Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/319

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y ait des choſes que les homme n'ontp as vûes, qu'ils n'ont point entendues & qu'ils ne peuvent comprendre. Il avoit dit auparavant qu'on n'eſt perſuadé que des choſes auxquelles chacun en particulier viens à faire réflexion. Héraclite prétend que nous ne devons pas riſquer des conjectures ſur ces choſes au-deſſus de nous. Hippocrate s'exprime avec ambiguïté & humainement parlant. Long-tems auparavant Homere avoit ſoutenu que les hommes ne font que parler & débitent des fables; que chacun trouve dans un ſujet une abondante matiere de parler; que ce que l'un a dit d'abord, il l'entendra enſuite dire à un autre. Par-là il entendoit le crédit qu'on parmi les hommes les diſcours pour & contre.

Les Philoſophes ſceptiques renverſent donc les opinions de toutes les Sectes de Philoſophie, ſans fonder eux-mêmes aucun dogme, ſe contentant d'alleguer les ſentimens des autres & de n'en rien définir, pas même cela qu'ils ne décident rien. C'est pourquoi en avertiſſant qu'ils ne définiſſoient rien, ils enveloppoient là-dedans cette propoſition même qu'ils ne définiſſoient rien; car ſans cela, ils auroient décidé quelque choſe. Ils diſoint donc qu'ils ne faiſoient qu'alleguer les ſentimens des autres pour en montrer le peu de ſolidité, comme ſi, en indiquant céla, ils en conſtatoient la preuve. Ainſi ces mots, Nous ne définiſſons rien, marquent une indéciſion, comme