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liaque, qui se distribue au côté gauche & inférieur de l’épiploon. (L)

EPIPLONPHALE, s. f. en Chirurgie, espece d’exomphale ou descente du nombril, qui consiste en une tumeur ou gonflement de cette partie, produit par le déplacement de l’épiploon. Voyez Exomphale & Entéro-épiplomphale.

Ce mot est composé du grec, ἐπίπλοον, épiploon, coiffe, & ὀμφαλὸς, nombril. (Y)

EPIPLOON, s. m. en Anatomie, membrane grasse répandue sur les intestins, & qui entre même dans leurs sinuosités. On l’appelle aussi omentum, & le peuple la nomme coiffe.

Ce mot est formé du grec, ἐπιπλέειν, floter dessus, parce que cette membrane paroît à la vérité flotante sur les intestins. (L)

EPIPLOSARCONPHALE, s. f. en Chirurgie, espece de tumeur ou d’exomphale, qui est formée de l’épiploon, & compliquée d’une excroissance de chair. Voyez Exomphale.

Ce mot est formé de trois mots grecs, ἐπίπλοον, épiploon, σάρξ, chair, ὀμφαλὸς, nombril. (Y)

* EPIPYRGIDE, adj. pris subst. c’est-à-dire plus grande qu’une tour ; c’est ainsi que les Athéniens appelloient une statue colossale à trois corps, qu’ils avoient consacrée à Hécate.

EPIQUE, adj. Poëme épique : on appelle ainsi un poëme où l’on célebre quelques actions signalées d’un héros. Voyez Epopée.

EPIRE, (Hist. anc. Géog.) Le nom d’Epire se prend en deux sens par les écrivains grecs ; ils s’en servent quelquefois pour exprimer en général ce que nous appellons Continent, & quelquefois pour désigner plus particulierement un pays d’Europe, qui étoit situé entre la Thessalie & la mer Adriatique, & qui fait partie de l’Albanie moderne.

Son voisinage avec la Grece a sur-tout contribué à le rendre fameux dans l’ancienne histoire ; & quoiqu’il fût d’une très-petite étendue, cependant Strabon y compte jusqu’au nombre de quatorze nations Epirotes : tels furent les Chaoniens, les Thesprotes, les Molosses, les Ethisiens, les Athamanes, les Perrhebes, les Embrasiens, &c. Mais nous ne nous engagerons point dans ce défilé ; nous ne rechercherons pas non plus les raisons qui ont porté les Poëtes à placer leur enfer dans cette partie de la Grece ; encore moins parlerons-nous du combat d’Hercule & de Geryon, qui rendit ce pays célebre ; tout cela n’est point du ressort de cet Ouvrage. Nous devons, au contraire, nous hâter de dire que l’Epire, qui étoit d’abord un royaume libre, fut ensuite soûmis aux rois de Macédoine, & tomba enfin sous le pouvoir des Romains. On sait que Paul Emile ayant vaincu Persée, dernier roi de Macédoine, ruina soixante-dix villes des Epirotes qui avoient pris le parti de ce prince, y fit un butin immense, & emmena 150 mille esclaves.

Les empereurs de Grece établirent des Despotes en Epire, qui posséderent ce pays jusqu’au regne d’Amurat II. Ce conquérant le reunit aux vastes états de la porte ottomane. Ainsi les Epirotes libres dans leur origine, riches, braves, & guerriers, sont à présent serfs, lâches, misérables : épars dans les campagnes ruinées, ils s’occupent à cultiver la terre, ou à garder les bestiaux dans de gras pâturages, qui nous rappellent ceux qu’avoient les bœufs de Geryon, dont les historiens nous ont tant parlé ; mais c’est la seule chose des états du fils d’Achille qui subsiste encore la même. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

* EPISCAPHIES, adj. pris subst. (Myth.) Les Rhodiens célébroient des fêtes qu’ils appelloient les fêtes des barques, ou les épiscaphies. Episcaphie vient d’ἐπὶ, sur, & de σκάφη, barque.


* EPISCENES, adj. pris subst. (Myth.) Les Lacédémoniens célébroient des fêtes qu’ils appelloient les fêtes des tentes, ou les épiscenes. Episcenes est formé d’ἐπὶ, sur, & de σκηνὴ, tente.

EPISCOPAL, se dit de tout ce qui a rapport à la dignité ou à la personne des évêques : ainsi l’on dit dignité épiscopale, le corps épiscopal, croix épiscopale, palais épiscopal, &c.

EPISCOPAT, s. m. (Hist. eccl.) ordre ou dignité d’un évêque : c’est la plénitude & le complement du sacerdoce de la loi nouvelle.

On convient généralement que tous les évêques, en vertu de la dignité épiscopale, ont une égale puissance d’ordre ; & c’est en ce sens que l’on dit qu’il n’y a qu’un épiscopat, & que cet épiscopat est solidairement possédé par chacun des évêques en particulier. Episcopatus unus est (dit S. Cyprien, lib. de unit. Ecclesiæ), cujus pars à singulis in solidum tenetur.

Les Théologiens scholastiques sont partagés sur la question, savoir si l’épiscopat, c’est-à-dire l’ordination épiscopale, est un ordre & un sacrement. Les uns, comme Guillaume d’Auxerre, Almani, Cajetan, Bellarmin, Maldonat, Isambert, &c. soûtiennent que l’épiscopat est un sacrement & un ordre proprement dit, distingué de la prêtrise, mais qui doit toûjours néanmoins en être précédé : Hugues de S. Victor, Pierre Lombard, S. Bonaventure, Soto & plusieurs autres, prétendent que l’épiscopat n’est ni un ordre ni un sacrement, mais que l’ordination épiscopale confere à celui qui la reçoit une puissance & une dignité supérieure à celle des prêtres. Durand & quelques autres regardent simplement l’épiscopat comme une extension du caractere sacerdotal. Le premier de ces sentimens est le plus généralement suivi ; mais ceux qui le soûtiennent sont encore divisés sur ce qui constitue la matiere & la forme de l’épiscopat considéré comme sacrement.

Comme on pratique dans la consécration des évêques plusieurs cérémonies différentes, telles que l’imposition des mains, l’onction sur la tête & sur les mains, l’imposition du livre de l’évangile sur le col & les épaules de l’élû, la tradition de la crosse & de l’anneau, & celle même du livre des évangiles, les Théologiens ont pensé qu’outre l’imposition des mains quelqu’une de ces cérémonies étoit matiere essentielle de l’épiscopat. Mais comme en ce point on doit plus faire attention à la pratique universelle & constante de l’Eglise qu’aux opinions particulieres des Théologiens, il est clair que la plûpart de ces cérémonies n’ont été ni par-tout, ni de tout tems en usage dans la consécration des évêques. Quant à l’onction de la tête & des mains, elle n’est point en usage chez les Grecs, comme le remarquent les PP. Morin, Goar & Martene, cependant on ne leur conteste point la validité ni la succession de l’épiscopat. L’imposition du livre des évangiles sur la tête & les épaules de l’évêque élû n’est point fondée dans l’antiquité ; Isidore de Seville, qui vivoit dans le vij. siecle, n’en dit pas un mot dans la description qu’il donne de la consécration des évêques, lib. II. de officiis divin. cap. v. Almain & Amalaire, traitant des mêmes matieres, regardent cette cérémonie comme une chose nouvelle qui n’avoit aucun fondement dans la tradition, & qu’on ne pratiquoit point encore de leur tems dans les églises de France & d’Allemagne. Enfin la tradition de l’évangile, de la crosse & de l’anneau, est d’un usage encore plus récent, & même aujourd’hui inconnu dans l’église greque, comme l’observe le P. Morin : d’où il est aisé de conclure que l’imposition des mains seule est la matiere de l’épiscopat ; elle est expressément marquée dans l’Ecriture comme le signe sensible qui confere la grace. Les Peres & les Conciles s’accordent à