Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/148

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sent point de feintes, ils la bannissent même de la voix et de la physionomie.

Ils ne se surchargent point d’affaires, et sont attentifs à ne rien faire qui soit contraire à leur devoir. Ils peuvent boire du vin, mais ils ne s’enivrent pas ; ils ne se livrent pas non plus à la fureur. Cependant il peut arriver qu’ils ayant de monstrueuses imaginations, excitées par un excès de bile, ou dans un transport de délire, non par une conséquence du système qu’ils suivent, mais par un défaut de nature. Ils ne s’affligent point, parce que la tristesse est une contradiction déraisonnable de l’âme, comme dit Apollodore dans sa Morale. Ce sont des esprits célestes, qui ont comme un génie qui réside au-dedans d’eux-mêmes, en cela bien différents des méchants, lesquels sont privés de cette présence de la Divinité. De là vient qu’un homme peut être dit Athée de deux manières, ou parce qu’il a des inclinations qui le mettent en opposition avec Dieu, ou parce qu’il compte la Divinité pour rien du tout ; ce qui cependant n’est pas commun à tous les méchants. Selon les Stoïciens, les Sages sont pieux, étant pleinement instruits de tout ce qui a rapport à la religion. Ils qualifient la piété la Connaissance du culte divin, et garantissent la pureté de cœur à ceux qui offrent des sacrifices. Les sages haïssent le crime, qui blesse la majesté des Dieux ; ils en sont les favoris pour