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LEPETHYMNUS ou LEPETHYMUS, (Géogr. anc.) montagne de l’île de Lesbos, que Philostrate met aux environs de Méthymne. Le nom moderne de cette montagne est Leptlino ou montagne de saint Théodore. (D. J.)

LEPIDIUM, s. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante à fleur en croix, composée de quatre pétales ; il sort du calice un pistil qui devient dans la suite un fruit en forme de lance, divisé en deux loges par une cloison qui soutient des panneaux de chaque côté, & rempli de semences oblongues. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

LEPIDOCARPODENDRON, s. m. (Hist. nat. Bot.) genre de plante établi par Boerhaave, & qu’il caractérise ainsi.

Les feuilles sont cntieres, & ordinairement rangées sans symmétrie. Son calice est composé d’un grand nombre de feuilles placées les unes sur les autres en écailles & par ordre successif. Lorsqu’il est mûr, il prend la forme d’un vaisseau écailleux, & se forme ensuite. Ses fleurs en grand nombre, & composées d’une multitude de fleurons, remplissent le fond du calice. Elles sont à pétales, irrégulieres, capillacées & hermaphrodites. L’ovaire est placé au milieu de la fleur ; il est garni de tubes, plus ou moins longs, qui forment une capsule oblongue, & finissent en deux longs filamens. Sa graine est ornée d’un grand filet, qui porte une petite plume à sa sommité. Boerhaave compte douze especes de ce genre de plante. Son nom signifie arbre ou fruit écailleux, de λεπὶς, écaille, καρπὸς, fruit, & δένδρον, arbre ; Linnæus l’appelle leucadendron. (D. J.)

LEPIDOIDE ou LEPIDOEIDE, en Anatomie, est un nom que l’on donne à la suture écailleuse du crâne Voyez Suture.

Ce mot est grec, λεπιδοειδὲς, formé de λεπὶς, écaille, & de εἶδος, forme, figure. Voyez Écailleuse.

LÉPIDOTES, s. f. (Hist. nat. Lithol.) nom donné par quelques auteurs anciens à une pierre qui ressembloit à des écailles de poisson. D’autres se sont servis de ce nom pour designer en général les pierres qui sont comme composées d’écailles, telles que plusieurs pierres talqueuses. D’autres enfin ont entendu par-là des pierres chargées des empreintes de poisson, telles que celles qu’on trouve en Allemagne, dans le pays de Hesse, à Eisleben, &c.

LEPONTII, (Geog. anc.) ancien peuple aux confins de l’Helvétie, de la Rhétie & de l’Italie, selon les differens auteurs qui en ont parlé, savoir César, liv. IV. Pline, liv. III. ch. xxjx. Ptolomée, liv. III. ch. j. & Strabon, liv. IV. p. 200. Il faut ici consulter M. Nicolas Sanson, qui a soigneusement & savamment examiné cette matiere. Il lui paroît, d’après ses recherches, que les Lépontiens occupoient les environs du Lac majeur, tirant vers les Alpes, ce qui comprend partie de l’état de Milan, & presque tous les bailliages que les Grisons tiennent en Italie, Bellinione, Lugan, Lucarno, &c. Leur situation se prouve encore par celle de leur capitale, Oscela, qu’on appelle aujourd’hui Domo d’Ossela, & par l’une des principales vallées que ce peuple a occupées, nommée Val Leventina, comme qui diroit Lepontina, qui est à la source du Tésin.

LEPORIE, Leporia, (Géogr.) c’est le nom qu’on donne à la partie de la Lapome qui appartient à la Russie. On la divise en maritime, ou mourmans-koy, où est Kéla, port de mer ; en Leporie Ters-koy, sur la mer Blanche, & en Leporie, Betla-Moresky, qui est au-dessus de la mer Blanche.

LEPRIUM, autrement LEPREUM, LEPREON, LEPREUS, (Géogr. anc.) ancienne ville du Péloponnese dans l’Elide, assez près des confins de l’Arcadie. Niger croit que le nom moderne est Chaiapa. (D. J.)


LEPRE, s. f. (Méd.) cette maladie tire son nom des écailles dont tout le corps ou quelques-unes des parties de ceux qu’elle attaque sont recouvertes. Le mot grec λέπρη est formé ἀπὸ τῶν λεπίδων, qui signifient en françois écailles. On compte ordinairement deux especes principales de lepre ; savoir la lepre des Grecs, que les Arabes appelloient tantôt albaras nigra, & tantôt albaras alba, suivant qu’ils trouvoient plus ou moins d’intensité dans les symptomes : les Latins ont prétendu la désigner sous le nom d’impetigo ; l’autre espece est la lepre des Arabes, dont le nom grec est ἐλεφαντίασις, éléphantiase. Voyez ce mot. Il paroît par les descriptions les plus exactes qui nous en restent, que ce n’est qu’une & même maladie ; que l’impetigo des Latins en est le commencemenr, le premier degré, l’état le plus doux ; la lepre des Grecs, le second degré, & enfin la lepre des Arabes ou l’élephantiase le plus haut & dernier période ; quant aux variétés qu’on observe dans les differens auteurs qui ont vu par eux-mêmes, il est clair qu’elles doivent plutôt être attribuées à la diversité de climats, de pays, de température, de sujet même, qu’à l’exactitude de ces écrivains.

La lepre commence à se manifester par l’éruption de pustules rouges plus ou moins abondantes, quelquefois solitaires, le plus souvent entassées les unes sur les autres dans différentes parties du corps, surtout aux bras & aux jambes ; à la base de ces premieres pustules naissent bientôt d’autres qui se multiplient & s’étendent extrèmement en forme de grappes ; leur surface devient en peu de tems rude, blanchâtre, écailleuse ; les écailles qu’on détache en se grattant sont tout-à-fait semblables, au rapport d’Avicenne, à celles des poissons : d’abord qu’on les a enlevées, on apperçoit un léger suintement d’une sanie ichoreuse qui occasionne un piquotement désagréable ou une démangeaison : il n’est point marqué dans les auteurs si la démangeaison est continuelle. A mesure que la maladie laissée à elle-même ou combattue par des remedes inefficaces fait des progrès, les pustules se répandent, occupent le membre entier, & ensuite les autres parties, & successivement tout le corps ; elles deviennent alors, suivant Celle, livides, noirâtres, ulcérées ; le corps ainsi couvert d’un ulcere universel, présente à l’œil le spectacle le plus affreux & exhale une odeur insoutenable ; une maigreur excessive acheve de le défigurer ; le visage, les levres & les extrémités inférieures & supérieures s’enflent prodigieusement, souvent au point qu’on ne peut appercevoir qu’à peine les doigts enfoncés & cachés sous la tumeur : survient enfin une fievre lente qui consume en peu de tems le malade. Cette cruelle maladie étoit très commune autrefois, sur-tout dans les pays chauds, dans la Syrie, l’Egypte, la Judée, à Alexandrie, &c. Willis assure que les habitans de la Cornouaille, province maritime d’Angleterre y étoient anciennement très-sujets. Les auteurs contemporains ont observé (cette observation est remarquable par rapport à la vérole) que la lepre n’attaquoit jamais les enfans avant l’âge de puberté ou d’adulte, ni les eunuques, suivant la remarque d’Archigene, & Aëtius rapporte que quelques personnes de son tems se faisoient châtrer pour s’en exempter. On croit que cette maladie n’existe plus à présent, du-moins il est certain qu’elle n’est plus connue sous le nom de lepre. Le docteur Town raconte qu’il y a dans la Nigritie une maladie qui lui est fort analogue, & qui attaque également les negres & les blancs d’abord qu’ils sont réduits au même régime, qu’ils éprouvent l’intempérie des saisons, & qu’ils font les mêmes travaux ; après que les malades ont resté quelque tems maigres, languissans, cachectiques, leurs jambes s’enflent, deviennent œdémateuses ; peu après les