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1717, y fit aussi de grands ravages. Voyez Ommelandes. (D. J.)

FIUM, (Géog.) grande ville d’Afrique, capitale de la province de même nom, dans la moyenne Egypte. Cette province est coupée par un grand nombre de canaux artificiels, & de ponts pour la communication. C’est la seule où il y ait des raisins. Si la ville de Fium est l’ancienne Abydos, elle a été fameuse dans l’antiquité. Là étoit le palais de Memnon ; le sépulcre d’Osiris, qui avoit aussi un temple célebre ; & les tombeaux des grands, qui aimoient à s’y faire inhumer, pour avoir leur sépulture près de celle d’Osiris, comme Plutarque nous l’apprend. Fium est située sur un canal qui communique au Nil, à 12 lieues S. O. du Caire. Longit. 49. 4. latit. 29. (D. J.)

FIXATION & FIXÉ, (Chimie.) La fixation est une opération chimique, par laquelle un corps auparavant volatil est rendu fixe (voyez Volatil & Fixe) ; & le corps qui a subi ce changement, s’appelle fixé.

La fixation s’opere par composition ou par décomposition. Certaines substances, volatiles par leur nature, sont fixées par composition, c’est-à-dire par leur union chimique, à d’autres substances, soit fixes, soit volatiles. C’est ainsi que l’acide nitreux est fixé par l’argent, qui est fixe ; & par le mercure, qui est volatil ; que le mercure est réciproquement fixé par l’acide nitreux ; que cette même substance métallique l’est par l’acide vitriolique, &c. voyez Mercure. D’autres substances sont fixées par dépouillement ou décomposition, c’est-à-dire par la séparation chimique de certains principes à l’union desquels elles devoient leur volatilité. C’est ainsi que les substances métalliques, combinées sous la forme du composé chimique, connu sous le nom de beurre & de métal corné, perdent leur volatilité, sont fixées ou réduites par la séparation de l’acide du sel marin ; que les métaux combinés avec des matieres connues dans la Métallurgie sous le nom de voleuses, rapaces, sont rendues fixes par la soustraction de ces matieres, qui s’opere principalement par le grillage. Voyez Acide du sel marin, à l’art. Sel marin. Voyez Grillage.

La prétendue fixation du nitre par le charbon, par le soufre, &c. ne ressemble en rien à la fixation que nous venons de définir ; premierement, parce que le nitre n’est pas naturellement volatil, & qu’ainsi on ne sait ce que c’est que fixer le nitre ; secondement, parce que le prétendu nitre fixé n’est pas du nitre, mais seulement un de ses principes, sa base, soit simplement dégagée & laissée nue, soit combinée avec un nouvel acide. Voyez Nitre.

Le mercure appellé fixé ou précipité per se, n’a pas acquis une fixité absolue à beaucoup près ; il n’a que quelques degrés de volatilité de moins que dans son état ordinaire de mercure coulant. On ignore absolument quelle espece d’altération éprouve le mercure fixé per se.

La théorie de la fixation manque absolument à l’art, aussi-bien que celle de la fixité & de la volatilité. Les explications méchaniques sont ici éminemment en défaut ; voyez ce que nous avons dit de celle de Boyle, article Chimie, ch. j. p. 416. (b).

* FIXE, adj. (Astronom.) On se sert de ce mot en Astronomie, pour distinguer les étoiles qui n’ont aucun mouvement propre, d’avec les étoiles errantes ; on nomme celles-ci planetes, & les autres, étoiles fixes, ou simplement fixes, en prenant alors le mot fixe substantivement. Voyez Etoile, Planete, &c. (O)

* FIXER, v. act. (Gramm.) C’est un terme relatif au mouvement ; il se prend au simple & au figuré : on fixe un corps dans un endroit, quand on l’y rend


immobile : on fixe une coquette, quand on rassemble sur soi tout ce qu’elle partageoit entre plusieurs personnes.

FIXITÉ, s. f. (Astronom.) Quelques auteurs ont employé ce mot, qui est commode, pour désigner la propriété qu’ont des étoiles fixes, de n’avoir aucun mouvement propre. Il est à souhaiter que ce mot fasse fortune. Celui d’immobilité rend bien à-peu-près la même idée, mais moins exactement & moins rigoureusement.

FL

FLABELLATION, s. f. terme de Chirurgie, dont Ambroise Paré s’est servi pour exprimer le renouvellement de l’air sous un membre fracturé, ou son rafraîchissement, que l’on procure en changeant la partie de place, ou en la soûlevant quelquefois, dans la crainte qu’elle ne s’échauffe & qu’il ne survienne inflammation. Ce mot vient de flabellum, qui signifie éventail, ou souffle & agitation de l’air.

La cure universelle des fractures comprend trois intentions principales ; la premiere, de réduire les pieces d’os dans leur état naturel ; la seconde, de les maintenir dans cet état (voyez Fracture) ; & la troisieme consiste à prévenir les accidens, & à y remédier, s’ils surviennent.

Le plus commun de ces accidens, même dans les fractures les plus simples, est le prurit ou demangeaison ; il est quelquefois insupportable par la douleur qu’il cause, laquelle est bientôt suivie d’inflammation & d’ulcération, si l’on n’y remédie. On préviendroit cet accident, si l’on avoit pris le soin de bien laver la partie avec de l’eau ou du vin tiede, avant l’application du premier appareil. J’ai remarqué que le prurit, & les accidens qui en résultent, étoient plus fréquens dans les hôpitaux qu’ailleurs, & qu’il étoit presque toûjours causé par la malpropreté précédente. La compression des membres, les matieres transpirables retenues & échauffées, forment avec la crasse une acrimonie qui enflamme & ulcere la partie ; c’est pourquoi Paré dit qu’il faut, dans ce cas, lever l’appareil de trois en trois jours, pour donner de l’air à la partie, & faciliter la transpiration. Il prescrit la fomentation faite avec une décoction de sauge, de camomille, de mélilot, de roses, & semblables, bouillis dans de l’eau & dans du vin. S’il s’étoit formé des vésicules ou phlictaines, il faudroit les couper, & appliquer dessus quelqu’onguent rafraîchissant & dessicatif, comme l’onguent blanc de rhasis camphré. « Le chirurgien doit pareillement prendre garde, dit Ambroise Paré, que la partie blessée ait souvent une flabellation, afin qu’elle n’acquiere inflammation. La flabellation se fera en la changeant de place, & la soûlevant par fois. Tel précepte n’est seulement à noter pour les fractures, mais aussi pour toutes parties blessées & ulcerées ». (Y)

FLACCIDITÉ, s. f. se dit, en Medecine, de l’état des fibres relâchées qui ont perdu leur ressort. Ce terme peut être regardé comme synonyme de laxité, & peut même être employé pour signifier ce dernier vice porté à son plus grand excès. Voyez Fibre (Pathol.), Débilité. (d)

Flaccidité se dit aussi de l’état du membre viril qui n’est pas en érection. Lorsque cet état est habituel, qu’il n’est pas susceptible de changer, que la nature ni l’art ne peuvent pas exciter la disposition opposée à la flaccidité, celle-ci est regardée comme le signe pathognomonique de l’espece d’impuissance qu’on appelle frigidité. C’est en parlant de cette indisposition que Juvenal, sat. x. dit :

. . . Jacet exiguus cum ramice nervus,
Et quamvis totâ palpetur nocte, jacebit.


Voyez Impuissance. (d)