Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/145

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déraisonnable qui ronge le cœur, et empêche qu’on ne prenne garde aux choses qui sont présentes.

La crainte a pour objet un mal qu’on prévoit. On range sous elle la frayeur, l’appréhension du travail, la confusion, la terreur, l’épouvante, l’anxiété. La frayeur est une crainte tremblante ; l’appréhension du travail, la crainte d’une chose qui donnera de la peine ; la terreur, un effet de l’impression qu’une chose extraordinaire fait sur l’imagination ; l’épouvante, une crainte, accompagnée d’extinction de voix ; l’anxiété, l’appréhension que produit un sujet inconnu ; la convoitise, un désir déraisonnable, auquel on rapporte le besoin, la haine, la discorde, la colère, l’amour, l’animosité, la fureur. Le besoin est un désir repoussé et mis comme hors de la possession de la chose souhaitée, vers laquelle il tend et est attiré ; la haine, un désir de nuire à quelqu’un qui croît et s’augmente ; la discorde, le désir d’avoir raison dans une opinion ; la colère, le désir de punir quelqu’un d’un tort qu’on croit en avoir reçu ; l’amour, un désir auquel un bon esprit n’est point disposé, car c’est l’envie de se concilier l’affection d’un sujet qui nous frappe par une beauté apparente. L’animosité est une colère invétérée, qui attend l’occasion de paraître, ainsi qu’elle est représentée dans ces vers.

Quoiqu’il digère sa bile pour ce jour même, il conserve sa colère jusqu’à ce qu’elle soit assouvie. La