Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/279

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pour vous ; il ne s’adresse qu’aux savants. Un seul me suffit autant que trois mille. Que dis-je ? Une infinité de lecteurs me vaut à peine un seul qui m’entend. J’en avertis, j’en instruis les mânes & les ombre .

En voici d’autres semblables.

Lecteur, ne parcourez pas Héraclite avec trop de vitesse. Les routes, qu’il trace, sont difficiles à trouver. vous avez besoin d’un guide qui vous conduise à travers des ténèbres qu’il répand sur ses écrits, & à moins qu’un fameux devin ne vous déchiffre le sens de ses expressions, vous n’y verrez jamais clair.

Il y a eu cinq Héraclite. Le premier est celui-ci ; le second, poète lyrique, qui a fait l’éloge des douze dieux ; le troisième natif d’Halicarnasse & poète élégiaque, au sujet duquel Callimaque composa ces vers.

Héraclite, la nouvelle de ta mort m’a arraché les larmes des yeux, en me souvenant combien de jours nous avons passé ensemble à mêler le sérieux avec le badin. Hélas ! Où es-tu maintenant, cher hôte d’Halicarnasse ? Tu n’existes plus qu’en poussière ; mais les fruits de ta verve subsistent encore, & ne sont point soumis au pouvoir de la mort.

Le quatrième Héraclite de nom, né à Lesbos, a écrit l’histoire de Macedoine ; le cinquième n’a produit que des sottises, auxquelles il s’est amusé, au lieu de suivre sa profession de joueur de cithre.