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Ils varient selon les degrés de la fistule & ses complications, & c’est aussi sur ces différens degrés que le maréchal doit asseoir son prognostique.

Il s’agit d’abord de fixer le cheval dans le travail, de maniere qu’il ne puisse mouvoir sa tête en aucune maniere. Voyez Travail. Lorsqu’il sera parfaitement assujetti, on comprimera avec le doigt l’endroit de l’angle interne, qui répond au sac lacrymal, pour reconnoître la qualité de la matiere qui remplit ce sac. Si celle qui sortira par les points lacrymaux, est épaisse & d’une couleur verdâtre, la carie est certaine ; si elle est très-abondante & loüable, on peut croire que les os sont sains, & n’ont point encore été affectés ; mais on doit se hâter de prévenir un semblable progrès. Le stilet a l’effet de désobstruer le canal nasal, & les injections d’eau d’orge & de miel rosat, sont dans l’animal les seules ressources que nous devons employer dans le dernier des cas dont je viens de parler. Elles m’ont réussi relativement au cheval que j’ai traité d’une pareille fistule. Je sondai le point lacrymal supérieur après avoir renversé la paupiere supérieure pour le découvrir, dans l’intention de débarrasser le canal nasal des obstacles qui pouvoient s’opposer au cours de la matiere & des larmes ; j’introduisis ma sonde le plus profondément qu’il me fut possible, après quoi j’injectai par le point lacrymal inférieur, la liqueur dont j’ai prescrit la composition, & à laquelle le stilet venoit de frayer une route, observant de faire une legere compression sur la tumeur, afin que cette liqueur poussée dans ce sac ne donnât point lieu à une plus grande dilatation. Je m’apperçus dès le quatrieme jour, qu’elle s’étoit fait un passage dans les nasaux ; je réitérai cinq ou six fois mes injections, & les chemins naturels furent ouverts de maniere que tous les accidens cesserent.

Si ce procédé n’avoit point été suivi d’un succès aussi heureux, je me serois déterminé à faire l’opération que demande & qu’exige la fistule compliquée ; car l’impuissance où nous sommes de tenter la voie de la compression, ainsi qu’on le pratique dans l’homme, & l’avantage d’accélérer sûrement la guérison d’un animal que nous pouvons traiter avec moins de ménagement, sont des motifs qui doivent nous empêcher de balancer dans des conjonctures semblables.

Pour cet effet, j’aurois mis le cheval dans la même position ; j’aurois fait mon incision avec un bistouri courbe, un aide me secondant, & s’occupant du soin d’affermir la peau de l’angle interne, & de contenir les paupieres. Cette incision auroit pénétré jusqu’aux os, & j’aurois eu l’attention de diriger mon instrument de façon à ne point intéresser la commissure de ces mêmes paupieres, & à ne point offenser des vaisseaux. J’aurois ensuite dilaté la plaie, dans laquelle j’aurois glissé quelques bourdonnets, afin de la rendre plus vaste, & je les aurois assujettis par le moyen d’un des côtés des lunettes. Voyez Lunettes. Le lendemain, les os étant à découvert, j’aurois porté la pointe d’un stilet sur l’os angulaire. Le maréchal n’oubliera pas qu’il est au grand angle une legere éminence osseuse & pointue, dont on peut s’assurer avec le doigt : cette éminence peut lui servir de guide. L’introduction de son stilet doit se faire directement au-dessous, & il lui fera décrire une ligne un peu plus oblique, de haut en bas, que celle que le chirurgien suit à l’égard de l’homme, la partie inférieure de l’orbite ayant une assiette plus large dans le cheval ; à la faveur du stilet fixé où je l’ai dit, il glissera une sorte d’entonnoir emmanché, dont l’extrémité taillée en biseau, appuyera fermement sur l’os ; il retirera son stilet, & son entonnoir lui facilitera le moyen de cautériser & de percer ce même os avec un bouton de feu, sans donner atteinte aux parties voisines. L’ouverture étant faite, il ôtera & le cau-


tere & l’entonnoir. On doit être certain que le bouton de feu a produit son effet, lorsque l’air sort par la plaie, les nasaux étant serrés & comprimés. S’il y a carie, on remettra l’entonnoir que l’on aura fait refroidir dans l’eau. & on glissera de nouveau un un autre bouton de feu plus large, car il faut la détruire & la consumer entierement.

Mais quel est le pansement méthodique qui doit suivre cette opération ? L’objet qu’on doit se proposer se réduit à procurer l’exfoliation de l’os brulé, & à maintenir le canal artificiel qui doit desormais fournir un passage aux larmes. Le maréchal introduira donc d’abord une sorte de bougie de plomb dans le trou pratiqué à l’os, & il l’y fixera, il garnira ensuite la plaie de bourdonnets enduits de baume d’Arceus ou de quelqu’autre digestif, auxquels il substituera dans la suite des bourdonnets trempés dans l’huile de gayac, s’il y a eu une carie. Il appliquera enfin un collyre rafraîchissant, & maintiendra tout son appareil avec l’un des especes de chapeaux qui constituent les lunettes : il saignera l’animal trois heures après l’avoir opéré ; il le tiendra à une diete sévere, à un régime exact, au son, à l’eau blanche ; il attaquera le mal jusque dans sa source, par des remedes intérieurs administrés ; & sur la fin de sa cure, lorsqu’il s’appercevra que l’exfoliation est faite, qu’il n’y a plus de larmoyement, & que les chairs qu’il aura toûjours eu soin de reprimer sont loüables, il hâtera la cicatrice au moyen des remedes balsamiques & dessicatifs. C’est ainsi que, guidé par l’analogie & par la connoissance de l’économie animale, il trouvera dans les lumieres qui éclairent la Chirurgie, une grande partie de celles qui peuvent contribuer aux progrès de son art. (e)

Fistules ou Canaux, (Jardinage.) se rassemblent en forme de reseaux, & forment des faisceaux perpendiculaires, tant pour porter le suc nourricier dans les parties les plus élevées des arbres, que pour respirer par les plus gros d’entr’eux. Ce sont les trachées des plantes, ainsi que les poumons dans les insectes. (K)

* Fistule ou Petite Flute, (Luth.) c’étoit dans la musique ancienne un instrument à vent, semblable à la flûte ou au flageolet. Voyez Flute.

Les principaux instrumens à vent des anciens, étoient la tibia à la fistule. A l’égard de la maniere dont ces instrumens étoient faits, ou en quoi ils différoient l’un de l’autre, ou comment on en joüoit, cela nous est absolument inconnu. Nous savons seulement que la fistule étoit faite de roseau, & que par la suite on employa d’autres matieres pour la fabrique. Quelquefois la fistule avoit des trous, quelquefois elle n’en avoit pas ; souvent elle n’étoit composée que d’un seul tuyau, & quelquefois elle en avoit plusieurs, comme la flûte de Pan. Voyez Flute.

FITZ, vieux mot françois qui à la lettre signifie fils. On ajoûte ordinairement ce terme au nom des fils naturels des rois d’Angleterre, comme James fitz-roi, duc de Grafton ; Jacques fitz-James, duc de Berwik, &c.

En Irlande, plusieurs familles portent ce titre de fitz devant le nom de leur famille, comme les fitz-Morits, les fitz-Gerald, & d’autres.

Les Moscovites ont employé dans le même sens le mot witz qui répond à fils, mis après le nom de leur pere ; ainsi le czar Pierre I. est appellé Pierre Alexiowitz, c’est-à-dire Pierre fils d’Alexis ; & son fils étoit nommé Alexis Petrowitz, c’est-à-dire Alexis fils de Pierre. On le nommoit encore le Czarwitz, ou fils du czar. Chambers. (G)

FIVELINGO, Fivelingia, (Géogr.) contrée des Ommelandes, dans la province de Groningue. Une inondation arrivée en Novembre 1686, y fit périr 416 personnes ; & une autre pendant la nuit de Noël