Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 6.djvu/334

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


dans ses classes de maladies, avoir vû en 1728 à Montpellier, un homme qui ayant oüi dire qu’on devoit le faire prendre pour le traduire en prison, en fut si frappé de peur, qu’il en perdit le mouvement & le sentiment : on avoit beau crier, l’interroger, le pincer, il ne bougeoit ni ne disoit mot ; il tenoit les yeux à demi-ouverts, retenant toûjours la même attitude dans laquelle il avoit été saisi d’épouvante.

Les saignées, les émétiques, les clysteres acres, irritans ; les sternutatoires, les cauteres actuels ; tous ces remedes employés avec prudence, séparément ou conjointement, selon que le cas l’exige, peuvent remplir toutes les indications dans cette maladie. On doit avoir attention de ne faire d’abord usage que des moins violens, en passant par degrés aux plus actifs. (d)

EXTENSEUR, adj. pris subst. (Anat.) est le nom d’un muscle qui produit le mouvement des os, que les Anatomistes appellent extension.

Ce mouvement est opposé à la flexion, & devient même une flexion en sens contraire, si la forme de l’articulation ne s’y oppose, comme on le voit dans les splenius & complexus, dans les cubitaux & radiaux externes, dans les extenseurs des doigts du pié, &c.

Les muscles extenseurs des doigts de la main & du pié, n’ont point d’autre nom que celui qu’ils tirent de leur fonction. M. Morgagni observe que les muscles du pouce & des autres doigts de la main, surtout les extenseurs, présentent beaucoup de variétés dans les différens sujets, pour ce qui regarde le nombre & la distribution de leurs tendons, & qu’on ne peut en promettre une description bien certaine. Voyez ses adversar. anat. II. pag. 40. On peut appliquer cette remarque aux extenseurs des orteils, comme nous verrons plus bas.

L’extenseur commun des doigts de la main, vient de la partie postérieure & inférieure du condyle externe de l’humerus ; il sort d’une gaine tendineuse qui enveloppe & pénetre les muscles anconé, radial & cubital externes : il se divise en trois portions charnues, terminées par trois tendons qui passent sous le ligament annulaire commun externe du poignet. Un quatrieme tendon qui va au petit doigt, mais qu’on ne trouve pas toûjours, passe pour un anneau particulier du même ligament. Les extrémités de ces tendons s’inserent aux tubercules oblongs & transverses des parties supérieures externes des têtes des secondes phalanges ; ensuite elles s’écartent latéralement en deux bandelettes qui se réunissent encore, & s’attachent aux faces convexes des troisiemes phalanges près de leurs bases.

L’extenseur propre du petit doigt est enveloppé dans son principe de la gaine tendineuse du coude, dont il est parlé ci-dessus. Il est attaché le long de la moitié supérieure externe de l’os du coude. Son tendon divisé superficiellement dans le trajet sur le dos de la main, accompagne le quatrieme tendon de l’extenseur commun, & s’unit avec lui sur le quatrieme os du métacarpe.

L’extenseur propre de l’index, qu’on appelle aussi indicateur, vient par un principe tendineux de la partie externe & moyenne du cubitus, au-dessous de l’attache du grand extenseur du pouce. Il est encore un peu attaché au ligament inter-osseux ; il se termine par un tendon qui passe par le ligament annulaire des tendons de l’extenseur commun, & qui s’unit avec le tendon de ce muscle qui va au doigt index, au-dessus de la tête du premier os du métacarpe.

Le petit extenseur du pouce de la main vient de la partie externe & presque supérieure de l’os du coude ; il s’attache ensuite au ligament inter-osseux, forme un tendon qui passe dans le sinus antérieur de


la tête inférieure du rayon, & s’unit avec le tendon du grand extenseur du pouce, sur la partie convexe de la base de la seconde phalange.

Le grand extenseur du pouce de la main, tire son origine de la partie externe & moyenne du cubitus ; il s’attache aussi au ligament inter-osseux, & à la partie moyenne du radius. Son tendon passe sous le ligament transversal externe du poignet ; & après s’être uni avec le tendon du petit extenseur, va se terminer à la partie convexe de la troisieme phalange, près la base.

Le long extenseur des doigts du pié, vient du côté externe de la tête du tibia, de l’épine antérieure de la tête du péroné, de la partie supérieure du ligament inter-osseux : il est attaché le long de la face interne du péroné. En passant sous le ligament annulaire commun, il se divise en quatre tendons qui se portent sur la face supérieure des quatre derniers orteils.

Le court extenseur des orteils vient de la partie supérieure & antérieure du calcanéum & de l’astragal ; il se divise en quatre tendons, dont le premier s’attache à la partie convexe de la premiere phalange du pouce. Les autres tendons forment dans les trois doigts suivans, avec les tendons du long extenseur, des tendons communs qui s’inserent aux secondes phalanges de ces doigts : de-là les tendons des deux extenseurs se séparent ; & s’unissant derechef, se terminent aux troisiemes phalanges.

L’extenseur propre du pouce est attaché aux trois quarts supérieurs de la face interne du péroné, à la partie voisine du ligament inter-osseux, & un peu à l’extrémité inférieure du tibia. Son tendon s’insere à la partie supérieure de la premiere tête de la derniere phalange du pouce.

Cowper, & après lui Douglas, ont admis un court extenseur du gros orteil ; mais ce muscle, par leur description, semble faire partie du court extenseur des orteils, ainsi que l’a pensé M. Albinus. Voyez son ouvrage intitulé, Historia musculorum hominis, pag. 603.

Il est aisé d’expliquer l’extension libre de chaque doigt de la main, & l’extension nécessairement simultanée des quatre doigts du pié après le pouce, par la différence des extenseurs des doigts de la main & du pié. La myographie comparée du chien, donnée par M. douglas, explique aussi la simultanéïté de l’extension des doigts de cet animal.

On trouvera la comparaison des muscles extenseurs & fléchisseurs, dans l’article Fléchisseur. (g)

EXTENSIBILITÉ, s. f. (Phys.) est la propriété que certains corps ont de pouvoir souffrir de l’extension. Ce mot se dit principalement des cordes, des métaux, &c. Voyez Ductilité & Extension.

EXTENSION, s. f. (Phys.) en parlant des corps, est la même chose qu’étendue. Voyez Etendue.

Extension signifie aussi la même chose que dilatation, expansion, raréfaction. Voyez ces mots.

On voit une preuve bien sensible de l’extension des métaux par la chaleur, à la machine de Marly ; toutes les barres qui servent à communiquer le mouvement des roues, varient tellement de longueur, qu’on a été obligé de faire plusieurs trous à l’endroit de leur jonction, pour les ajuster entr’elles à proportion de leur longueur. Supposant deux tiers de ligne pour l’alongement d’une barre de fer de six piés, ce seroit six pouces sur cent toises ; ce qui produiroit dans le jeu des pistons un dérangement considérable, sans la précaution dont on vient de parler. La chaleur, ainsi que le froid, doivent par cette raison déranger souvent les horloges de clocher : la même raison peut influer quelquefois sur les montres de poche. D’habiles artistes ayant remarqué que l’extension du fer