Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/351

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fréquenté des femmes de la derniere débauche mais ſur-tout Marmarie, Hedia, Eroſie & Nicidia.

Ses envieux veulent que dans les trente-ſept livres, qu'il a compoſés de la Nature, il y repete ſouvent la même choſe; qu'il y a cenſure les ouvrages des autres Philoſophes, & particuliérement ceux de Nauſiphanes, diſant de lui mot pour mot : Jamais Sophiſte n'a parlé avec tant d'orgeueil & de vanité, & jamais perſonne n'a mandié avec tant de baſſeſſe le ſuffrage du peuple. Et dans ſes Epîtres contre Nauſiphanes il parloit ainſi: Ces choſes lui avoient tellement fait perdre l'eſprit, qu'il m'accabloit d'injures, & ſe vantoit d'avoir été mon Maître. Il l'appelloit Poumon, comme pour montrer qu'il n'avoit aucun ſentiment. Il ſoutenoit d'ailleurs qu'il étoit ignorant, impoſteur & efféminé.

Il vouloit que les Sectateurs de Platon fuſſent nommés les Flatteurs de Denys, & qu'on lui donnât l'épithete de Doré, comme à un homme plein de faſte; qu'Ariſtote s'étoit abymé dans le luxe; qu'après la diſſipation de ſon bien, il avoit été contraint de ſe faire ſoldat pour ſubſiſter, & qu'il avoit été réduit juſqu'à diſtribuer des remedes pour de l'argent.

Il donnoit à Protagore le nom de Porteur de mannequins, celui de Scribe & de Maître d'école de village à Démovrite. Il traitoit Héraclite