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droits du dessein, les fortifieroient encore, & leur donneroient du relief.

Nous proposons nos vûes toutes les fois qu’elles nous paroissent utiles ; au reste, c’est aux ouvriers à les juger : mais pour qu’ils en jugeassent sainement, il seroit à propos qu’ils se défissent de la prévention qu’il n’y a rien de bien imaginé que ce qu’ils inventent eux-mêmes, ni rien de mieux à faire que ce qu’ils font. Je les avertis que par rapport au canevas en question, j’en croirai plûtôt l’expérience que j’ai, que tous les raisonnemens qu’ils feront. J’ai vû des fonds de canevas tels que je les propose, remplis avec la derniere célérité, & où le point étoit de la derniere beauté.

Canevas, autre grosse toile de chanvre écrue, dont on se sert en piquûre de corps, ou en soûtien de boutonnieres pour les habits d’homme.

Canevas : on donne ce nom à des mots sans aucune suite, que les Musiciens mettent sous un air, qu’ils veulent faire chanter après qu’il aura été exécuté par l’orchestre & la danse. Ces mots servent de modele au Poëte pour en arranger d’autres de la même mesure, & qui forment un sens : la chanson faite de cette maniere, s’appelle aussi canevas ou parodie. Voyez Parodie.

Il y a de fort jolis canevas dans l’opera de Tancrede ; aimable vainqueur, &c. d’Hésione, est un canevas ancien. Ma bergere fuyoit l’amour, &c. des Fêtes de l’hymen, en est un moderne ; presque toutes les chaconnes de Lully, ainsi que ses passacailles ont été parodiées par Quinault ; c’est dans ces canevas que l’on trouve des vers de neuf syllabes, dont le repos est à la troisieme ; ce Poëte admirable ne s’en est servi que dans ces occasions.

Les bons Poëtes lyriques ne s’écartent jamais de la regle qui veut que les rimes soient toutes croisées, hors dans les canevas seulement. Il y en a tel qui forcément doit être en rimes masculines, tel autre en demande quatre féminines de suite. Il y en a enfin, mais en petit nombre, dont toutes les rimes sont de cette derniere espece.

La correction dans l’arrangement des vers, est une grande partie du Poëte lyrique ; les vers de douze syllabes, ceux de dix, de sept, & de six, adroitement mêlés, sont les seuls dont il se sert ; encore observe-t-il de n’user que très-sobrement de ceux de sept. Il faut même alors que dans le même morceau où ils sont employés, il y en ait au moins deux de cette mesure. Les vers de cinq, de quatre, de trois syllabes sont réservés au canevas ; la phrase de Musique qu’il faut rendre donne la loi ; une note quelquefois exige un sens fini, & un vers par conséquent d’une seule syllabe.

Les canevas les mieux faits sont ceux dont les repos & les sens des vers répondent aux différens repos, & aux tems des phrases de la Musique. Alors le redoublement des rimes est un nouvel agrément : il n’est point d’ouvrage plus difficile, qui exige une oreille plus délicate, & où la prosodie Françoise doive être plus observée. Le Poete qui est en même tems Musicien, a dans ces sortes de découpures un grand avantage sur celui qui n’est que Poete. (B)

Aussi, comme l’observe M. Rousseau, il y a bien des canevas dans nos operas qui, pour l’ordinaire, n’ont ni sens ni esprit, & où la prosodie Françoise se trouve ridiculement estropiée.

CANGERECORA, (Géog.) ville des Indes, en-deçà du Gange, au pays de Canara, sur les frontieres du Malabar.

* CANGETTE, s. f. (Commerce.) petite serge qui se fabrique en quelques endroits de basse-Normandie ; elle est de bon usage & à bon prix.

CANGIANO, (Géog.) petite ville d’Italie, au royaume de Naples, dans la principauté citérieure.


CANGOXUMA, (Géog.) ville d’Asie de l’empire du Japon, dans l’île de Ximo, au royaume de Bungo.

CANGRI, (Géog.) petite contrée d’Asie, dans la Natolie, dont la capitale qui est sur le fleuve Zacarat porte le même nom.

CANGRIA, (Géog.) ville de la Turquie en Asie dans la Natolie.

CANIART, oiseau. Voyez Colin.

CANICIA, (Géog.) province d’Afrique en Barbarie, entre Alger & Tunis.

CANICIDE, s. m. se dit d’une dissection Anatomique des chiens vivans. Drelincourt s’est servi de ce terme dans ses XVII. expériences Anatomiques, dans lesquelles il décrit ses canicides avec tous les phénomenes qui les ont accompagnés. Castelli. (L)

CANICLU, (Géog.) province d’Asie, dans la grande Tartarie, à l’ouest du Tibeth ; les habitans sont idolatres.

CANICULAIRES, (jours caniculaires.) marquent proprement un certain nombre de jours qui précedent & qui suivent celui où la canicule se leve le matin avec le soleil. Voyez Canicule. Les Egyptiens & les Ethiopiens commençoient leur année aux jours caniculaires.

CANICULE, s. f. (Astronomie.) c’est le nom d’une des étoiles de la constellation du grand chien, qu’on appelle aussi simplement l’étoile du chien ; les Grecs la nommoient σείριος, sirius. Voyez Sirius.

Pline & Galien donnent aussi à la canicule le nom de Procyon, quoiqu’en effet Procyon soit le nom d’une autre étoile dans le petit chien. Voyez Procyon.

La canicule est la dixieme étoile dans le catalogue Anglois de Flamsteed, & la seconde dans ceux de Ptolomée & de Tycho. Elle est située dans la gueule du grand chien, & est de la premiere grandeur ; c’est la plus grande & la plus brillante de toutes les étoiles du ciel.

Quelques auteurs anciens nous disent après Hippocrate & Pline, que le jour où la canicule se leve, la mer bouillonne, le vin tourne, les chiens entrent en rage, la bile s’augmente & s’irrite, & tous les animaux tombent en langueur & dans l’abattement ; que les maladies qu’elle cause le plus ordinairement, sont les fievres ardentes & continues, les dyssenteries & les phrénésies, &c. Voilà bien des chimeres.

Si la canicule pouvoit avoir la propriété d’apporter le chaud, ce devroit être plûtôt aux habitans de l’hémisphere méridional qu’à nous, puisque cette étoile est dans l’hémisphere méridional, de l’autre côté de l’équateur. Cependant il est certain que les peuples de cet hémisphere sont alors en hyver. La canicule & les autres étoiles sont trop éloignés de nous, pour produire sur nos corps ni sur notre système planétaire aucun effet sensible. (O)

* Les Romains étoient si persuadés de la malignité de la canicule, que pour en écarter les influences, ils lui sacrifioient tous les ans un chien roux ; le chien avoit eu la préférence dans le choix des victimes, à cause de la conformité des noms. Ce n’est pas la seule occasion où cette conformité ait donné naissance à des branches de superstition : la canicule passoit ou pour la chienne d’Erigone, ou pour le chien que Jupiter donna à Minos, que Minos donna à Piocris, & que Procris donna à Cephale.

CANIDE, ou CANIVET, très-grand & très-beau perroquet d’Amérique. Voyez Perroquet.

CANIF, s. f. outil de l’Ecrivain ; c’est une espece de petit couteau d’acier, fort tranchant, & dont le manche ressemble assez à une pyramide à pans ; il sert à tailler les plumes ; il y en a un d’une autre espece, à ressort, & dont le manche ressemble beaucoup par sa partie supérieure à celui d’un coûteau : mais sa partie inférieure finit en pointe. Cette pointe