Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/140

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De là vient qu’on préfère quelques-unes, quoi que par les mêmes raisons on devrait aussi préférer les autres, ou les négliger toutes.

Les Stoïciens distinguent encore les choses indifférentes en celles qu’on approuve [1] et celles qu’on rejette. Celles qu’on approuve, renferment quelque chose d’estimable ; celles qu’on rejette, n’ont rien dont on puisse faire cas. Par estimable ils entendent d’abord ce qui contribue en quelque chose à une vie bien réglée ; en quel sens tout bien est estimable. On entend aussi par-là un certain pouvoir, ou usage mitoyen par lequel certaines choses peuvent contribuer à une vie conforme à la nature ; tel est l’usage que peuvent avoir pour cela les richesses et la santé. On appelle encore estime le prix auquel une chose est appréciée par un homme qui s’entend à en estimer la valeur ; comme par exemple, lorsqu’on échange une mesure d’orge contre une mesure et demi [2] de froment.

Les choses indifférentes et approuvables sont donc celles qui renferment quelque sujet d’estime ; tels sont, par rapport aux biens de l’âme, le génie, les Arts, les progrès et autres semblables ; tels, par rapport aux biens du corps, la

  1. Nous préférons les expressions approuver et rejeter, justifiées par la définition de Diogène, à d’autres plus littérales, mais qui ne forment pas de sens en Français.
  2. Je suis une correction de Kidbnius.