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dans le palatinat de Cracovie, renommée à cause qu’on y trouve beaucoup de sel gemme.

* BOCQUET, s. m. (Blason.) terme qui dans quelques auteurs signifie un fer de pique.

* BOD, s. m. (Hist. mod.) idole des Indes à laquelle on s’adressoit pour avoir des enfans. Lorsqu’une femme avoit été exaucée, & qu’elle avoit mis au monde une fille, on présentoit cette fille au Bod, & on la laissoit dans son temple, où elle étoit élevée jusqu’à ce qu’elle eût atteint l’âge nubile : alors elle sortoit pour prendre place à la porte du temple entre les autres femmes voüées. Elles étoient toutes assises sur des tapis, prêtes à se livrer au premier venu. La seule chose dont le culte leur fît un cas de conscience, c’étoit de mettre à vil prix leurs faveurs, ou d’en retenir une partie. Elles étoient obligées sous peine de déplaire au Bod, de remettre tout l’argent qu’elles amassoient à son service, entre les mains de son prêtre, pour être employé aux bâtimens & à l’entretien du temple. Renaud, relat. des Indes.

BODANETZ, (Géog.) petite ville de Boheme dans le cercle de Koniggratz, peu éloignée de Pardubitz.

BODE ou BUDE, (Géog.) riviere qui traverse les pays de Quidlimbourg, d’Halberstadt, & de Magdebourg, & se jette dans la Saale.

BODENBURG, (Géog.) petite ville du duché de Brunswick-Wolfembuttel.

BODENDYCK, (Géog.) petite ville du duché de Lunebourg, à l’électeur de Hanovre.

BODENHAUSEN, (Géog.) petite ville du Landgraviat de Hesse, sur la frontiere du duché de Brunswick.

BODENZÉE, (Géog.) c’est ainsi que les Allemands nomment le lac de Constance, entre la Souabe & la Suisse.

BODINERIE, s. f. (Commerce.) espece de contrat qui est en usage sur les côtes de Normandie : c’est une sorte de prêt à la grosse aventure, qui est assigné sur la quille ou bodine du vaisseau, & où l’on hypotheque non-seulement le corps du vaisseau, mais encore les marchandises qui y sont chargées. Voyez Aventure.

La boainerie differe du contrat d’assurance, en ce qu’on ne paye point de prime, & qu’il n’est rien dû en cas de naufrage, prise d’armateurs, corsaires, &c. mais seulement quand le vaisseau arrive à bon port, on paye la somme principale avec l’intérêt ou profit maritime stipulé dans le contrat.

Il est encore différent du contrat d’assûrance en cas de contestation, en ce que c’est au créancier à prouver devant les juges de l’amirauté que le vaisseau est arrivé à bon port, pour rendre l’obligation de bodinerie exécutoire, & établir son droit de créance ; au lieu que dans les polices d’assûrance, c’est à l’assuré à justifier la perte, prise ou naufrage du vaisseau, pour son remboursement de la chose assûrée. (G)

* BODINURE, s. f. (Marine.) cordelettes passées autour de la partie de l’anere qu’on appelle arganeau, ou organeau. Voyez Ancre.

* BODOWNICZY, (Hist. mod.) c’est le nom qu’on donne en Pologne à un magistrat dont la charge est de veiller sur les bâtimens : c’est ce qu’étoit un édile chez les Romains.

BODROG, (Géog.) riviere de la haute Hongrie qui prend sa source vers les frontieres de Pologne, & se jette dans la Theiss à Tokay.

Bodrog, (Géog.) comté de la haute Hongrie, & ville située sur un bras du Danube.

BOEDROMIES, s. f. (Myth.) fêtes qu’on célébroit à Athenes, pendant lesquelles on couroit en jettant de grands cris, du Grec βοὴ, cri, & δρόμος, course. Elles se célébroient vers le mois d’Août,


d’où ce mois chez les Athéniens a été nommé Boedromion. Cette fête, selon Plutarque, fut instituée au sujet de la guerre contre les Amasones, ou, selon d’autres, en mémoire du secours qu’on donna aux Athéniens contre Eumolpe. (G)

BOEN, (Géog.) petite ville de France dans le Forez, au pié des montagnes, sur une côte arrosée par le Lignon, à cinq lieues de Rouanne.

* BOESJES, s. f. pl. (Comm. & Hist. mod.) coquilles de mer qui servent de monnoie parmi les habitans de la basse Ethiopie.

BOESSER ; v. act. à la Monnoie, c’est nettoyer les lames au sortir de la fonte avec la gratte-boesse. Voy. Gratte-boesse ou Gratte-bosse de Monnoyage.

* BŒUF, s. m. bos, (Hist. nat.) taureau coupé. Voyez Taureau.

Le bœuf ne differe du taureau, que comme un animal differe d’un autre de la même espece, lorsque celui-ci est plein de feu, vif, hardi, vigoureux, & même un peu farouche, & que l’autre est pesant, lâche, & timide ; il est constant que la castration seule met toutes ces différences entre le bœuf & le taureau.

Castration. Elle se fait à deux ans ; quelques personnes la risquent à six mois. On s’y prend le matin avant que le jeune bœuf ait sorti : les uns choisissent le mois de Mai ; d’autres l’automne. Pour la faire, on prend les muscles des testicules avec de petites tenailles, on incise les bourses, on enleve les testicules, ne laissan que la portion qui tient aux muscles ; après quoi on frotte la blessure avec des cendres de sarment mêlées de litarge d’argent, & on y applique un emplâtre : ce jour on lui ménage la nourriture ; on ne lui donne point de boisson, & on lui en donne peu les jours suivans. Les trois premiers jours on le nourrit de foin haché, & d’un picotin de son mouillé qu’on lui laisse prendre en une fois. Le troisieme ou quatrieme jour on leve le premier appareil, & l’on met sur la plaie un emplâtre de poix fondue, & de cendres de sarment mêlées avec de l’huile d’olive. A mesure que l’appétit revient au jeune animal, on lui donne de l’herbe fraîche, & on lui augmente la boisson. On le garde jusqu’à trois ans ; c’est l’âge de la vente.

Choix du bœuf. Le bœuf est la plus estimée d’entre les bêtes à cornes : il se nourrit facilement & rend beaucoup de service. Il faut le choisir avec la tête courte & ramassée ; l’oreille grande, velue, & unie ; la corne forte, luisante, & de moyenne longueur ; le mufle gros & camus ; les naseaux ouverts ; la dent blanche, longue & égale ; la levre noire ; le cou gros & charnu ; les épaules larges, grosses, fermes & charnues ; la poitrine large ; le fanon long & pendant ; les reins larges & forts ; les côtés étendus ; le ventre large & tombant ; les flancs proportionnés à la grosseur du ventre ; la hanche longue ; la croupe large & ronde ; la jambe forte & nerveuse ; la cuisse de même ; le dos droit & plein ; la queue longue, pendante, & garnie de poils déliés & touffus ; le pié ferme ; le cuir fort & doux ; le poil luisant & épais ; les muscles élevés ; l’ongle court & large ; le corps entier, membru, large & ramassé ; jeune, fort, docile, prompt à l’aiguillon, obéissant à la voix, & facile à manier.

Poil du bœuf. Le bœuf sous poil noir trompe rarement ; le meilleur est sous poil rouge : il est tardif sous poil blanc : méfiez-vous du moucheté : on n’estime pas le gris ; le brun dure peu.

Age du bœuf. Le bœuf ne peut commencer à servir qu’à trois ans ; passé dix, il faut l’engraisser pour la boucherie : il vit jusqu’à quatorze ans. On connoît son âge à la dent & à la corne. A dix mois il jette les premieres dents de devant ; elles sont suivies d’autres plus larges & moins blanches : à seize mois les dents de lait des côtés tombent à leur tour, & sont aussi