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grede & aux hermodates ; les autres ingrédiens ne sont employés que comme correctifs, selon la méthode des anciens.

Ce remede n’est presque d’aucun usage parmi nous. On pourroit l’employer cependant dans les cas où les hydragogues sont indiqués, depuis la dose d’un gros jusqu’à celle de demi-once. (b)

COT

CO-TANGENTE, s. f. (Géom.) c’est la tangente d’un arc qui est le complément d’un autre. Ainsi la co-tangente de 30 degrés est la tangente de 60 degrés. Voyez Tangente, Angle, &Degré. (O)

COTANTIN, adj. pris subst. (Geog. mod.) pays de la basse Normandie dont une partie forme une presqu’île qui s’avance sur l’Océan, & qui remplit les piés du chien couché qui représente la Normandie sur les cartes. Voyez Coutance.

COTARDIE ou COTTE-HARDIE, s. f. (Hist. mod.) espece de pourpoint ou d’habillement commun aux hommes & aux femmes il y a quatre cents ans. C’étoit une des libéralités que les seigneurs étoient en usage de faire à leurs vassaux & autres personnes qu’ils vouloient gratifier ; & ils mettoient de l’argent dans l’escarcelle ou bourse, qui suivant l’usage de ce tems-là étoit attachée à cette sorte de vêtement. Froissart, dans des poésies manuscrites qu’on a de lui, raconte qu’Amedée comte de Savoie lui donna une bonne cotte-hardie de vingt florins d’or. Mém. de l’acad. tome X. (G)

COTATI, (Géog. mod.) ville d’Asie dans la presqu’ile de l’Inde, en-deçà du Gange, au royaume de Travanor. Long. 95. 8. lat. 8.

COTATIS, (Géog. mod.) ville d’Asie dans la Géorgie, capitale du pays d’Imirette, sur le Phase. Long. 61. 20. lat. 43. 10.

* COTBET, s. f. (Hist. mod.) discours par lequel les Imans commençoient ordinairement leur priere du vendredi, à l’exemple de Mahomet. Mahomet, les jours d’assemblée, montoit sur une estrade & entretenoit le peuple de la grandeur de Dieu, puis il mettoit les affaires en délibération. Les califes Rachidis qui lui succéderent suivirent le même usage. Mais la domination mahométane s’étant très-étendue, & le gouvernement étant devenu à-peu-près despotique, le peuple ne fut plus consulté sur les affaires du gouvernement, & on laissa à des muftis le soin de faire la cotbet au nom du calife. A l’avenement d’un nouveau calife, le peuple pendant la cotbet levoit les mains, les mettoit l’une sur l’autre, & cette cérémonie lui tenoit lieu du serment de fidélité. Ainsi celui au nom de qui la cotbet se faisoit, étoit censé le souverain. Les familles puissantes qui se révolterent contre les califes de Bagdat, n’oserent d’abord les priver de l’hommage de la cotbet. Il semble cependant qu’en s’y prenant si maladroitement, ils perpétuoient la mémoire de leur révolte. La cotbet se faisoit au nom du calife par devoir, & du sultan par soûmission, par tout, excepté en Afrique & en Egypte, où les Fatimides l’ordonnerent en leur nom seulement. Mais Nouraddin sultan de Syrie ne fut pas plûtôt maître de l’Egypte, qu’il ordonna la cotbet au nom du califat de Bagdat. Cet exemple fut suivi généralement par tous les princes Mahométans, & dura presque jusqu’à l’extinction du califat dans la personne de Mostasem, que les Tartares conquérans de l’Orient jusqu’aux frontieres de l’Egypte, enfermerent dans un sac, & écraserent sous les piés de leurs chevaux. Quatre ans après cet évenement, Bibars quatrieme des mamelins Turcs, revêtit de la dignité de calife un inconnu qui se disoit de la famille d’Abbas, & fit faire la cotbet en son nom. Ce calife prétendu fut assas-


siné au bout de cinq mois, & eut un nommé Hakem pour successeur à ce califat fictif, qui ne donnoit de prérogatives que celle d’avoir son nom prononcé dans une priere. Le nom d’Hakem resta dans la cotbet parmi les mamelins Turcs & Circassiens, jusqu’à la mort de Tumambis dernier sultan Circassien, que Selim fit étrangler en 1515. Le califat imaginaire ayant alors cessé, la cotbet, cette priere aussi ancienne que le Mahométisme, ne se fit plus. Dans cet intervalle, lorsque les Fatimides ordonnerent la cotbet en leur nom, les Abassides les traiterent d’hérétiques : mais les Fatimides ne demeurerent pas en reste avec leurs envieux ; ceux-ci faisant garnir d’un tapis noir l’estrade sur laquelle la cotbet se disoit en leur nom, les Fatimides crierent de leur côté à l’hérésie contre les Abassides, parce que le blanc étoit la couleur d’Hali.

COTBUS, (Géog. mod.) ville forte d’Allemagne dans la basse Lusace, sur la Sprée. Long. 33. 4. lat. 51. 40.

COTE, s. f. (Jurisprud.) a plusieurs significations différentes ; quelquefois ce terme se prend pour une lettre ou chiffre que l’on met au dos de chaque piece mentionnée dans un inventaire ou dans une production, pour les distinguer les unes des autres, & les reconnoître & trouver plus aisément. Le mot cote en ce sens vient du latin quot ou quota, parce que la lettre ou le chiffre marque si la cote est la premiere ou la seconde, ou autre subséquente. On comprend ordinairement sous une même cote toutes les pieces qui ont rapport au même objet ; & alors la lettre ou chiffre ne se met sur aucune des pieces en particulier, mais sur un dossier auquel elles sont attachées ensemble. Ce dossier, qu’on appelle aussi cote, contient ordinairement un titre qui annonce la qualité des pieces attachées sous cette cote ; & si c’est d’une production, le nom des parties pour & contre, le numero du sac dont ces pieces font partie, le nom des procureurs, & enfin la cote proprement dite, qui est la lettre ou chiffre relatif aux pieces de cette liasse. Voyez ci-après Coter.

Cote signifie aussi la part que chacun doit payer d’une dépense, dette, ou imposition commune ; cela s’appelle cote ou cote-part, quasi quota pars. (A)

Cote d’un Dossier, est une feuille de papier qui enveloppe des pieces, & sur laquelle on met en titre, les noms des parties, de l’avocat, des procureurs. Voyez ci-après Coter. (A)

Cote d’Inventaire, est la lettre ou chiffre qui est marqué sur chaque piece inventoriée, ou sur chaque liasse de pieces attachées ensemble. On cote ainsi les pieces dans les inventaires qui se font après le décès de quelqu’un, ou en cas de faillite, séparation, &c. On les cote pareillement dans les inventaires de production qui se font dans les instances appointées, & dans les productions nouvelles qui se font par requête ; dans les procès-verbaux qui se font pour la description, reconnoissance, & vérification de certaines pieces. (A)

Cote maltaillée, se dit d’un compte qu’on a arrêté sans exiger tout ce qui pouvoit être dû, & où l’on a rabattu quelque chose de part & d’autre. Ce terme maltaillée, vient de ce qu’anciennement, lorsque l’usage de l’écriture étoit peu commun en France, ceux qui avoient des comptes à faire ensemble marquoient le nombre des fournitures ou payemens sur des tailles de bois, qui étoient un leger morceau de bois refendu en deux, dont chacun gardoit un côté ; & lorsqu’il étoit question de marquer quelque chose, on rapprochoit les deux parties qui devoient se rapporter l’une à l’autre, & l’on faisoit en-travers des deux pieces une taille ou entaille dans le bois avec un couteau, pour marquer un nombre : quand ces deux parties ou pieces ne se rapportoient