Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/311

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PYRRHON.


PYrrhon, Elien de naiſſance, eut Pliſtarque pour pere, au rapport de Diocles. Apollodore, dans ſes Chroniques, dit qu’il fut d’abord peintre. Il devint diſciple de Dryſon, fils de Stulpon, ſelon le témoignage qu’en rend Alexandre dans ſes Succeſſions. Il s’attacha enſuite à Anaxarque, qu’il ſuivit par-tout ; de ſorte qu’il eut occaſion de connoître des Gymnoſophiſtes dans les Indes & de converſer avec les Mages. C’eſt de là qu’il paroît avoir tiré une Philoſophie hardie, ayant introduit l’Incertitude, comme le remarque Aſcanius d’Abdere. Il ſoutenoit que rien n’eſt honnête ou honteux, juſte ou injuſte ; qu’il en eſt de même de tout le reſte ; que rien n’eſt tel qu’il paroît ; que les hommes n’agiſſent, comme il font, que par inſtitution & par coutume ; & qu’une chose n’eſt dans le fond pas plus celle-ci que celle-là. Sa maniere de vivre s’accordoit avec ſes diſcours ; car il ne ſe détournoit pour rien, ne penſoit à éviter quoi que ce fût, & s’expoſoit à tout ce qui ſe rencontroit dans ſon chemin. Chariots, précipices, chiens & autres choſes ſemblables, tout lui étoit égal, & n’accordoit rien aux ſens. Ses amis le ſuicoient, & avoient ſoin de le garder, dit Antigone de Caryſte ; mais