. on frappe encore du pié droit dans la même place, & en même tems on met les poignets à hauteur du nœud d’épaule ; 8°. on avance deux pas vers l’ennemi en commençant par le pié gauche que l’on fait passer devant le droit, & ensuite le droit derriere le gauche ; 9°. on se remet en garde. Nota que tous ces mouvemens se font distinctement & sans se presser.

Salut, (Monnoie.) monnoie d’or de France ; Charles VI. fit faire cette monnoie l’an 1421, sur la fin de son regne, & c’est le seul de nos rois qui en ait fabriqué ; elle étoit d’or fin, du même poids que les francs à cheval, & valoit 1 liv. 5 sols, ce qui feroit aujourd’hui environ 16 liv. il y en avoit 63 au marc. Cette espece fut appellée salut, parce que la salutation angélique y étoit représentée. Henri VI, roi d’Angleterre, pendant qu’il posséda une partie de la France, fit fabriquer des saluts d’or, de même poids, de même valeur, & de même titre que ceux de Charles VI. (D. J.)

SALUTAIRE, adj. (Gram.) qui est utile, qui peut sauver d’un dommage, d’un accident, d’un inconvenient. L’usage de la raison est toujours salutaire. La connoissance de la vertu est toujours salutaire. Une réflexion, un conseil salutaire.

SALUTARIS, (Géog. anc.) ce nom a été donné par distinction à quelques provinces, en partie à cause des eaux saines & bienfaisantes qui s’y trouvoient.

Les principales provinces qui ont porté ce nom sont la Galatie, la Macédoine, la Palestine, la Phrygie & la Syrie. La partie à laquelle ce nom étoit affecté dans chacune de ses provinces, faisoit une province particuliere, que l’on distinguoit du reste par ce surnom.

Les anciens géographes, comme Méla, Pline, &c. n’ont point connu ce nom distinctif : il est beaucoup plus moderne. On le trouve dans la notice de l’empire, & dans quelques notices ecclésiastiques. La notice de l’empire nomme la Palestine salutaire, & la Syrie salutaire, sect. ij. la Galatie salutaire, sect. xvj. la Phrygie salutaire, sect. xv. & la Macédoine salutaire, sect. j. (D. J.)

SALUTATION, s. f. (Hist. des usages.) signe extérieur de civilité, d’amitié, d’égards, de déférence, de respect. Les Européens se saluent par des gestes, des révérences, des coups de chapeaux ; les Turcs se baissent, & portent la main à leur turban : mais les Ethiopiens ou Abyssins ont une maniere singuliere de saluer ; ils se prennent la main droite les uns aux autres, & se la portent mutuellement à la bouche ; ils prennent aussi l’écharpe de celui qu’ils saluent, & ils se l’attachent au-tour du corps, de sorte que ceux qu’on salue demeurent presque nuds, car la plûpart