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Les Sports athlétiques

prends pas que, lorsque vous voyez un établissement qui travaille dans cet ordre d’idées, il ne soit pas considéré comme un établissement luttant pour le bien de la France et l’avenir de la démocratie. Nous pouvons être des concurrents, nous devons être des concurrents, parce qu’il est excellent que, dans un pays de liberté, la centralisation soit entamée par des hommes libres et chevaleresques. Mais c’est tout.

Nous livrons le combat comme nous croyons devoir le livrer, mais nous luttons pour la même cause. Nous présentons notre épée en signe d’amitié, comme le fait un chevalier. Jamais il ne faut attaquer un chevalier, un ami du droit et de l’indépendance : on entre en pourparlers avec lui, mais on ne s’expose pas à lui faire la guerre, car l’attaquer, c’est entrer en lutte contre la justice et la liberté. (Très bien ! très bien !)

Je ne puis pas, Mesdames et Messieurs, méconnaître que l’œuvre des sports a des adversaires. M. de Coubertin traiterait cette question beaucoup mieux que moi, parce qu’il a été de toutes les batailles que les associations sportives ont soutenues, et il le ferait avec d’autant plus d’éloquence qu’ayant été de toutes les batailles, il les a toutes gagnées.

En ce qui me concerne, j’aime beaucoup la bataille, surtout si je la gagne. (Rires et applaudissements.) Mais, je ne livre le combat que quand je crois être sûr du succès, sinon j’attends — mais je n’attends jamais longtemps. (On rit.) Dès que mes troupes sont bien prêtes, que les armes sont au complet, alors je donne le signal du combat. Je puis être battu, mais j’ai toujours assuré ma ligne de retraite.

Quels sont donc, Messieurs, les adversaires des sports ?