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transplantés, on les porte en motte dans les parterres, & on en garnit les pots. Il faut en excepter le petit basilic, qui est trop délicat & qui veut une terre plus légere, composée de deux tiers de terreau, & l’autre de terre de potager bien criblée. On l’arrose fréquemment ; on coupe avec des ciseaux sa tête pour l’arrondir, & on le fait sécher pour les courbouillons de poisson : d’autres le mettent en poudre pour servir à plusieurs sauces. (K)

Basilic, (Artillerie.) étoit autrefois une piece de canon de quarante-huit livres de balle, qui pesoit environ sept mille deux cens livres. Il ne s’en fond plus de ce calibre en France : mais il y a encore plusieurs arsenaux dans lesquels il se trouve de ces anciennes pieces. (Q)

* BASILICATE, (la) Géog. province d’Italie au royaume de Naples, bornée par la Capitanate, la Calabre citérieure, les terres de Bari, d’Otrante, le golfe de Tarente, & les principautés. Cirenza en est la capitale.

BASILICON, (Pharmacie.) nom que les Apothicaires donnent à un onguent suppuratif. Voici comment il se prépare. Prenez résine de pin, poix navale, cire jaune, de chaque une demi-livre ; huile d’olive, une livre & demie : faites les fondre au bain-marie ; passez ensuite le tout. Cet onguent est nommé aussi tetrapharmacon : c’est un des meilleurs suppuratifs que nous possédions. Lemery ajoûte à cette formule la térébenthine de Venise.

Basilicon veut dire royal, à cause des grandes vertus de cet onguent. (N)

* BASILICUM, (Hist. anc.) espece d’ajustement ou de vêtement des anciens, dont la nature nous est encore inconnue.

BASILIDIENS, s. m. pl. (Hist. ecclés.) nom d’anciens hérétiques, sectateurs de Basilide, qui vivoit vers le commencement du 11. siecle.

Ce Basilide étoit sorti de l’école des Gnostiques, dont le chef étoit Simon le Magicien. Il croyoit avec lui que J. C. n’avoit été homme qu’en apparence, & que son corps n’étoit qu’un fantôme ; qu’il avoit donné sa figure à Simon le Cyrénéen, qui avoit été crucifié en sa place.

Nous apprenons d’Eusebe que cet imposteur avoit écrit vingt-quatre livres sur les Evangiles, & qu’il avoit feint je ne sai quels prophetes, à deux desquels il avoit donné les noms de Barcaba & de Barcoph. Nous avons encore les fragmens d’un évangile de Basilide.

Ses disciples prétendoient qu’il y avoit des vertus particulieres dans les noms, & enseignoient avec Pythagore & avec Platon, qu’ils n’avoient pas été inventés au hasard, mais qu’ils signifioient tous quelque chose de leur naturel. Basilide pour imiter Pythagore, vouloit que ses disciples gardassent le silence pendant cinq ans. Voyez Nom, Pythagoricien, &c.

Suivant la doctrine de leur maître, ils croyoient que l’ame étoit punie en cette vie des péchés qu’elle avoit commis auparavant : ils enseignoient la métempsycose, & nioient la résurrection de la chair ; parce que, disoient-ils, le salut n’avoit pas été promis au corps. Ils ajoûtoient, que dans chaque homme il y avoit autour de l’ame raisonnable plusieurs esprits qui excitoient les différentes passions ; que loin de les combattre il falloit leur obéir, & se livrer aux desirs les plus déreglés. Clément Alexandrin, Strom. liv. II. & IV. (G)

* BASILIGOROD, (Géog.) ville de l’empire Russien dans la Tartarie Moscovite, sur la rive droite du Volga au confluent de la Sura.

* BASILIMPHA, (Géog.) riviere de Diarbeck dans la Turquie en Asie ; elle se jette dans le Tigre, entre Mosul & Turit.


* BASILINDE, s. f. (Myth.) nom d’une espece de fête que les Tarentins célébroient en l’honneur de Venus. Pollux prétend, liv. IX. que c’étoit un jeu des Grecs, dans lequel celui que le sort avoit fait roi, commandoit quelque chose aux autres. Lex. Jurid. Calv.

* BASILIPOTAMO, (Géog. anc. & mod.) riviere de Grece en Morée, dans la province de Sacanie ; elle reçoit d’autres rivieres, & se jette dans la mer au golfe de Castel-Rampani. Les anciens l’ont appellée, ou Hemerus, ou Marathon, ou Eurotas.

BASILIQUE, s. f. (Hist. anc. & mod.) mot tiré du Grec βασιλεὺς, roi ; c’est-à-dire, maison royale. C’étoit à Rome un bâtiment public & magnifique, où l’on rendoit la justice à couvert ; ce qui le distinguoit du forum, place publique, où les magistrats tenoient leurs séances en plein air. Il y avoit dans ces basiliques de vastes salles voûtées, & des galeries élevées sur de riches colonnes : des deux côtés étoient des boutiques de marchands, & au milieu une grande place pour la commodité des gens d’affaires. Les tribuns & les centumvirs y rendoient la-justice ; & les jurisconsultes ou légistes gagés par la république, y répondoient aux consultations. C’est ce qu’a voulu dire Cicéron dans une épitre à Atticus, basilicam habeo, non villam, frequentiâ formianorum ; parce qu’on venoit le consulter de toutes parts à sa maison de campagne, comme s’il eût été dans une basilique. Les principales basiliques de Rome étoient Julia, Porcia Sisimini Sempronii, Caii, Lucii, ainsi nommées de leurs fondateurs, & la banque, basilica argentariorum. On en construisit d’autres moindres pour les marchands, & où les écoliers alloient faire leurs déclamations. Le nom de basilique a passé aux édifices dédiés au culte du vrai Dieu, & aux chapelles bâties sur les tombeaux des martyrs : ce nom paroît surtout leur avoir été affecté en Grece. Ainsi l’on nommoit à Constantinople la basilique des saints Apôtres, l’église où les empereurs avoient fait transporter les reliques de quelques Apôtres. Il étoit défendu d’y enterrer les morts, & les empereurs même n’avoient leur sépulture que sous les portiques extérieurs, ou le parvis de la basilique.

Le nom de Basilique signifiant maison royale, il est visible que c’est à cause de la souveraine majesté de Dieu, qui est le roi des rois, que les anciens auteurs ecclésiastiques ont donné ce nom à l’Eglise, c’est-à-dire au lieu où s’assemblent les Fideles pour célébrer l’office divin.

Ce mot est souvent employé dans ce sens par saint Ambroise, S. Augustin, S. Jérôme, Sidoine, Apollinaire, & d’autres écrivains du iv. & du v. siecle.

M. Perrault dit, que les basiliques différoient des temples en ce que les colonnes des temples étoient en-dehors, & celles des basiliques en-dedans. Voyez Temple.

Selon Bellarmin, tom. II. de ses controverses, voici la différence que les Chrétiens mettoient entre les basiliques & les temples. On appelloit basiliques les édifices dédiés au culte de Dieu & en l’honneur des saints, spécialement des martyrs. Le nom de temples étoit propre aux édifices bâtis pour y célébrer les mysteres divins, comme nous l’apprennent S. Basile, S. Grégoire de Nazianze, &c. Quelques anciens, comme Minutius Felix, dans son ouvrage intitulé Octavius, ont soûtenu que le Christianisme n’avoit point de temples, que cela n’étoit propre qu’au Judaïsme & au Paganisme : mais ils parlent des temples destinés à offrir des sacrifices sanglans, & à immoler des animaux. Il est certain que les lieux destinés à conserver & honorer les reliques des martyrs étoient proprement appellés basiliques, & non pas temples. Les Grecs font quelquefois mention des temples des martyrs ; mais ils parlent des lieux qui étoient con-