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tourillon. On les garnit intérieurement d’une plaque de fer blanc, dont les oreilles a, b, fig. 9, percées chacune d’un trou, entrent dans les entailles a, b, pratiquées aux faces latérales de la boëte, où elles sont fixées par des clous.

Les hausses KK sont aussi au nombre de quatre. Ce sont de petites planches d’un pouce environ d’épaisseur, & des mêmes dimensions du reste que la base des boëtes auxquelles elles doivent s’appliquer.

Les calles sont des pieces de carton, dont le nombre est indéterminé, & dont les dimensions correspondent à celles des hausses auxquelles on les appliquera.

Les deux fermes étant assemblées, pour achever de monter la presse, on fera entrer les tourillons des rouleaux dans les ouvertures des jumelles ; savoir, ceux du rouleau dont un des tourillons est terminé par un quarré, fig. 7, dans les ouvertures supérieures rsx, fig. 6 ; & ceux de l’autre rouleau, fig. 8, dans les ouvertures inférieures yzx, fig. 6. On placera aussi les tenons de la traverse PO, fig. 5 & 1, dans les mortaises des jumelles, destinées à les recevoir, & où ils seront fixés par les vis L, fig. 1 & 6, & l’on couronnera cette charpente du sommier HH, fig. 5 & 6. La fonction du sommier est d’empêcher l’écartement des jumelles.

Cela fait, on introduira dans l’entaille inférieure de chaque jumelle, & du côté de xy, fig. 6, une boëte o, fig. 9, garnie de sa plaque de fer blanc, & préalablement enduite de vieux-oing. On enduira de la même matiere le tourillon du rouleau. On placera sous cette boëte une hausse, ensorte que le tourillon du rouleau accole la partie concave x de l’ouverture yzx. Sur les tourillons du rouleau supérieur, on place de semblables boëtes, surmontées par des hausses recouvertes de calles, jusqu’à ce que les ouvertures rsx soient suffisamment garnies.

On ajustera ensuite deux petits ais dans les rainures des bras de la presse, au-dessous desquels on placera une traverse terminée par des queues d’hironde, qui entreront dans les entailles pratiquées aux extrémités des bras. Ces traverses en empêcheront l’écartement.

Une attention essentielle, c’est que la ligne de jonction des deux rouleaux soit plus élevée d’environ un pouce, que la surface supérieure des petits ais dont on vient de parler.

On adapte le moulinet au rouleau supérieur, en faisant entrer le tenon quarré de ce rouleau dans l’ouverture de même forme qu’on voit au centre de la croisée du moulinet, fig. 10, & bientôt la presse sera prête à marcher. Il ne s’agit plus que d’y ajuster la table.

La table de la presse est une planche de noyer, d’un pouce & demi environ plus étroite que l’intervalle qui est entre les jumelles. Elle a environ trois piés & demi de longueur ; ses faces doivent en être parfaitement dressées, sur-tout celle de dessus ; on l’introduit entre les rouleaux, ôtant pour cet effet, s’il est nécessaire, quelques unes des calles qui remplissent les ouvertures supérieures des jumelles, ou en faisant, au moyen du moulinet, tourner le rouleau supérieur. Une des extrémités de la table étant amincie, elle sera prise par les rouleaux, & entraînée entr’eux dans leur mouvement. Les rouleaux doivent la comprimer fortement. Elle ne doit toucher à aucune autre partie de la presse ; c’est par cette raison qu’on a fait la partie supérieure du rouleau de dessous d’environ un pouce plus élevée que la table dormante, composée des petits ais placés entre les bras de la Presse.

Outre la presse qui est à la vérité l’instrument prin-

cipal, l’attelier de l’imprimeur en taille douce doit

encore être pourvû,

1°. de langes.

2°. de linges ou torchons.

3°. d’un tampon ou d’une balle.

4°. de noir de fumée, ou noir d’Allemagne.

5°. d’une marmite de fer pour cuire l’huile de noix.

6°. d’un marbre & de sa molette pour broyer le noir.

7°. d’une poële à feu & d’un gril pour chauffer la planche.

8°. de différens ais & de bacquets pour la trempe du papier.

Des langes. Ils sont de laine blanche, d’un bon drap bien foulé sans aucune inégalité. On en emploie quelquefois de serge fine que l’on applique les premiers sur la planche, & qu’on recouvre de langes plus grossiers. Ils n’auront ni ourlet ni lisiere. On s’en pourvoira de deux ou trois grandeurs différentes, pour les changer au besoin selon l’étendue des planches & des papiers ; mais comme à force de passer sous le rouleau, ils deviennent durs, & se chargent d’humidité, il est à propos de les étendre le soir ; & le matin, lorsqu’ils seront secs, on les maniera, froissera ou foulera en tous sens, pour les bien assouplir. Il faut aussi en avoir de rechange, afin de pouvoir, sans interruption de travail, laver ceux qui sont devenus trop durs, & les débarrasser de la colle qu’ils ont prise du papier mouillé, sur lequel on les a posés si souvent dans le cours du tirage.

Des linges ou torchons. Ce sont des lambeaux de vieux linges dont on se servira pour essuyer la planche, lorsqu’elle aura été encrée.

Du tampon ou de la balle. On la fait d’un bon linge de chanvre, doux & fin, à demi usé ; on le coupe par bandes larges de cinq à six pouces ; on roule ces bandes fort serré, comme on rouleroit un ruban, mais le plus fermement possible ; on en forme comme une molette de peintre. En cet état on les coud avec du bon fil, en plusieurs doubles, qu’on fait passer à-travers dans tous les sens. On s’aide dans ce travail d’une alene. Le tampon ou la balle bien cousue, & réduite à environ trois pouces de diametre, on la rogne avec un couteau bien tranchant ; l’autre côté sera arrondi en demi-boule, afin que le creux de la main s’y puisse appliquer commodément lorsqu’il s’agira d’encrer la planche.

Du noir de fumée ou du noir d’Allemagne. Le meilleur noir qui soit à l’usage des Imprimeurs en taille douce se fait par la combustion des matieres résineuses ; c’est une véritable suie. Voyez l’article Noir de fumée. Le bon noir doit avoir l’œil velouté ; en le froissant entre les doigts, il s’y écrasera comme l’amidon. Le noir commun n’aura pas un œil si beau ; au lieu de l’éprouver doux entre les doigts, on le trouvera rude & graveleux. Il use fort les planches ; on le tire des lies du vin brûlées.

De la marmite à cuire l’huile. Elle sera de fer, assez grande ; il faut que son couvercle s’y ajuste bien exactement. On y mettra la quantité qu’on voudra d’huile de noix, la meilleure & la plus pure, ensorte toutefois qu’il s’en manque au moins quatre à cinq doigts qu’elle ne soit pleine. On la couvrira, & l’on fera bouillir l’huile, ayant attention qu’elle ne se répande & ne s’enflamme. On la remuera souvent, soit avec une pince, soit avec des cuilleres de fer, jusqu’à ce que le feu y prenne légerement de lui-même. On pourra l’allumer avec un morceau de papier enflammé qu’on y jettera, lorsqu’elle sera chaude au point requis ; alors on retirera la marmite de dessus le feu, on la placera dans un coin de la cheminée, observant de remuer l’huile. Cette igni-