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hist. 374. en anglois, the common hairy fieldes-cabious.

Sa racine est droite, longue, vivace ; elle pousse des tiges à la hauteur de deux ou trois piés, rondes, velues, creuses, revêtues par intervalles de deux feuilles opposées, semblables à celles d’en bas, mais plus petites. Les feuilles qui partent de la racine sont oblongues, lanugineuses, approchantes de celles de la grande valérianne, découpées profondément, d’un goût un peu âcre. Les sommités des tiges contiennent des fleurs divisées en bouquets, ronds, composés des fleurons inégaux, de couleur bleue, ou purpurine, ou d’un bleu mourant. Quand ces fleurs sont passées, il leur succede des manieres de têtes verdâtres, écailleuses, garnies à la base de feuilles en forme de rayons, & composées de capsules qui contiennent chacune une semence oblongue, surmontée d’une couronne.

Cette plante croît presque partout dans les blés, dans les champs & les prairies ; elle fleurit en Juin & Juillet.

La plante nommée psorice par Dioscoride & Théophraste, & psora par Actius, paroît être notre scabieuse ; mais dans les derniers tems, les noms ayant été oubliés, les Grecs modernes ont appellé cette plante scampiusa, d’où s’est formé le nom latin scabiosa. (D. J.)

Scabieuse, (Mat. médicale.) scabieuse ordinaire, scabieuse des prés, ou scabieuse de bois ou mors du diable.

On emploie indifféremment l’une ou l’autre de ces plantes.

Les feuilles & les fleurs de cette plante sont seules en usage. Leur suc, leur infusion ou leur décoction & leur eau distillée passent pour des remedes sudorifiques, alexiteres, incisifs & vulnéraires. C’est surtout l’eau distillée qu’on emploie dans les juleps & les potions cordiales, diaphorétiques & contre-venin, que plusieurs médecins ordonnent encore dans la petite vérole, la rougeole, les fievres malignes, &c. Cette eau distillée est une des quatre eaux cordiales, & de cinq cens eaux inutiles. Voyez Eaux cordiales (les quatre) & la fin de l’article Eaux distillées.

Les feuilles de scabicuse entrent dans l’eau de lait alexitere. (b)

SCABREUX, adj. (Gram.) inégal, dur, raboteux, où on est exposé à une chûte. Il ne se dit qu’au figuré. Vous vous êtes chargé là d’une commission bien scabreuse.

SCACCHIÆ LUDUS, (Hist. anc.) il y en a qui prétendent que c’est notre jeu d’échecs ; d’autres que c’est le jeu que les anciens appelloient latrunculorum, mais ils ne nous disent point en quoi ils consistoient l’un & l’autre.

SCAFFORD, (Géog. mod.) golfe d’Ecosse, sur la côte occidentale de l’île de Mul, l’une des Vesternes. Ce golphe qui coupe Mul par le milieu, est parsemé de quelques autres petites îles, dont la plus grande, nommée Ulwa, est longue de cinq milles, & abonde en pâturage. (D. J.)

SCALA, (Géog. mod.) autrefois petite ville épiscopale d’Italie, au royaume de Naples, dans la principauté citérieure, à deux milles au nord d’Amalfi. son évêché fut réuni, en 1603, à Ravello ; présentement Scala n’est qu’un misérable village qui n’a pas cinquante maisons. Longitude 32. 8. latitude 40. 36. (D. J.)

SCALABIS, (Géog. anc.) ville de la Lusitanie, selon Pline, qui, l. IV. c. xxij. lui donne le titre de colonie. Cette ville est appellée Scalabiscus par Ptolomée, l. II. c. v. son nom moderne est vraissemblablement Santaren, dont on peut voir l’article.

SCALÆ GEMONIÆ, (Antiq. rom.) ou simple-


ment gemoniæ, & par Pline gemonii gradus ; les littérateurs n’ont pas les mêmes idées de ce mot. Les uns en parlent comme d’especes de fourches patibulaires, & d’autres les représentent comme un puits, où l’on jettoit le corps des criminels exécutés à mort. Voyez Gémonies. (D. J.)

SCALANOVA, (Géog. mod.) ville de l’empire Turc en Asie, dans l’Anatolie, à trois lieues de la ville d’Ephese. Il ne loge dans cette ville que des turcs & des juifs ; les grecs & les arméniens en occupoient les fauxbourgs ; elle a un port & un château où les Turcs tiennent une garnison d’une vingtaine de soldats. Scalanova est la Néapolis des Milésiens. Elle est située à une journée de Guzetlissar, ou Beau-Château, qui est la fameuse Magnésie sur le Méandre. Long. 45. 8. lat. 37. 52. (D. J.)

SCALDES, s. m. pl. (Hist. anc.) c’est ainsi que les anciens peuples du nord nommoient leurs poëtes. Les vers étoient le seul genre de littérature qui fût cultivé chez eux ; c’étoit la seule façon de transmettre à la postérité les hauts faits des rois, les victoires des peuples, & la mythologie des dieux. On rendoit les plus grands honneurs aux scaldes ou poëtes, ils étoient souvent de la naissance la plus illustre, & plusieurs souverains se glorifioient de ce titre. Les rois avoient toujours quelques scaldes à leur cour ; & ces derniers en étoient chéris & honorés ; ils leur donnoient place dans les festins parmi les premiers officiers de la couronne, & les chargeoient souvent des commissions les plus importantes. Lorsque ces rois marchoient à quelque expédition, ils se faisoient accompagner des scaldes, qui étoient témoins oculaires de leurs exploits, les chantoient sur le champ de bataille, & excitoient les guerriers aux combats. Ces poëtes ignoroient la flatterie, & ils ne louoient les rois que sur des faits bien constatés. Un roi de Norwege nommé Olaüs Triggueson, dans un jour de bataille, placa plusieurs scaldes autour de sa personne, en leur disant avec fierté, vous ne raconterez pas ce que vous aurez entendu, mais ce que vous aurez vu. Les poésies des scaldes étoient les seuls monumens historiques des nations du nord ; & c’est chez elles que l’on a puisé tout ce qui nous reste de l’histoire ancienne de ces peuples. Voyez l’introduction à l’histoire de Danemark par M. Mallet.

SCALDIS, (Géog. anc.) fleuve de la Gaule belgique, selon César, Pline, l’itinéraire d’Antonin, & Fortunat ; Ptolomée est le seul qui nomme ce fleuve Tabuda.

Il prenoit sa source dans le pays de Véromandut, & couloit chez les Nerviens, & chez divers autres peuples. Lorsqu’il s’approchoit de l’Océan, il se partageoit en divers bras, & celui qui passoit à Bergues, alloit se jetter dans la Meuse ; ce qui a fait dire à César : ad flumen Scaldin quod influit in Mosam, ire constituit. Les autres bras se rendoient à la mer ; mais il ne seroit pas possible de décrire leur cours, parce que les inondations de l’Océan, & les débordemens de ce fleuve, ont plus d’une fois changé l’état des lieux dans ces quartiers, comme dans les embouchures de la Meuse & du Rhein. Ce fleuve s’appelle aujourd’hui l’Escaut.

Pline, l. IV. c. xvij. dit que la gaule Belgique s’étendoit entre l’Escaut & la Seine, à Scalde ad Sequanam Belgica ; les Toxandri, selon le même auteur, habitoient au-delà de ce fleuve : à Scaldi incolunt extera Toxandri ; & dans un autre endroit, il ajoute que les peuples qui s’étoient établis le long de l’Océan septentrional, au-dela de l’Escaut, étoient originaires de la Germanie : Toto hoc mari ad Scaldim usque fluvium Germanicæ accolunt gentes. Ce dernier passage fait voir pourquoi il a donné l’Escaut pour borne à la gaule Belgique ; car les autres auteurs, & Pline lui-même en plus d’un endroit, mais dans un