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Les Sports athlétiques

n’est en taillant les bêtes, en les examinant à l’intérieur pour y chercher l’énigme de la maladie et surprendre le secret de la guérison. » (Applaudissements répétés.)

Malgré l’opposition tenace des sentimentaux, la vivisection a continué à être pratiquée et vous savez de quelles heureuses découvertes elle a été le point de départ.

Avec toute votre sentimentalité, Mères, vous n’empêcherez pas votre enfant de jouer. C’est l’enfant lui-même qui vous persuadera. Quand il voudra se donner du mouvement, l’attacherez-vous, le ligotterez-vous pour qu’il n’exerce pas sa force avec ses camarades ? Il veut être plus fort qu’eux et vous ne l’en défendrez pas ; si bien que, malgré l’objection des affectifs, les associations sportives continueront à se développer.

Une autre objection est celle des éternels réactionnaires : les passifs, les partisans de ce qui fut ; les ennemis nés et acharnés de ce qui doit être. Une nouveauté ! Pourquoi faire ? Cela n’existait pas autrefois. Vous connaissez le thème. Le mouvement nouveau les effraye et, malgré tous nos efforts, vous voyez encore dans les établissements d’instruction s’entasser élèves sur élèves. Vous voyez des centaines d’enfants dans des dortoirs, dans des cours, où ils ne respirent pas, où ils peuvent à peine courir, à peine marcher. Et c’est cela qu’ils appellent, les passifs, conserver les belles et bonnes traditions. Non, non et non ! Pour gagner des victoires dans la vie, il faut des forces vraies, des forces pratiques, et on ne les acquiert que par les exercices de plein air, les sports athlétiques qui trempent le corps, qui trempent l’âme. Nous voulons des hommes d’action ; les associations sportives nous aideront à les créer parce qu’elles développent les qualités pratiques sans lesquelles on ne peut rien faire d’utile en ce monde.

Mais, mon fils ira au concours général, dit une mère. —