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climats tempérés : il faut la choisir nouvelle, nette, bien nourrie, âcre & piquante au goût. (D. J.)

Thlaspi, (Mat. méd.) la semence de plusieurs especes de thlaspi est recommandée comme remede par quelques auteurs de médecine. Ces plantes sont de la classe des cruciferes de Tournefort, & dans la division de celles qui contiennent l’alkali volatil spontané dans un état assez nud, & en une quantité assez considérable.

La semence de thlaspi n’est guere moins âcre & piquante que la semence de moutarde, dont on peut la regarder comme la succédanée. Voyez Moutarde. Cette semence est très-peu usitée, ou même absolument inusitée dans la prescription des remedes magistraux. Elle entre dans le mithridat & dans la thériaque. (b)

THLASPIDIUM, s. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante à fleur en croix, composée de quatre pétales ; le pistil sort du calice, & devient dans la ruite un fruit applati, double, pour ainsi dire, & composé de deux parties qui sont séparées par une cloison intermédiaire, & qui renferment chacune une semence le plus souvent oblongue & applatie. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Entre les dix especes de ce genre de plante que compte Tournefort, il suffira de décrire la premiere, celle de Montpellier, thlaspidium Monspeliense, hieracii folio hirsuto, I. R. H. 214. Il pousse plusieurs tiges à la hauteur d’un pié, grêles, rondes, rameuses, portant peu de feuilles ; mais il en sort de sa racine plusieurs qui sont longues, rudes, sinueuses, vertes, velues, ressemblantes à celle du hiéracium, éparses par terre. Ses fleurs naissent aux sommités de ses tiges, petites, à quatre feuilles jaunes, disposées en croix : quand elles sont tombées, il leur succede un fruit en lunette composée de deux parties très-applaties, qui renferment dans leur creux chacune une semence oblongue, fort applatie, rousse ou rougeâtre : sa racine est longue & médiocrement grosse. Cette plante croît vers Montpellier, & aux lieux montagneux des pays chauds. (D. J.)

THLIPSIS, (Lexicog. Médec.) θλῖψις de θλίψω, comprimer, compression ; θλῖψις στομάχου est une compression causée à l’estomac par les alimens, qui le surchargent par leur quantité. (D. J.)

THMUIS, (Géog. anc.) ville de la basse Egypte, vers la bouche du Nil, nommée Mendeze ; c’étoit une ville considérable, & qui devint épiscopale, car S. Phileus & S. Sérapion ont été évêques. Thmuis signifioit un bouc en langue égyptienne, à ce que prétend S. Jérôme. (D. J.)

THNETOPSYCHITES, s. m. pl. (Hist. ecclésiast) anciens hérétiques, croyant que l’ame humaine étoit parfaitement semblable à celle des bêtes, & qu’elle mouroit avec le corps. Voyez .

Ce mot est composé du grec θνητὸς, mortel, & ψυχὴ, ame.

On ne trouve nulle part ces hérétiques que dans S. Jean Damascene, hérés. xc. à-moins qu’ils ne soient les mêmes que ceux dont parle Eusebe, hist. ecclésiast. liv. IX. c. xxxviij. où il est dit que du tems d’Origene il y avoit en Arabie des hérétiques, croyant que l’ame humaine mouroit avec le corps, mais qu’elle ressusciteroit avec le corps à la fin du monde. Eusebe ajoute qu’Origene réfuta ces hérétiques dans un concile nombreux, & qu’il les fit revenir de leurs erreurs. S. Augustin & Isidore les appellent hérétiques arabes.

Marshal, dans ses tables, a défiguré ce mot faute de l’entendre, car il l’écrit thenopsychites, au-lieu de thnetopsychites : il les place aussi dans le sixieme siecle, mais on ne peut deviner sur quel fondement il l’a fait.

THOÉ, s. f. (Mytholog.) nymphe marine, fille de


l’Océan & de Téthys, selon Hésiode ; elle se nommoit ainsi à cause de sa vîtesse. (D. J.)

THOISSEY, (Géog. mod.) en latin du moyen âge Tossiacus, ville de France, dans la principauté de Dombes, proche les rivieres de Saone & de Chalarone, à 7 lieues au nord de Trévoux. Il y a un bailliage & un college. (D. J.)

THOLOSAT, le, (Géog. mod.) petite riviere de France en Guienne ; elle se jette dans la Garonne, entre Tonneius & Marmande. (D. J.)

THOLUS, s. m. (Archit. rom.) Vitruve nomme tholus une coupe ou un dôme en général. C’est la clé du milieu d’une piece où s’assemblent toutes les courbes d’une voûte, quand elle est de charpente. On y suspendoit anciennement dans les temples les présens faits aux dieux.

On entend aussi par le mot tholus la coupe d’un temple. Philander & Barbaro appelloient aussi tholus la lanterne que l’on met au-dessus du temple. (D. J.)

Tholus ou Tholantes, (Géog. anc.) ville d’Afrique, selon Arrien. Elle étoit située dans les terres, &, selon les apparences, peu éloignée de Carthage. Syphax la prit par trahison, & passa la garnison romaine au fil de l’épée. (D. J.)

THOMAS, arbre de Saint-, (Hist. nat. Bot.) arbre des Indes orientales. Ses feuilles ressemblent à celles du liere, ses fleurs sont comme des lys violets, dont l’odeur est très-agréable. Cet arbre ne produit aucun fruit.

Thomas, Saint-, (Géog. mod.) île d’Afrique, dans la mer d’Ethiopie, sous la ligne. Elle a été découverte par les Portugais en 1495. On lui donne environ douze lieues de diametre ; l’air y est malsain, à cause des chaleurs excessives qu’on y ressent. Le terroir en est cependant fertile en raisins & en cannes de sucre. Pavoasan est la capitale de cette île. (D. J.)

Thomas, Saint-, (Géog. mod.) île de l’Amérique septentrionale, une des Antilles, au levant de Porto-Rico. Elle a six lieues de tour, & appartient aux Danois. Long. 18. 27. (D. J.)

Thomas, chrétiens de saint, (Hist. ecclés.) c’est le nom qu’on donne aux chrétiens indiens, établis dans la presqu’île des Indes, au royaume de Cochin, & sur la côte de Malabar & de Coromandel.

On ne doit pas douter que le christianisme n’ait percé de bonne heure dans les Indes, & l’on peut le prouver par Cosmas, témoin oculaire d’une partie de ce qu’il avance dans sa topographie chrétienne. « Il y a, dit-il, dans l’île Taprobane, dans l’Inde intérieure, dans la mer des Indes, une église de chrétiens, avec des clercs & des fideles ; je ne sai s’il n’y en a point au-delà. De même dans les pays de Malé, où croît le poivre, & dans la Calliane, il y a un évêque qui vient de Perse, où il est ordonné ».

Nous avons dans ces paroles, un témoignage de christianisme, établi aux Indes dans le sixieme siecle. Cosmas écrivoit environ l’an 547 de Notre-Seigneur, & ces chrétiens se sont conservés jusqu’à notre siecle dans un état qui paroît n’avoir été exposé par rapport à la religion, à aucune contradiction violente, hormis celle qu’ils eurent à essuyer de la part des Portugais, vers la fin du seizieme siecle.

Le P. Montfaucon a rendu service à l’Eglise & à la république des lettres, par la publication & la traduction de l’ouvrage de Cosmas. Sans parler de plusieurs choses curieuses qui y sont rapportées, on y trouve les plus anciennes connoissances qu’on ait de l’établissement de l’Eglise chrétienne sur la côte de Malabar, & de la dépendance où étoit leur évêque, à l’égard du catholique ou métropolitain de Perse : dépendance qui a continué jusqu’à ce que les Portu-