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Les Sports athlétiques

par l’endurance et la patience, — c’est celui qui ne recule jamais. Voilà l’adolescent qu’il faut fabriquer, et, certes, il n’est pas difficile d’en fabriquer de semblables dans le pays des Gaulois. Ce ne sont pas les Gaulois qui sont des paresseux, ils sont trop gais, trop expansifs. Ce sont toujours ceux qui ne craignaient rien qu’une chose : « que le ciel ne tombât sur leurs têtes. » Ils poussaient la force jusqu’à la présomption. Eh bien, je le déclare hautement, je préfère les présomptueux aux timides. (Applaudissements.)

Je vais dire quelque chose qui va plaire aux mères françaises, que je crois bien connaître. Elles ont toujours peur, les mères françaises, elles ont le génie de la préservation. Permettez-moi donc de vous donner, Mesdames, un moyen de préserver vos fils, c’est-à-dire d’en faire des tempérants qui n’aiment ni le vin ni l’alcool, qui ne commencent pas à fumer à douze ans, qui savent mettre le plaisir à sa place.

J’ai observé et j’observe tous les jours que, dans le milieu où il nous a été donné à M. de Coubertin et moi d’organiser ces associations athlétiques, ces jeunes gens ne fument presque pas, ne vont pas sur les champs de courses pour parier ; qu’ils sont très modérés et qu’en fait de plaisirs, ils pourraient arriver à donner des leçons, non seulement à Épicure qui était un raffiné de modération, mais à l’autre, le chef des stoïques, qui était un austère, et j’ai observé aussi qu’ils savaient se priver, se condamner même à une dure hygiène dans un but supérieur.

Pour compléter ces résultats d’ordre moral et psychique, je vous en signalerai un autre d’ordre civique.

Les sports, en groupant la jeunesse pour un but qui répond à sa nature, à son besoin de mouvement, font les natures unies et préparent le bon groupement de l’école. S’il m’est permis de parler de l’école Albert-le-Grand, j’avais remarqué qu’il s’y formait des petites coteries pro-